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« Explorateurs avec un grand «E» »

Deux Papous explorent le monde occidental.

2 September, 2010 par
Publié dans Explorateurs avec un grand «E», Général

Les grands explorateurs ont marqué l’histoire de leurs découvertes. Leurs aventures ont souvent été relatées dans de nombreux livres et récits; certains ont donné leur nom à des écoles, des places, des rues, des ponts… Lorsque nous allons au Panama rencontrer le peuple Kuna, avec un ½il prêt à s’émerveiller derrière l’objectif de nos caméras, lorsque, sourire aux lèvres et mains tendues, nous faisons la connaissance des Sherpas et mettons nos pas dans les leurs dans les montagnes himalayennes, lorsque nos hôtes crétois partagent avec nous un verre de Raki… alors, on observe ces personnes, leurs cultures et valeurs, essayant de les comprendre, d’apprendre leur fonctionnement et les fondements de leurs sociétés. Mais… voilà que l’inverse arrive!! En 2003, deux Papous sont allés visiter la France et découvrir la tribu des français… Voici l’exploration inversée!!!

Mundiya Kepanga et Polobi Palia viennent de la tribu des Hulis, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Marc Dozier quant à lui est un jeune photographe français qui assiste à une fête en dans cette lointaine contrée. S’approchant d’un des danseurs Hulis, il lui demande s’ils l’accueilleraient quelque temps chez eux pour faire un reportage. C’est Polobi qui lui ouvre la porte du village, en ce mois de septembre 2002. Marc y retournera de nombreuses fois jusqu’au jour où il décide de rendre la pareille à ses amis : c’est aux Papous de venir chez lui ! Lors d’un premier voyage en 2004, Mundiya et Polobi découvrent un autre monde, définitivement loin de ce qu’ils connaissent et de leurs habitudes. Cette expérience s’est répétée… donnant lieu à un documentaire et à un livre où les papous livrent leurs réflexions sur nos sociétés occidentales. Nous vous contons ici quelques anecdotes tirées du livre « La Tribu des Français vue par les Papous ».

En visitant La Défense, le quartier des affaires de Paris, Mundiya et Polobi s’étonnaient devant tout ce qu’on peut faire construire : « La tribu des villes est vraiment la plus étonnante de toutes les tribus de France. (…). Leurs maisons sont tellement hautes qu’elles pourraient contenir un village entier. C’est fou ! ». Mais ce qui étaient peut-être encore plus étrange, ce sont les relations entre les personnes : « Il y a aussi autre chose que je trouve très bizarre, c’est que les familles habitent entassées les unes au-dessus des autres dans de grandes cases mais elles ne se connaissent pas! ». Enfin, en observant les coutumes conjugales et domestiques, ils furent surpris que les couples dorment ensemble, alors que traditionnellement les hommes Hulis vivent entre eux et les femmes de leur côté avec les enfants : « C’est bizarre ici, les hommes dorment toutes les nuits avec leur épouse. On dirait qu’ils n’ont pas peur de mourir à cause de la magie des femmes. Comme s’ils ne savaient pas que trop faire l’amour est dangereux pour la santé! ».

C’est en regardant les hommes se bousculer pour aller au travail qu’ils se sont exclamés « Regarde comme les Blancs marchent vite… Nous, on ne pourrait pas marcher comme ça. Ce rythme nous tuerait! ». Avant d’aller visiter l’Assemblée Nationale, ils allèrent acheter des habits adaptés : un costume avec une cravate, ce qui fait dire à Mudiya « Chez vous, pour avoir l’air d’un chef, il faut mettre une corde autour du cou! ».

Alors qu’ils gravissaient le Mont Blanc en France, Mundiya s’arrête pour reprendre son souffle et lâche « Mais pourquoi diable gravissez-vous les montagnes? Il n’y a rien à manger ici. Il n’y a pas un seul animal, pas de gibier à chasser. Il fait beaucoup trop froid pour réussir à faire pousser des patates douces. Et puis, il n’y a pas de femmes. Alors pourquoi autant de fatigue inutile…? ». Je crains que ce ne soit bien difficile à expliquer, heureusement, il répond seul à sa question en arrivant au sommet, alors que les crêtes s’irisent sous les rayons du soleil couchant : « Maintenant que je suis monté au sommet des montagnes, je crois que je comprends ce que vous recherchez ici. Vous venez pour ressentir les battements de votre c½ur qui se soulève face à la beauté du monde. » Ne serait-ce pas cela voyager? Chercher à ressentir les battements de son c½ur qui se soulève face à la beauté du monde ?!

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Jacques-Yves Cousteau

4 August, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

«Le bonheur pour une abeille ou un dauphin est d’exister. Pour l’homme, c’est de le savoir et de s’en émerveillerer» Voilà  ce que disait le Jacques-Yves Cousteau, célèbre océanographe et scientifique français qui a révolutionné le monde de la plongée sous-marine et de la connaissance du milieu marin.

Vous le connaissez bien sûr, mais saviez-vous qu’il n’est pas né avec son bonnet rouge? Et que celui-ci avait une signification bien particulière ? En effet, il l’a utilisé dans ses documentaires L’Odyssée sous-marine du Commandant Cousteau qui visaient à émerveiller autant qu’à  informer dans le but de faire aimer – et donc respecter – la mer à ceux qui les regardaient. Son bonnet rouge était alors porté par l’équipe Cousteau en référence à celui que portaient les prisonniers du bagne de Toulon, bagnards qui étaient alors fréquemment « volontaires désignés » pour des interventions hasardeuses en scaphandre. Et aujourd’hui, alors que l’explication est peu connue, reste l’image d’un homme à tuque rouge.

Mais pourquoi le titre de « commandant » pour un homme qui sillonnait les fonds marins ? En 1930, Jacques-Yves Cousteau fête ses 20 ans et entre à l’école Navale en France, où il devient canonnier. Mais c’est en 1936 qu’un ami lui fait essayer des lunettes sous-marines, ancêtres du masque de plongée, qui font basculer définitivement sa vocation vers les mers et océans. Les années de la Seconde Guerre Mondiale sont décisives pour le monde de la plongée. C’est à cette période qu’il co-invente le boitier étanche pour caméra et caméraman avec Émile Gagnan. Le scaphandre moderne autonome, désormais libéré du cordon qui alimentait le plongeur en air, fournit de l’oxygène grâce aux bouteilles d’air comprimé portées sur le dos. Il développe également une « soucoupe des fonds sous-marins » et des bathyscaphes qui facilitent l’exploration du fond des océans. L’appareil fait descendre les plongeurs jusqu’à 350m de profondeur!

Il quitte la Marine en 1950, après avoir notamment travaillé dans l’espionnage ou le contre-espionnage. Grâce à l’aide d’un mécène britannique, il achète alors le célèbre navire baptisé Calypso qui devient rapidement le premier laboratoire expérimental de l’océanographie française. Équipé des instruments scientifiques les plus modernes, il peut remplir des missions de topographie, d’acoustiques, de géophysique, d’archéologie sous-marine ou de géologie.

Cinq ans plus tard, le Commandant s’intéresse au cinéma et sillonne la mer Rouge et l’océan Indien où il tournera avec le cinéaste Louis Malle le film le Monde du Silence qui sera primé à Cannes. Le public se passionne dès lors par ses aventures et la popularité de Jacques-Yves Cousteau ne décroitra plus. Il tournera de nombreux films et documentaires.

D’autres projets ont cherché à repousser les limites de la connaissance des grands fonds et notamment celui de la « maison sous la mer » appelé « Précontinent ». L’idée était de faire descendre sous l’eau des hommes dans un cylindre étanche dont la pression serait identique à celle des fonds marins pour faciliter leur sortie en mer. La première expérience dure une semaine et la « bulle » est déposée à 10m de profondeur ; elle sera suivie d’une deuxième expérience puis d’une troisième, à la suite desquelles le projet est abandonné au vu de la santé des océanautes après un mois dans le « monde sans lumière » et pour des raisons de rentabilité.

Il avait deux enfants de son premier mariage (en 1937) et se remarie en 1991 après la mort de sa femme avec la mère de ses deux autres enfants. En 1979, alors qu’il travaillait avec son deuxième fils, son successeur avec qui il coproduisait tous ses films depuis 10 ans, celui-ci se fait décapiter par l’hélice de son hydravion. Jacques-Yves Cousteau en restera profondément affecté toute sa vie. Il demande alors à son fils ainé de collaborer mais leur relation se détériorera à la suite de son second mariage.

Le Commandant Cousteau décède en 1997 à l’âge de 87 ans. Le bateau subit les conséquences des questions d’héritage et reste à quai de nombreuses années. Il est sauvé en 2007 et entre alors en restauration. La fondation équipe Cousteau et The Cousteau Society restent active dans la protection des fonds sous-marins et la perpétuation des valeurs et des actions du Commandant. Et depuis 2009, une île de la Mer de Cortes en Basse-Californie porte son nom en hommage à celui qui avait baptisé cette mer d’ « aquarium du monde ». La Basse-Californie, vous connaissez ? Nous y allons en kayak de mer en octobre…

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David Livingstone

30 June, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Avant Jonathan Livingston le Goéland et sa volonté de vivre libre, pour ses rêves et sa passion, il y a eu David Livingston, avec moins de plumes mais tout autant d’ambition. Aventurier du XIXème siècle, c’est à lui que l’on doit l’exploration et la cartographie de l’intérieur de l’Afrique. Et pourtant, rien ne destinait cet homme né dans une famille pauvre à une telle popularité en Grande-Bretagne.

En 1813, David Livingstone nait à Blantyre, au sud de Glasgow. Sa famille est pauvre et à 10 ans, en suivant les traces de son père, il travaille comme ouvrier dans une usine de coton, douze heures par jour, six jours par semaine, ce qui ne l’empêche pas de prendre des cours du soir.

Curieux et très religieux, il étudie le latin, l’histoire naturelle et la théologie. À 21 ans, il veut devenir médecin et missionnaire : ses économies et une bourse lui permettent de fréquenter la faculté de médecine et de suivre en parallèle une formation de pasteur. En 1840, reçu dans ses deux cursus, il part pour l’Afrique du Sud en tant que missionnaire.
Il épouse peu après la fille de Robert Moffat, qui le suit dans ses voyages malgré sa grossesse et les injonctions de sa famille avant de rentrer en Angleterre avec leur enfant. Elle mourra de la malaria en 1862. Livingstone tente de convertir les peuples autochtones au christianisme tout en les libérant de l’esclavagisme. À partir de 1849, il explore le centre-sud du continent africain, traversant le désert du Kalahari et découvrant le lac Ngami.

Ayant entendu parler d’un immense cours d’eau, il atteint le Zambèze en 1851… pour constater que les négriers portugais avaient avancé bien plus profondément dans les terres que ne le croyaient les Anglais. Horrifié par le sort réservé aux esclaves, David Livingstone développe une idée pour mettre fin à ce commerce. En remontant le fleuve, missionnaires et commerçants pourraient pénétrer au c½ur du continent, échangeant les produits anglais emportés avec eux pour des denrées locales comme la cire, l’ivoire et l’huile de palme. Les chefs indigènes ne seraient plus tentés de vendre des êtres humains pour obtenir ces produits européens. Pour réaliser son objectif, il se met à la recherche d’une route qui permettrait le commerce et le travail des missionnaires. C’est ainsi qu’il accomplit la première traversée de l’Afrique d’ouest en est et découvre des chutes d’eau immenses à la frontière des actuels Zimbabwe et Zambie, appelées Mosi-oa-tunya par le peuple local. Il les baptise en hommage à la reine d’Angleterre, les chutes Victoria.

Lorsque David Livingstone rentre au Royaume-Uni, il est reçu en héros. Il y publie des livres, rencontre la reine et est financé pour remonter le Zambèze dans son intégralité et y établir une mission. Mais il échoue au bout de 6 ans de recherche. Malgré tout, sa popularité n’est pas entamée et il est de nouveau envoyé sur une autre expédition en 1866, toujours par la Royal Geographical Society, pour lever le mystère des sources du Nil. Mais malade et abandonné de ses porteurs, il perd contact avec le monde extérieur et se retire sur les bords du lac Tanganyika. Un an après son départ, alors qu’il se trouve au c½ur de l’Afrique, David Livingstone cesse de donner signe de vie.

Henry Morton Stanley, est engagé par un journal en 1869 pour le retrouver, ce qu’il accomplit le 10 novembre 1871. En le rencontrant, Stanley pose alors la célèbre question reprise dans les livres d’exploration et même dans une bande dessinée de Lucky Luke : « Doctor Livingstone, I presume? » Ils discutent ensuite de ce que Livingstone a raté : le conflit franco-prussien, le canal de Suez, le télégraphe transatlantique… Livingstone l’accompagne quelque temps, à explorer le Nord du lac Tanganyika, mais refuse de le suivre lorsque Stanley retourne en Angleterre malgré sa santé vacillante. Leurs routes se séparent. Il continue à chercher les sources du Nil, très loin de leur emplacement réel. Il meurt près du lac Bangweulu le 1er mai 1873, après être devenu à son insu le porte-parole du mouvement missionnaire, de celui antiesclavagisme et de celui des expansionnistes rêvant d’un empire en Afrique.

Ses deux assistants africains, Chuma et Susi, enterrent le c½ur et les viscères dans la terre d’Afrique qu’il aimait et, persuadés que sa dépouille doit rentrer en Grande-Bretagne, embaument son corps et entreprennent un voyage de cinq mois. Ils le transportent jusqu’à la côte, alors que ça peut leur coûter une accusation de sorcellerie et une condamnation à mort. Sa dépouille regagne ainsi son pays natal où il sera inhumé en grande pompe à l’abbaye de Westminster en 1874.

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Paul-Emile Victor

3 June, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Comment un garçon élevé dans l’usine de pipe familiale et qui voulait étudier les Polynésiens est-il devenu un spécialiste des Inuits ?
Paul-Emile Victor, qui s’appelait en réalité Paul Victor avec Eugène comme second prénom, est né à Genève (Suisse), le 28 juin 1907. Il suit les cours de l’Ecole Centrale de Lyon (France) qu’il quitte sans diplôme après son admission au concours d’entrée de l’Ecole Nationale de la Marine Marchande. Après son service militaire dans la Marine Nationale française, il étudie les lettres et les sciences, obtient un brevet de pilote d’avion qui lui servira lorsqu’il s’engage aux Etats-Unis dans l’US Air Force en tant qu’instructeur pendant la seconde guerre mondiale puis est employé dans l’établissement familial de pipes.

En 1934, il rencontre Jean-Baptiste Charcot le célèbre commandant et explorateur polaire français : cette rencontre va bouleverser son destin. Il organise alors sa première expédition polaire, à bord du bateau de ce dernier, le Pourquoi Pas?. Il va passer un an sur la côté est du Groenland, au milieu des Inuits d’Anmassalik, expédition à la suite de laquelle il acquiert en France une aura médiatique. Il faut dire que PEV avait un sens de la communication exceptionnel qui a fait de lui un homme d’influence et populaire. Il repart en 1935 au Groenland qu’il traverse en traineau à chiens d’ouest en est avec deux de ses compagnons de l’expérience précédente et d’un Danois. Arrivé à l’est, il y reste seul pendant 14 mois, au sein d’une famille Inuit dont il apprend la langue et étudie les coutumes. À son retour en France, il rencontre un nouveau grand succès médiatique et scientifique et publie pour le Musée de l’Homme les résultats de son étude sur la culture traditionnelle groenlandaise entièrement organisée autour du phoque.

La seconde guerre mondiale le fait partir en Suède ; à la signature de l’Armistice de 1940, il part au Maroc puis aux Etats-Unis où il crée les escadrilles de recherche et sauvetage des pilotes perdus en milieu polaire. Il obtient à ce titre la double nationalité. Il se marie à sa démobilisation et aura 3 enfants de ce mariage.

C’est en 1947 que Paul-Emile Victor crée les Expéditions Polaires Françaises, grâce à son incroyable charisme et à l’appui des médias et du gouvernement. Pendant les 29 ans qui suivent, 150 expéditions ont lieu : il en dirige personnellement 17 en Terre Adélie et en Antarctique et 14 au pôle nord.
Après l’apogée polaire qu’a été pour lui l’année 1959 et avec son divorce et son remariage (avec une hôtesse de l’air qui habite sur une péniche voisine de la sienne sur les quais de la Seine à Paris et avec qui il aura un fils), il ne redirige plus personnellement d’expédition mais reste très actif dans le domaine des expéditions polaires. Il s’intéresse en parallèle à la Polynésie et se sert de la reconnaissance dont il jouit pour s’engager, notamment quant à la défense de l’environnement. Pour lui, l’écologie doit être une science au service de l’homme. Son engagement est avant tout pratique et se concrétise à travers le « Groupe Paul-Emile Victor pour la défense de l’homme et de son environnement », créé en 1974.

À 69 ans, il prend sa retraite à Bora-Bora sur son Motu (île) vierge avec sa femme. C’est donc dans la Polynésie française qu’il écrit ses mémoires et ses articles. Il y meurt le 7 mars 1995, âgé de 88 ans en laissant derrière lui un grand héritage scientifique.

Rappelons-nous ce qu’il a dit :
« Ce n’est pas ce que nous sommes qui nous empêche de réaliser nos rêves ; c’est ce que nous croyons que nous ne sommes pas. »
« L’aventure est un état d’esprit. Elle se trouve dans le c½ur de l’homme. L’aventure, c’est être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, ne pas être assis, c’est en un mot vivre sa vie et la construire. »

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Hiram Bingham

6 May, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Il est parti à la recherche de Vilcabamba et a découvert… le Machu Picchu, rien que ça ! Hiram Bingham était un explorateur et homme politique américain. Né le 19 novembre 1875 à Honolulu (Hawai), ce petit-fils de missionnaires protestants s’établit aux États-Unis à l’adolescence et y termina ses études en obtenant un diplôme d’histoire à Yale en 1898, un autre de l’université de Californie deux ans plus tard et un de Harvard en 1905. Il fut ensuite professeur d’histoire et de politique à Harvard puis à Princeton. C’est à cette période qu’il devint explorateur, terme qu’il a toujours préféré à celui d’archéologue alors qu’il était considéré comme tel.

Il fut choisi en 1908 pour représenter son pays dans le Premier Congrès Scientifique Panaméricain au Chili ; à ce moment-là, son intérêt pour la légendaire ville inca Vitcos et la vallée de Vilcabamba resurgit. Il entreprit alors un voyage depuis Buenos Aires en direction de Cusco, où on l’informa de l’existence de villes perdues sur les hautes terres dans la jungle tropicale emmêlée et escarpée des montagnes de l’Urubamba. Il recoupa ces informations issues de conversations avec les paysans voisins avec celles obtenues dans les livres mentionnant la capitale supposée de l’empire Inca, afin de situer les localités du Machu Picchu et de Huayna Picchu sur la carte de la vallée de Santa Ana. Il entreprit alors un voyage à la ville d’Abancay, entrée naturelle présumée de la zone où se trouvait Vilcabamba. De nombreux mythes circulaient alors quant à l’existence de trésors incas. Selon la légende, Manco Inca les avait emportés avec lui lors de sa retraite à Vilcabamba, ce qui explique pourquoi les chercheurs de trésors étaient si fréquents à l’époque. Les guides amenèrent Hiram Bingham à une des plus imposantes ruines, connue aujourd’hui comme Choquiquerao, mais Vitcos, la ville de ses rêves devait être selon lui encore plus impressionnante. Cela le poussa à étudier des chroniques et archives espagnoles tout en cherchant des financements pour poursuivre ses explorations.

En 1911, le 21 juillet, pensant découvrir Vilcabamba, il arriva sur un autre site majeur, une cité perdue : Machu Picchu. Jusqu’en 1912, il organisa les fouilles et le début de la restauration du site avec les autorités de Cusco. Il y découvrit des tombes, des jarres, des plats, des bijoux, cartographia la région de la cité inca et situa les principales voies d’accès au site. Sa découverte fut d’autant plus retentissante qu’elle parut dans le National Géographic d’avril 1913. Rentré aux États-Unis pour rédiger sa thèse sur sa découverte, il retourna au Pérou en 1915 pour explorer le « Chemin de l’Inca » séparant Cusco de la cité et des ruines qui la parcourent.

Durant la Première Guerre Mondiale, il servit dans l’aviation de la US Army. Il se lança dans la politique en 1924 et devint gouverneur puis sénateur du Connecticut.

La dernière visite de Hiram Bingham au Machu Picchu date de 1947, lors de l’inauguration de la voie ferrée qui porte son nom. L’année suivante, il publia un livre Lost City of the Inca, racontant sa découverte. Il mourut le 06 juin 1956, laissant au monde scientifique une découverte majeure dans la connaissance de la civilisation Inca.

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Jean-Baptiste Charcot

31 March, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Nous allons au Groenland, pagayer ou marcher, nos voyages sont hors du commun… mais nous ne sommes pas les premiers à y mettre les pieds. Il y a les Inuits qui vivent là bien sur, il y a quelques touristes parfois mais surtout il y a eu les premiers explorateurs et l’un d’entre eux est Jean-Baptiste Charcot, homme au destin exceptionnel et à qui l’on doit beaucoup de la découverte des terres polaires. Coup de projecteur sur celui qui nous permet certainement aujourd’hui de proposer un nouveau trek au Groenland. Médecin comme son père, Jean-Baptiste Charcot est né le 15 juillet 1867 près de Paris. Durant son adolescence, il fait de nombreux voyages avec son père (il en gardera une véritable phobie des pays chauds) et pratique la voile. À 25 ans, il réalise son rêve et s’achète son premier bateau à bord duquel il prend conscience de ce qu’il veut réellement devenir: il sera un vrai marin. La suite montrera qu’il sera aussi bien plus!

Après quelques croisières dans les îles Hybrides ou en Islande, il décide de naviguer non plus pour son plaisir mais professionnellement ou du moins utilement. En 1902, il franchit pour la première fois le cercle polaire arctique et s’approche des glaces. Il monte l’année suivante la première expédition française qui hiverne en Antarctique, avec des objectifs scientifiques qu’il dépassera (relevés, cartes marines, prélèvements, notes et mesures). À son retour, il divorce de sa première femme (la petite fille de Victor Hugo), revend son bateau et fait construire en 1907 (année de son remariage avec Marguerite Cléry, peintre qu’il emmena souvent dans ses voyages) le Pourquoi Pas IV : un bateau d’expédition polaire doté de trois mâts et d’un moteur et comprenant 3 laboratoires et une bibliothèque. Ses explorations scientifiques se succèdent, il trace les contours des côtes des terres polaires, découvre de nouvelles terres, fait des relevés de météorologie, des études de marées et de magnétisme, des collections de zoologie et de botanique.

Avec la première guerre mondiale, il est mobilisé comme médecin de marine puis monte les grades de l’armée française une fois le conflit fini, jusqu’à devenir capitaine de frégate. Lorsqu’en 1925 il perd le commandement du navire à cause de la limite d’âge, il reste à bord en tant que chef des missions. Cela marque le début des explorations des côtes groenlandaises notamment en 1926 celle de la côte orientale. Dès 1930 il prépare l’année polaire internationale. Il s’occupe notamment de la définition de la mission, de l’implantation et de l’organisation de la station du Scoresby Sun.

Il installe en 1934 au Groenland la mission ethnographique de Paul-Emile Victor qui restera vivre avec la population inuit à Angmagssalik et revient le cherche un an plus tard pour poursuivre le relevé cartographique de la région. Le 16 septembre 1936, une violente tempête cyclonique s’abat sur le bateau qui s’écrase sur les récifs d’Alftanes, à proximité de Reykjavik, faisant 23 morts, 17 disparus et un seul survivant. Le maitre-timonier racontera que, conformément au code des marins, le commandant Charcot resta à bord et coula avec son bateau, après avoir libéré Rita, la mouette mascotte du Pourquoi Pas IV de sa cage.

Jean-Baptiste Charcot laisse de grandes traces derrières lui. Outre ses nombreuses participations à l’établissement de cartes côtières et relevés marins des terres arctiques et antarctiques, il a aussi fourni de nombreux muséums en collections et observations scientifiques mais également fondé le mouvement de scoutisme laïque en France. Pour faire un résumé caricatural en une phrase, Charcot était un hyper actif de l’exploration scientifique des terres polaires.

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Fridtjof Nansen

10 February, 2010 par Karine Wolter
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Voilà un pionnier de l’exploration polaire, qui a fait de sa vie un roman! Fridtjof Nansen naît à la fin du 19ème siècle à Oslo, en Norvège. Jeune homme brillant, issu d’une famille aisée, il se passionne pour la nature et le télémark, le tout nouveau sport national! Alors que les sciences naturelles vivent leur âge d’or en Occident, Nansen entre à l’Université en faculté de zoologie. C’est dans le cadre de ses études qu’il découvre l’Arctique, lors d’une expédition de chasse au phoque et à la baleine. Devenu chercheur, spécialiste du système nerveux des organismes marins, il obtient un poste important au Musée d’Histoire Naturelle de Bergen. Mais son instinct d’explorateur le pousse rapidement hors des murs de son laboratoire…

À l’issu de cet exploit à la fois humain et scientifique, il étudie pendant six mois la vie et les traditions des Esquimaux, au sein d’une communauté… De retour en Norvège auréolé de gloire, il s’attaque rapidement à un nouveau projet ambitieux : une dérive transpolaire à bord d’un navire conçu pour résister aux glaces, le Fram. À l’époque, l’océan artcique est très peu connu et rares sont ceux qui croient à la possibilité d’un courant interne qui remonterait vers le Pôle Nord… Plus rares encore, sont ceux qui croient à la possibilité d’hiverner plusieurs années à bord d’un bateau soumis à la pression de la banquise… Nansen parvient pourtant à convaincre le gouvernement et le roi de Norvège, qui lui accordent les subventions nécessaires pour mener à bien son projet d’exploration. L’aventure dure trois ans, de 1893 à 1896, lors desquels Nansen et un équipier tentent plusieurs fois d’atteindre le Pôle à pied à l’aide de traîneaux à chiens et de kayaks… Finalement, la dérive transpolaire s’achève sans qu’ils y parviennent, mais la portée des découvertes scientifiques réalisées par Nansen est majeure.

Quand il revient en Norvège, il participe activement à l’indépendance de son pays (1905) puis est nommé ambassadeur à Londres. La fin de sa vie est marquée par son oeuvre politique, à la tête du Haut-commissariat de la Société des Nations pour les prisonniers de guerre (1917). Il crée un passeport pour les réfugiés et apatrides, le fameux “Passeport Nansen” . Il recevra pour son action le Prix Nobel de la Paix le 10 décembre 1922. Il meurt en 1930. Le fameux explorateur français Jean-Louis Etienne dira de lui : “C’est, à mes yeux, le plus grand homme que l’exploration polaire ait jamais inspiré. Audacieux, humain, universel, Nansen devint le héros qui allait inspirer l’essentiel de mes navigations polaires”.

Nansen vous donne envie du Groenland? Cliquez-ici pour voir la page de notre voyage de kayak de mer du 15 au 29 juillet!

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Les hommes derrière les grandes expéditions

13 January, 2010 par Frédéric Germain
Publié dans Explorateurs avec un grand «E»

Vous avez eu la chance et le privilège depuis près de deux ans déjà, de lire les textes d’une très grande qualité littéraire que nous avait fourni notre guide écrivain Pascal.

En attendant qu’il se remette à la plume pour notre plaisir partagé, vous pouvez toujours consulter toutes les archives de ses textes sur notre blog, ou par thème de vos rubriques préférées : BALI-vernes, L’historiette, Sur le bout de la langue et Transhumances.

Aussi, dès le mois prochain et en attendant la plume de Pascal, nous vous offrirons des portraits de plusieurs grands explorateurs, de James Cook à Stanley, en passant par Cortez et Shackleton, pour ne nommer que ceux-là… un plaisir à écrire et à partager !

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