Archives de mai, 2007

Le 6e Dalaï-lama

17 mai, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans L'historiette

Tsangyang Gyamtso, le 6e Dalaï-lama
Tibet central, 17e siècle

Nous sommes à Lhassa. Imaginez un lent dédale de maisons blanches sur trois étages et l’étonnant Barkhor où déambulent les pèlerins. Remarquez aussi, de temps à autre, quelques demeures anciennes d’un jaune presque safran. Arrêtons là, voulez-vous ? Car il se trouve que sur cette couleur de feu on pourrait dire beaucoup. Il faudrait revenir en arrière. Revoir tout le tragique d’un Tibet qui s’enfonçait dans une religieuse amertume, à l’écart des autres, à l’écart du temps, sur le mauvais versant d’un âge d’or qui finissait à peine. Le 6e Dalaï-lama était un tout jeune homme. Mais il n’avait pas voulu de l’équivoque emprise des moines du 17e siècle, de cette politique du spirituel. Il refusa les v½ux monastiques. Le tissu safran qu’il n’a jamais porté sous sa bure de moine, il l’a peint sur les murs. Sur ses quartiers d’indécence, comme il osait le dire, là où couchaient ses maîtresses…

On a parlé, sur la vie de ce foisonnant personnage, de trois grands mystères. Sa naissance, d’abord, puisqu’il avait fallu la cacher une vingtaine d’année (dans des conditions exécrables) afin de ne pas donner suite aux rumeurs de Lhassa qui prétendaient, non sans raison, que le grand cinquième était mort depuis longtemps déjà mais qu’on en cachait l’évidence afin de ne pas déstabiliser un pays qui n’allait pas se remettre facilement de la mort d’un si grand homme (tant bien même sa réincarnation attendait sagement, dans la peau du 6e, aux frontières du royaume). Sa vie, ensuite, et donc cette absence de v½ux monastiques afin d’éviter manifestement de se retrouver prisonnier une seconde fois, malgré l’ajout d’une soutane soutachée d’or. Sa mort, enfin, c’est-à-dire cet assassinat politique au bout d’un long scandale, mais dont les rumeurs mal étouffées avaient permis à un charlatan de se faire passer longuement comme le survivant miraculé du drame et donc ajouter cette légende envahissante d’un 6e grand voyageur devant l’éternel. Ce que confirmera pourtant notre Dalaï-lama actuel en lui prêtant une bonne foi - ma foi inespérée -, ce qui n’est pas sans créer un malaise évident au c½ur même du système des réincarnations bouddhistes puisque c’est oublier bien vite le 7e avatar du même personnage, bien évidemment vivant à partir de la mort officielle de notre homme, ou supposer en soupirant trop fort qu’il n’est pas hasardeux d’écarteler une âme (même bouddhiste) entre deux têtes.

Tout ça pour dire que ce genre de pèlerinage me plaît, à Lhassa, de maison jaune en maison jaune. Il est beau qu’un Dalaï-lama puisse ressembler parfois aux hommes, qu’il ait leurs faiblesses, leurs limites, cet azur jeté trop bas, ces yeux portés trop hauts. Notre homme écrivait des poèmes chantés. Simples et vrais. Beaux et tristes. On les écoute encore les soirs de fête, de peine ou d’alcool : Ce matin, ma belle est partie dans la neige. La tempête a effacé ses pas. Depuis, je la cherche en vain et mes pas dans la neige sont des chemins vers elle. À Lhassa, il me plaît de marcher derrière le c½ur d’un homme. De voir ses fautes, de sentir son errance, et lorsque apparaît un mur jaune entre les murs blancs, je crois ressentir un peu de sa joie. Quelqu’un attendait là. Il y a peu de bonheur plus grand. Etre attendu. Etre souhaité. Même être aimé peut-être. Le blanc de Lhassa ne me dit rien qui vaille. Il est vierge toujours, sans passion ni désir. Le jaune est un soleil. Une tache aussi. Parfois, l’impureté et un attrait…

Islande, Patagonie et Groenland

10 mai, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

matthieu-081.JPG Les montagnes du Landmannalaugar en Islande
Crédit photo - Matthieu Saillant

Conférence à Montréal
Une conférence sur l’Islande, la Patagonie et le Groenland se tiendra aux bureaux de Karavaniers à Montréal, le mercredi 16 mai à 19h.

Ces destinations ont beaucoup de choses en commun : des espaces sans limites et inondés de lumière, des cieux capricieux aux couleurs chatoyantes, une nature préservée et parfois coriace, des glaciers gigantesques, un isolement qui apaise, régénère, soulage… Et malgré leur fraîcheur relative, elles ne laissent personne de glace! Mais qu’on ne s’y trompe pas, elles ont aussi leurs particularités : volcanisme et paysages contrastés pour l’un, icebergs et fjords titanesques pour le second, lagunes glacières serties de montagnes granitiques pour le dernier…

Voyages Karavaniers:
Groenland - Solitudes glacées, départ le 19 juillet.
Islande - Terre innachevée, départ le 2 août.
Patagonie - Un monde de titans, départ le 15 décembre.

Consultez le calendrier de nos conférences à Montréal, Québec, Gatineau et dans les autres régions du Québec.

Festivals népalais et indonésiens

10 mai, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Transhumances

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Procession funéraire au Sulawesi
Crédit photo - Pascal Guillaume

La délirante histoire de trois festivals déraisonnables. Des hommes écrasés à Bhaktapur. Des morts qui reçoivent depuis leurs cercueils à Sulawesi. Une journée silencieuse à Bali.

Népal, Sulawesi, Bali : Sans prétendre débuter par une affirmation aussi obscure que vaine, toute chose humaine est cyclique (paf !). J’en vois déjà qui se prennent la tête. Rassurez-vous. Je veux simplement dire qu’il a sans doute paru très vite nécessaire aux hommes d’autrefois de poser eux aussi des jalons afin de suivre et de s’accaparer ces cycles obsédants que le monde posait si visiblement devant eux : Les saisons par exemple. Les jours et les nuits. La naissance et la mort. Ces premières fêtes païennes servaient donc surtout à se rassurer puisque cette si visible évidence d’un retour excluait toute finalité. Mais voilà, quelque chose a changé depuis. On se remet de Noël tant bien que mal. On se remet ensuite de Pâques. Mais ce qu’on retient, insidieusement, n’est plus que le passage du temps. J’en vois encore qui se prennent la tête. Moi aussi.

Ce qui m’a donc intéressé en voyage, du moins ces derniers temps, était de retrouver une mesure de cette dépendance ancienne. Je voulais qu’un festival, quelque part, puisse me donner encore ce frisson particulier. Je voulais qu’il soit moins encombré de commerce que de cet étrange désir antique d’être partie prenante d’un cycle. J’ai donc couru quelques fêtes. Et trois régions d’Asie m’ont paru soutenir, en souriant, ma pauvre thèse mal étayée.

Naissance et fécondité au Népal : Chaque printemps, la cité de Bhaktapur s’attelle au lourd travail de garantir la fertilité de son sol. Shiva et Parvati devront s’accoupler une fois de plus. Deux chariots immenses et bringuebalants se font une cour féroce sur la place centrale, tirés par des adolescents exubérants. Lorsque les préambules aux amours divins paraissent suffisamment avancés, on les pousse vers l’alcôve. Les chariots s’engagent alors dans une allée à forte pente avant de déboucher « plein gaz » sur cette place où se consumeront les espoirs de la ville. Les jeunes de Bhaktapur, tout à leurs espoirs à eux, en oublient parfois de ne pas se laisser écraser sous les gigantesques roues et tandis qu’on porte en courant les corps ensanglantés, avec cette seule amertume de constater que les dieux ont toujours soif, la foule n’en poursuit pas moins l’effort d’accouplement. Shiva et Parvati ont quitté les chariots. Le premier est devenu un immense tronc d’arbre, de vingt mètres de long. La seconde un trou béant. Il ne reste qu’à s’assurer que l’un pénètre l’autre. La chose est moins simple qu’on croit. Deux équipes de deux cents hommes se relaient afin de tenter l’incroyable exploit de lever la verge d’un dieu. J’étais là, une nuit, à regarder tout ça lorsqu’une poussée en va-et-vient cassa carrément le tronc en deux. Il tomba dans la foule. J’aperçu à peine les corps enlevés à la hâte et les ambulances pétaradant vers les hôpitaux. Déjà, Shiva avait une verge neuve et sur le sang des hommes qui avaient cru en lui, il se levait encore pour fertiliser Parvati. Longtemps après, en gémissant fortement, le dieu s’unissait enfin à la déesse. Aussitôt, tous les célibataires s’agglutinèrent sur les cordes afin d’escalader le tronc. Le premier, à vingt mètres du sol, triompha. Quelquefois, m’a-t-on raconté plus tard, il arrive que certains tombent. Pas lui. Mais à chevaucher ainsi la verge de Shiva, il obtenait pour sa personne ce qu’avait obtenu la ville. C’est-à-dire une fertilité certaine. Ce détail, toutes les jeunes femmes qui le regardaient avec admiration, n’étaient pas sans le savoir et l’espérer.

Vieillesse et mort chez les Toraja : Dans les montagnes de Sulawesi, alors que les rizières s’effondrent en périlleux escaliers, j’avais été tenté de croire que les hommes avaient su trouver ici une sérénité quasi-nonchalante. Et justement oui. Seulement, c’était pour le plus invraisemblable des évènements : c’est-à-dire la mort. Après tout, n’est-elle pas cette apothéose vers laquelle tout devrait tendre ? On construit donc pour ce défunt qu’on appelle tomate quelque chose de temporaire mais qui n’est pas sans ressembler à une petite cité. Là-dedans se garantit le succès ou l’échec de cette vie terminée grâce au nombre parfois délirant de buffles blancs et de cochons sacrifiés devant l’assistance. Ce qu’il avait montré de générosité en honorant les tomate précédents se répercutera au moment où seront montrés pour lui les animaux condamnés. Il est bon, si possible, de venir de loin pour la cérémonie funéraire. Qu’un étranger ait pu traverser des mers, qu’il ait pu dépenser des sommes ici colossales afin d’assister à cette dernière fête d’un toraja des montagnes, n’est-ce pas toujours la meilleure preuve qu’il avait été assez important pour ne pas mourir obscurément. Nous étions, ce jour-là, les seuls blancs dans le petit village. L’homme avait été musicien. Il avait 28 ans. Sa femme était enceinte. Je ne crois pas avoir réalisé avant d’apercevoir les yeux du père tout ce que représentait notre minuscule présence. Après les sacrifices des animaux, une longue ronde s’est formée autour du grand cercueil. D’autorité, la grand-mère avait pris ma main et celle de ma compagne. Lorsqu’elle voyait qu’on ne levait pas assez les bras, elle les levait pour nous avec une joyeuse férocité. Il fallait, sous peine de se faire rabrouer, suivre les pas de la ronde. J’allais rechigner d’être si bien mené en bourrique. Mais j’ai vu une fierté gigantesque dans les yeux du père. Et ce sourire de la veuve, un instant soulagée d’avoir si bien pleurée. Alors on est resté. Lorsque la grand-mère a bien voulu nous relâcher les mains, ensuite, c’est qu’elle avait remarqué que son fils hésitait trop à terminer la ronde. La vie du jeune musicien, on savait tous qu’elle n’avait pas été vaine, mais il n’était pas facile au père de la laisser s’enfouir. Alors on est parti.

Vide à Bali : L’île enchanteresse organise tous les ans la plus étonnante manifestation insulaire. C’est qu’elle n’a jamais ignoré que le bonheur attire les envieux. Elle le sait d’autant mieux depuis que quelques bombes posées par d’autres ont ajouté sur l’île une lourdeur nouvelle. Ce qui arrive est simple. Les démons sont joueurs. Ils aiment s’abattrent sur les hommes, les chahuter comme du riz qu’on frappe pour faire tomber les grains, faire naître des cendres et du feu. Ils font chaque année leur ronde néfaste au-dessus de la Terre. Lorsqu’ils aperçoivent de la vie, ils s’y jettent sauvagement. Pour être heureux, avait dit quelqu’un qui n’était pourtant pas balinais, vivons cachés. C’est tout à fait ça. Il suffit de savoir à quel moment passent les démons. Et ce jour-là, s’arranger pour que l’île paraisse totalement vide. Ce jour-là, Bali cesse d’exister. Où trouve-t-on ailleurs un aéroport complètement fermé 24 heures dans le seul but de voir voler les démons sans qu’ils s’y posent ? Une nuit où toutes les lampes électriques doivent être éteintes ou cachées ? Une journée où personne n’a le loisir de sortir de chez lui, où aucune musique ne doit tenter l’oreille, aucune voix attirer l’attention ? J’aime assez l’agréable prix de ce festival du silence, de cette démonstration du vide. J’aime qu’il implique autant le paysan dans son village que le touriste dans son hôtel. N’est-on pas tous gagnants ? Une fois de plus, les démons n’auront pas aperçu Bali. Une fois encore, elle est sauvée. Grâce à ce jour de Nyepi, son enchantement véritable continuera de marquer les hommes. Et moi le premier.

Bolivie - 3×6000 : album-photo

7 mai, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

Encore la Bolivie? Et oui…

Cette fois, on vous invite à jeter un ½il sur l’album-photo d’Anick Poulin, une voyageuse ayant participé au voyage d’alpinisme Bolivie - 3×6000. En prime, vous y trouverez quelques clichés du lac Titicaca, bien que nous n’allions pas sur les rives de cette mer intérieure à l’occasion de nos voyages d’alpinisme en Bolivie. Par contre, le voyage de rando Bolivie - Titicaca, montagne et jungle vous permet d’y faire une escapade… en kayak!

Lien vers l’album-photo…>>

Voyages Karavaniers:
Bolivie - Titicaca, montagne et jungle: départ le 7 juillet confirmé!
Bolivie - 3×6000: prochain départ le 30 mai 2008.

Notre engagement: aller au-delà des mots…

3 mai, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Éditorial du eCourrier

Nous aimerions tous pourvoir dire que l’on vit à la hauteur de nos aspirations et de nos convictions. Et sans vouloir faire de moralisme à bon marché (même si c’est bien souvent le fond de commerce des éditorialistes…), on peut affirmer que nous échouons tous, dans une certaine mesure, à vivre pleinement en fonction de ces principes moraux que l’on aimerait - pourquoi pas? - constituer en norme. Ce constat d’échec s’applique aussi, n’en doutez pas, à celui qui barbouille ces quelques lignes…

Ce décalage entre nos principes et nos actions en est un d’engagement. Ou plutôt de non respect de nos engagements. Or, c’est vivre moralement à crédit que de remettre toujours à demain le remboursement de notre dette : celle que nous contractons quand nous affichons des idéaux que nous renonçons, par fainéantise ou par découragement, à traduire en actions…

C’est cette certitude profonde qui nous incite, chez Karavaniers, à poser des gestes concrets. Non seulement pour éviter la faillite morale, mais surtout parce que nous avons la conviction que ces valeurs qui sont à la base de notre éthique, celles de respect de l’environnement, des cultures et du droit des peuples à gagner dignement leur vie, sont justes et équitables. À toutes fins pratiques, ces valeurs sont certainement les seules qui pourront aussi nous garantir, à plus long terme et en tant qu’espèce humaine, un avenir sur cette planète. Si tant est, bien sûr, que nous les traduisions en actes…

Ce mois-ci, nous vous parlerons de certains de ces projets, passés, présents et futurs, qui de Piñan en Équateur, à la cordillère du Huayhuash au Pérou, en passant par le Népal et la Tanzanie, sont la marque de notre engagement et font partie de notre quotidien. Car si pour certains nous ne faisons que « vendre des voyages » - d’autres iront peut-être même jusqu’à dire : du rêve…-, l’impact de nos activités sur notre environnement et sur le monde n’en est pas moins réel. Que cet impact soit le plus bénéfique possible pour les pays et les communautés que nous visitons n’est pas un simple défi, c’est un devoir…

Retrouvez la 49e édition du eCourrier >>

Festival Plein Air de Montréal

3 mai, 2007 par Frédéric Germain
Publié dans Général

Pas vraiment eu le temps de prendre rendez-vous pour passer nous rendre visite à nos bureaux? Encore moins d’assister à l’une de nos conférences à Montréal? Et bien passez-donc nous voir en plein air! Nous tiendrons un kiosque permanent au Festival Plein Air de Montréal au Parc Jean-Drapeau, les 25, 26, et 27 mai prochains, en compagnie de l’équipe de Détour Nature, qui pourra également vous renseigner sur ses voyages et sorties d’un jour. Vous aurez également l’occasion de nous voir participer au débat « Le voyage organisé : pour ou contre », ou d’assister à l’une de nos conférences sur l’Afrique, l’Amérique du sud, le Népal, ainsi que sur nos différents circuits de kayak de mer.

Cliquez-ici pour l’horaire complet.

Propos glanés sur le blog…

3 mai, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Vos commentaires sur le blog

Chaque mois, un florilège de vos répliques, remarques, suggestions et commentaires apportés aux articles du eCourrier comme aux rubriques de notre blog. Ces mots sont les vôtres. Alors à vos plumes!

En réaction à notre article paru dans le eCourrier du mois dernier, Kilimandjaro : rubrique d’une tragédie annoncée?, Michel nous écrit :

« Merci pour votre éditorial sur les organismes caritatifs qui risquent la vie des gens de bonne volonté par des randonnées en haute altitude (dont le Kilimandjaro) sans préparation ni respect des précautions élémentaires. Je travaille dans une clinique santé voyage et j’ai un intérêt particulier pour tout ce qui concerne l’altitude. Je suis toujours désolé de savoir que ces personnes ne respecteront pas mes conseils, non pas par mauvaise volonté, mais parce que leur itinéraire ne le leur permettra pas. »

Geneviève répond à Richard Rousseau qui justement, témoigne de son expérience à l’occasion de son voyage en Tanzanie avec Karavaniers et de son ascension du Kilimandjaro :

« Monsieur Rousseau, vous savez certainement que vous avez un ancêtre «de patronyme» qui aurait certainement apprécié l’Afrique à votre manière. Et conserver un «moral du tonnerre» sous 12 heures de pluie, c’est quelque chose… Bravo!
Et pour répondre à votre éternelle question, à savoir «pourquoi voyager?», je dirai seulement qu’il n’y a que ceux qui ne voyagent pas qui la posent… »

Jacques a, quant à lui, rencontré les habitants du village de Piñan (Équateur) à l’occasion du voyage L’avenue des volcans. Il réagit à notre article annonçant la mise en ligne du site des Ami(e)s de Piñan :

« Le contact que j’ai eu avec les habitants du village de Piñan m’a profondément marqué. La solidarité de ces gens qui ont si peu sur le plan matériel mais tant sur le plan humain donne tout son sens à la valeur de l’entraide. Ivan et Léo sont assurément les meilleurs ambassadeurs de ce peuple qui demande si peu.
Félicitations aux Karavaniers !
Pour le soutien apporté au développement respectueux des communautés. »

Et puis nous remercions Mario pour ce message qu’il nous a laissé:

« Machu Picchu, Le Sahara et la Guadeloupe. Trois destinations merveilleuses découvertes grâce à Karavaniers. Mais au delà des paysages époustouflants, au delà de la détermination des guides qui veulent nous offrir le meilleur d’eux-mêmes et des pays visités et au delà de la découverte particulièrement personnalisée des cultures étrangères, je dois à Karavaniers d’y avoir connu d’autres voyageurs dont certains sont devenus des amis indéfectibles avec lesquels j’ai le bonheur de pratiquer depuis des années maintes activités de plein air.
Karavaniers favorise les rapprochements humains, aussi bien à l’autre bout du monde que dans notre cour. Et ils savent si bien nous refiler leur passion du voyage que la récidive devient pratiquement inévitable. Je vais encore craquer, j’en ai tous les symptômes…
Merci à toute l’équipe Karavaniers! »

Enfin, Mélanie apporte son commentaire à la Carte postale du mois dernier. La carte en question montrait un détail de la pyramide de Khéops en Égypte:

« Et oui, c’est exactement de ça que ça a l’air, j’y suis allée au cours d’une brève escale et les pyramides ont toujours le même effet: vues de ce côté, car malheureusement, de l’autre côté des pyramides se cachent des centaines d’autobus de touristes. Je vous suggère l’arrivée en chameau par le désert, c’est tellement plus charmant. […] »

Nous abondons dans le sens de Mélanie! C’est pourquoi nous vous suggérons encore mieux qu’un chameau et une promenade d’un jour aux portes du Caire… Une méharée de 10 jours, à pieds et à dos de dromadaire, en compagnie des bédouins. Nous sommes au c½ur du Sahara et faisons le lien entre les oasis de Dakla et de Farafra. L’expérience d’une vie…

Pour en savoir plus sur notre voyage en Égypte…>>

Un Gamow quoi ?

3 mai, 2007 par Frédéric Germain
Publié dans Général

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Gamow bag. Du nom de son inventeur, le Docteur Igor Gamow. Ou sac hyperbare en français. Exactement le genre de matériel de sécurité, tout comme la trousse de premiers soins, qu’on espère ne pas avoir à utiliser. Un « au cas où » que l’on trimballe sur des circuits où l’on sait qu’il ne sera pas facile, voire impossible, de faire évacuer un voyageur en cas de risques ou de présence d’un ½dème cérébrale ou pulmonaire. Soit lors de longs séjours sur de grands plateaux en haute altitude, soit lorsque les possibilités de redescendre peuvent mettre d’avantage en péril la sécurité du rescapé et/ou des secouristes. L’émission Podium diffusée sur Z Télé a convoqué Richard Rémy, président de Karavaniers, pour éclaircir toute la mécanique de ce curieux engin…

L’Africain (J.M.G. Le Clézio)

1 mai, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Sur le bout de la langue

J’ai longtemps rêvé que la mère était noire. Je m’étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d’Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j’étais devenu un étranger. Puis j’ai découvert, lorsque mon père, à l’âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c’était lui l’Africain.

La recherche du père, donc. Sur fond d’Afrique puisqu’il y était médecin de brousse. Un père distant dont quelque chose s’était déchiré, là-bas, au cours de la seconde guerre mondiale alors que son épouse et ses enfants étaient en France et qu’il tenta, vainement, de traverser tout un désert pour les rejoindre. Le Clézio s’est fait la phrase douce pour raconter son père et l’Afrique d’alors, pleine de nuances, terreuse, aux libertés échevelées. Le récit est court (100 pages à peine). Mais à la manière dont les étincelles sont brèves.

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Les taxis de Bali

1 mai, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Où l’on se promène sur l’île heureuse (non, ce n’est pas Baffin) sans déjouer tout à fait les astucieux comédiens du syndicat des taxis

Il y a des invraisemblances, en voyage, qui font sourire. On les regarde une première fois sans comprendre, sans réaliser surtout qu’elles se répéteront jusqu’à être lassantes d’abord et drôles ensuite (un peu comme les belles-mères). Et qu’elles deviendront enfin presque importantes. Tenez, je vous donne un exemple. Vous êtes à Bali. Mais oui c’est possible. C’est arrivé à des plus bêtes que vous (je ne donne pas de nom). Donc Bali. L’île est un trésor de rizières en courtes terrasses. Celles-ci paraissent grimper d’un pas traînant vers les quelques volcans du nord qu’on voit apparaître parfois au-dessus des nuages comme s’ils étaient coupés de l’île. Il y a dans ce paysage une douceur joyeuse. On le regarde s’étaler vers le haut, sans brusquerie, sans véritable effort, et on comprend enfin pourquoi les balinais ont toujours porté leur regard vers la terre jusqu’à oublier l’océan. Bali ce n’est pas une plage. Pas du tout. C’est bien mieux que cela. C’est un riz qui pousse aussi doucement que les jours.

Vous marchez donc là-dedans, les jambes un peu usées tout de même par la chaleur ambiante. Et voilà qu’à Ubud (j’aurai pu écrire Sanur, ou Denpasar, ou Lovina, ou Amed, mais c’est tellement plus beau Ubud !) quelqu’un remarque que votre pas se traîne un peu. Il vous regarde alors sans bouger d’un pouce, sans se lever d’un poil, et vous dit : Transport ? Voilà, c’est dit. Pour faire joli, il ajoute le geste d’un volant qu’on tourne. Les meilleurs, les vrais professionnels je veux dire, font le mouvement mais sans la voix. C’est magnifique. Il faut imaginer tout l’entraînement, la longue quête du geste parfait, de celui qui veut tout dire et surtout ce qu’on veut. Quel talent ! Quelle abnégation ! Bien sûr, vous dites non. Après tout, marcher est un plaisir. Peu découragé pourtant, votre homme demande encore : Maybe tomorrow ? Et vous dites non une seconde fois. C’est à croire que le mot est donné. Dix fois, vingt fois, le même geste accompagne le même mot et le « peut-être demain » suit immanquablement, comme un dessert suit un repas. C’est une habitude à prendre. Beaucoup s’énervent de cette répétition. Étrangement, pas moi. Il arrive même que je ferme les yeux, dans un pays froid et gris (je ne donne pas de nom), et j’entends résonner alors ce transport comme un vent chaud. Ce mot est devenu une porte. C’est avec lui que Bali existe. Et lorsque j’y reviens (c’est arrivé à plus bête que moi), j’attends avec impatience l’instant magique où le premier chauffeur osera me le demander. Je prends un air fatigué, je joue à être perdu, à faire le touriste tout neuf et naïf, tout frais venu de son Amérique improbable, afin de précipiter le moment où cette musique et ce geste redeviendront quotidien. Ce transport me transporte presque de joie.

Pourtant, hier on m’a surpris. Je ne m’y attendais pas. Il avait dit transport le plus simplement du monde. J’avais dit non comme toujours. Le maybe tomorrow n’avait pas manqué de suivre. J’étais chez moi ! Je pouvais sourire. La chose était dite. Mais voilà que le drôle, pas satisfait d’avoir terminé, ajouta encore : The day after tomorrow then ? J’étais estomaqué. Vous vous rendez compte ! On n’est plus chez soi nulle part.