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En 2011…

6 January, 2011 par Jimmy Naudillon
Publié dans Éditorial du eCourrier


Crédit photo: Marie-Josée Talbot

En 2011, je fais plus de sport.

En 2011, je mange plus de légumes.

En 2011, je pars loin, très loin, là où personne ne s’aventure.

Un bref coup d’½il sur la carte du monde révèle que les zones encore inexploitées par la grosse industrie touristique sont de plus en plus rares. La technologie a effacé les problèmes de distance et, de nos jours, c’est souvent les régimes politiques qui déterminent le degré d’isolement d’un pays. Le Pérou reste largement plus visité que le Nicaragua et que dire de la Thaïlande par rapport à sa voisine la Birmanie?! La question se pose alors tout naturellement : peut-on faire du tourisme partout ?

Cette réflexion philosophique n’a évidement aucune bonne réponse… néanmoins des pistes de réflexions pourront nous aider à construire notre opinion.

En premier lieu, comme l’indiquait Emmanuelle Foiry, directrice générale de l’agence de voyages Kuoni : « Il n’existe pas de petites ou de grandes dictatures ». Il serait donc un peu irresponsable de cataloguer la Birmanie comme une « dictature atroce », en oubliant que la Chine, le Vietnam ou la Tunisie, qui bénéficient d’une meilleure image touristique, possèdent néanmoins des régimes très répressifs et souvent peu regardants en matière de droit de l’Homme.

D’autre part, ne voyager que dans des pays où les droits de l’homme sont strictement respectés consisterait à boycotter les deux tiers de la planète. En partant du principe qu’un voyageur est avant tout un témoin, on peut donc envisager de visiter ces pays tout en se faisant l’écho de la situation une fois de retour dans son pays. Ainsi, ce voyageur sur un forum de voyage qui expliquait qu’un autre voyageur, rencontré au cours d’un voyage en Birmanie, lui avait confié un livre en lui indiquant : « Maintiens ce livre en Birmanie. Il ne doit pas sortir des frontières. Tu dois donc à ton tour le transmettre à un autre voyageur avant ton départ ». C’est par ce type d’actions que le tourisme contribue à la formation d’une opinion publique et même si le tourisme ne renversera jamais une dictature, il permettra de se rendre compte par soi-même de la situation.

Afin d’étayer mes recherches, j’ai décidé de m’entretenir avec Frédéric Germain, guide Karavaniers et grand voyageur. Voici un extrait de notre discussion :

« (…) un des meilleurs exemple est celui du Myanmar (Birmanie), dont la victoire d’Aung San Suu Kyi aux élections de 1990 avait été annulée par la junte militaire. La femme politique et figure de proue de la LND (Ligue Nationale pour la Démocratie) avait par la suite encouragé les voyageurs d’Asie du Sud-Est à ne pas se rendre au Myanmar afin d’éviter l’enrichissement par le tourisme de l’état dictatorial. Avec du recul, il fût par contre évident que la présence d’étrangers était primordiale pour véhiculer l’injustice sous les phares de l’opinion internationale. De plus, il demeure facile de voyager à l’intérieur du pays en ne fréquentant que de petits établissements qui ne relèvent pas de la junte. Le documentaire BURMA VJ démontre bien l’importance de faire sortir certaines images du pays, avec ces durs extraits vidéo de la « révolution safran » (septembre 2007), où les moines avaient été victimes d’une violence rarement vue en terre bouddhiste.

(…) Le cas de la Chine demande aussi une attention particulière. Pourquoi rendre tout un pays coupable du génocide culturel qui touche le Tibet, alors qu’à l’intérieur même des frontières de ce régime contrôlé, des millions de chinois sont en désaccord avec la politique en cours? Offrir une écoute à cette jeunesse en demande de justice ainsi que leur faire partager les bienfaits de la démocratie devient un geste éducatif voire même humanitaire, un geste de coopération internationale que tous et toutes peuvent accomplir ».

De l’avis de beaucoup, le boycott semble donc ne pas être la solution. En isolant un peu plus la population locale, il favorise la désinformation et la réalité n’apparait plus qu’à travers le prisme de la propagande…

En 2011, je pars loin, très loin, là où personne ne s’aventure, mais je remplis mes bagages de recul, de curiosité et d’ouverture d’esprit …

« Rester c’est exister, mais voyager c’est vivre ». G. Nadaud

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Internet au camp de base de l’Everest : MERDE!!!

2 December, 2010 par Richard Rémy
Publié dans Éditorial du eCourrier


Crédit photo: Claude Duguay et Lucie Dumont

Que la corruption dans notre belle province fasse rage, c’est franchement choquant. Mais à une échelle planétaire, ce n’est pas très grave, ça ne nuit pas aux habitants de l’Ouganda (entre autres) et surtout c’est réversible. Mais Harper qui fait tomber notre obligation de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, c’est criminel! Comment fait-il, cet homme, pour regarder ses enfants dans les yeux et bien dormir le soir? Je n’ai jamais eu aussi honte d’un canadien dans ma vie.

Mais je vous parlais d’une autre catastrophe : maintenant, à un saut de yak du camp de base de l’Everest (à Gorak Shep), il y a une antenne internet. Finis les systèmes compliqués de communication… Donc, maintenant au moins, nos amis, notre famille sauront au jour le jour ce qui nous arrive, nous enverrons des photos de nous avec le téléphone, nous réglerons les problèmes du bureau, nous saurons si le Canadien gagne…Et dans la grande tente le soir, nous pourrons discuter de Charest, des sables bitumineux en direct. Même plus l’immense privilège de s’ennuyer des gens qu’on aime. Plus besoin de s’intéresser à la géologie d’un glacier, à la culture sherpa car maintenant, plus on ira loin, plus on sera près de chez nous. Il y a même un Starbuck à Lukla!!!! Même plus le bonheur de rêver à un vrai bon café au retour à Katmandou!

Tout ça me fait chier et je vous jure, chers voyageurs, de faire tout en mon pouvoir pour essayer de contourner le plus longtemps possible ces voleurs d’imagination.

En allant chez un disquaire populaire l’autre jour, je fus relativement surpris de voir que dans les 10 meilleurs vendeurs, figuraient 2 disques des Cyniques datant des années 60. Pas si surprenant finalement!

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Aventure : « Entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu… »

4 November, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Éditorial du eCourrier

À méditer avant de s’inscrire sur un voyage d’aventure!

L’aventurier moderne veut partir en voyage, se dépayser, découvrir les richesses culturelles d’un ailleurs lointain mais sans pour autant se retrouver avec 55 autres personnes francophones ou anglophones dans un bus climatisé à prendre des photos de la Tour Eiffel à travers les vitres ou lors des pauses au bord d’une route « 5 minutes pas plus! ».

L’aventurier moderne a envie de grands espaces, de grandes marches, de rencontres avec les populations locales, de paysages qui changent au fil des pas et se dévoilent pour les yeux qui les méritent. De goûter à la cuisine locale, d’entendre les rires des enfants devant sa peau si claire et ses traits si différents lorsqu’il passe dans ces villages. De lier contact avec ces hommes et ces femmes qui ouvrent leur porte au voyageur pour l’accueillir le temps d’un thé ou d’une nuit. De faire travailler les muscles des jambes et les trouver un peu endolories le lendemain matin, d’avoir le frisson du vertige sur une crête un peu à pic, de sentir la brise souffler au ras de l’eau et jouer avec son kayak.

« Voyage d’aventure » est le nom de cette forme de tourisme et est sûrement ce que voudraient probablement tous les lecteurs de cet édito. L’aventurier moderne veut de l’authentique ! Mais… l’aventurier moderne est souvent pressé par le temps et ne peut se transformer en explorateur que pendant ses quelques semaines de congé annuel. Autant dire que son voyage est le réceptacle de nombreuses attentes, souvent amassées depuis plusieurs années. Impossible de ne pas le réussir, il faut que tout soit organisé comme un agenda de ministre et que rien ne manque à l’appel.

Pour son périple, l’aventurier moderne fait appel à une agence de voyage et investit un budget parfois important pour réussir son aventure. Il s’attend à ce que le programme soit respecté à la lettre, qu’aucun travaux ne ralentisse la circulation sur une route, que la pluie ne tombe peu ou pas du tout, que les dauphins pointent leur bout du nez et sautent devant le kayak de mer, que les éboulements de terrain se passent dans la vallée d’à-côté, que l’altitude ne fasse aucun effet sur leur corps. Peut-être veut-il avoir le service qu’il aurait au Canada tout en étant au Népal?

Pourtant tout est là, caché dans le mot : AVENTURE. Laissant de côté toutes les définitions possibles, voilà ce que ce bon vieux dictionnaire nous dit à propos de l’aventure : « Entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, à laquelle participent une ou plusieurs personnes ». Merci Larousse pour ta clairvoyance! Il faudra donc que l’aventurier moderne se résigne : oui, nous sommes une agence sérieuse, dont le but est de proposer les plus beaux voyages possibles dans quelques coins du monde et pour laquelle la recherche de la qualité est primordiale mais, non nous ne pouvons pas tout contrôler. Et justement la présence du guide sur la plupart de nos circuits assure de mettre en place un plan B quand le A s’est écroulé, de palier à cet imprévu.

Parlons en des imprévus! Ils sont une part entière de tout voyage d’aventure (j’insiste puisque le dictionnaire nous le dit). Alors ces imprévus… sont à prévoir parce que justement l’aventurier moderne a choisi de faire un voyage d’aventure. Ces imprévus ont de prévisible leur occurrence mais pas le lieu, le moment ou le sujet.

Outre le choix de l’agence pour organiser son voyage, la réussite du voyage dépend essentiellement de l’état d’esprit des participants. Vous êtes un aventurier des temps modernes, vous souhaitez vous inscrire sur un voyage d’aventure? Alors méditez quelques instants la définition du mot aventure et demandez-vous si vous êtes capable de retirer de la joie de tous ces imprévus prévisibles et d’en savourer une expérience de voyage enrichie. Si vous êtes adaptables, que vous avez l’esprit d’entraide et la bonne humeur comme valeur, vous serez sûrement heureux sur l’un de nos voyages et nous, nous serons heureux de vous faire voyager!

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Les voyages…

7 October, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Éditorial du eCourrier


Crédit photo: Pascal Guillaume

Quand j’ai demandé quel était le thème de l’édito de ce mois, un sujet qui aurait tenu à c½ur, on m’a répondu « les voyages ». Sans blague. Nous parlions de l’expédition au Bhoutan il y a quelques mois, du Groenland en kayak de mer sûrement, des treks au Pérou ou Népal il y a peu… Mais n’y a-t-il que ça? À trop avoir le nez dans le guidon, on en perd de vue le vélo au complet. J’ai farfouillé dans les voyages Karavaniers, ceux dont on parle au bureau tous les jours pourtant et j’ai vu que contrairement à ce que l’on pense de nous parfois, on ne fait pas que des voyages où on ne peut s’inscrire que si on est capable de courir un marathon…

Lettre à celui qui pense ne pas être suffisamment sportif pour voyager avec nous,
à celui qui croit que Karavaniers ne propose que des expéditions en haute montagne ou en camping, à celui qui veut voyager différemment de ce que proposent les agences de voyages traditionnelles mais sans sacrifier le côté culturel pour autant, à celui qui veut s’ouvrir les yeux tout simplement.

Regardez notre voyage au Laos par exemple. L’exigence physique n’est pas la caractéristique première de ce circuit, mais plutôt la soif de découvrir un pays très souvent oublié des classiques du tourisme, pour notre plus grand bonheur. Bien sur, celui qui se déplace uniquement avec ces fauteuils roulants électriques qui envahissent trottoir et pistes cyclables créant peu à peu l’incapacité à se mouvoir des personnes qui les utilisent sous le prétexte fallacieux de moins se fatiguer (mais la fatigue est saine!) ne sera probablement pas à son aise dans nos voyages… tout comme dans sa ville.

Revenons à nos moutons. De la fatigue saine et ouverte à toute personne en bonne forme générale, c’est ce que propose le Laos. Car voyager est forcément fatigant, les émotions épuisent. Voyager, c’est parcourir du chemin, un peu ou beaucoup, c’est s’émerveiller, s’émouvoir et même s’offusquer, c’est apprendre, ressentir, rire ou pleurer. Les émotions épuisent bien plus sûrement que quelques heures de marche. Heureux d’avoir tant vu, tant vécu, tant goûté au monde, le voyageur tombe de fatigue le soir venu, n’en doutez pas.
Se plonger dans l’histoire à Ventiane, faire connaissance avec les minorités ethniques du nord du pays, s’enfoncer dans la jungle, se laisser glisser sur le Mékong dans un bateau ou sur une petite rivière en pirogue, visiter des grottes trouées comme du gruyère, déguster cette cuisine fine, croiser des moines sous leurs ombrelles à Luang Prabang, prendre de temps de respirer toutes ces odeurs d’un autre monde avant de rejoindre la petite chambre confortable de l’auberge où Morphée nous bercera… pour mieux continuer la journée suivante.
Le Laos, pays étiré le long du Mékong, s’offre au visiteur qui le veut bien… vainqueur d’un Ironman ou pas!

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Un voyage, des rencontres

2 September, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Général, Éditorial du eCourrier

Quand la nature se réveille, on se rend compte que les pays lointains (ou même plus proches) ne sont pas seulement des paysages et des treks potentiels. Quand des inondations et des glissements de terrain ravagent des villages et tuent des trekkeurs, on en parle dans les médias! Quand Haïti tremble – et tremble fort – le monde entier se mobilise, sollicité par les journaux et télévisions de tous les pays. Cet été, le Pakistan, le Ladakh, la Chine et la Russie ont été particulièrement affectés. C’est alors que les populations plus ou moins lointaines, souvent démunies mais toujours culturellement éloignées de nous sont mises sous les projecteurs des caméras. Cet édito ne se veut ni moralisateur ni misérabiliste mais pousse à se poser cette question : pourquoi attendre une catastrophe pour s’intéresser aux gens qui peuplent ces pays?!

Les paysages, les treks, les cultures ne sont pas les seuls aspects du voyage! Aller à la rencontre des peuples est à la fois une raison de voyager et une composante de tout voyage qui se fait à rythme humain. Bien sur, si vous allez à Baffin, vous risquez de ne pas rencontrer grand monde pendant la traversée. Mais en marchant au Népal, le peuple Sherpa est là, tous les jours avec vous, en tant que cuisiner, porteur ou habitant d’un village sur le sentier. Et certains voyages se prêtent encore plus à la rencontre : Guadeloupe, Panama, Laos, Égypte… et tant d’autres!

Alors, bien sur, il y a la montagne, les paysages, le plaisir de marcher et de s’avancer dans la vallée qui nous attend, à moins que ce ne soit l’eau qui glisse sous le kayak dans un décor idyllique (des icebergs ou des cocotiers au loin, à moins que vous ne préfériez les cactus…). Et comme le disent tous les grands voyageurs passés ou contemporains, un voyage se passe de raison, de prétexte, il suffit juste d’en avoir le goût pour qu’il se justifie. Mais n’oubliez pas que la passion du plein air et de la découverte à pied ou en kayak de mer ne sont pas les seuls aspects du voyage. Et que le dépaysement vient souvent de la rencontre avec le peuple du pays visité…

Bonne rentrée!

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Le Bhoutan: la quintessance du romantisme.

5 August, 2010 par Richard Rémy
Publié dans Éditorial du eCourrier


Crédit photo: Dreamstime

C’est mon 3e édito où je parle du romantisme du voyage. Je vous rappelle brièvement ce que je disais : j’aime mieux aller loin que d’aller haut. J’aime mieux écouter que parler. Le Bhoutan, ce pays qui mesure le bonheur (BNB : Bonheur National Brut) semblait donc, inévitablement devoir se retrouver sur notre liste. Et bien ce n’est pas si évident, parce que plus on me demande de faire quelque chose…plus j’ai tendance à faire le contraire. Et c’est encore plus le cas de Pascal, qui a conçu et guidera ce voyage. Il n’était donc pas question de se contenter de ce trek que tout le monde fait (ceci dit, tout le monde au Bhoutan, c’est quand même peu de gens!) le Snowman trek. On a forcément trouvé autre chose mais je vous laisse lire ce que Pascal en dit.

Moi je continue sur ma lancée du romantisme pour revenir sur le concept d’une Étoile Filante, comme ce Bhoutan, comme ce Scoresby groenlandais et ce Dolpo népalais de l’an dernier. Précisons qu’une Étoile Filante est un voyage que nous faisons pour la 1re fois… avec les gens. Vous savez que j’aimerais bien pouvoir mettre tous les concepts du capitalisme de côté, que la rentabilité ne soit pas un facteur et que nos voyages ne soient que des Étoiles Filantes. Imaginez que toujours, on découvre pour la 1re fois ensemble. Imaginez que toujours, comme c’est le cas, les voyageurs aient l’esprit ouvert de façon à ne rien attendre d’un voyage tout en sachant qu’ils en retireront bien plus. Si je jouais le rabat-joie, je vous dirais que nous ne pouvons pas, que ce n’est pas possible. Pas toujours. Mais là, et de plus en plus c’est une promesse, on peut jouer, un peu, à se prendre pour un explorateur. Aurais-je quelque chose de Tilmann (probablement le plus grand explorateur de l’Himalaya)? Ai-je la résistance de Shackleton? Ai-je la curiosité de Christophe Colomb? Suis-je un voyageur à la recherche de la quintessence romantique du voyage?

Page internet de notre voyage au Bhoutan >>

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Les guides n’ont pas peur d’exagérer. Le cas de Fred et Vicente.

30 June, 2010 par Richard Rémy
Publié dans Éditorial du eCourrier

Dans mon dernier édito, je vous parlais de romantisme. Celui des grands explorateurs qui partaient sur des territoires vierges, grimpaient de nouvelles montagnes. Saviez-vous que le premier 8000m à être gravi, l’Annapurna, le fut par erreur? On voulait le Daulaghiri mais les cartes étaient mauvaises! Ou bien Herzog et Rebuffat ont mal lu.

Je vous disais aussi que cette nouvelle du garçon de 13 ans qui a gravi l’Everest ne m’avait pas ému… Par contre, cette fille de 16 ans qui a fait un tour du monde à la voile en solo, ça m’impressionne plus. Il faudrait quand même savoir par ailleurs que le premier, par défiance envers l’idée d’une course, à avoir réussi l’exploit est Bernard Moitessier. Le vagabond des mers du sud, encore par défiance, gagnant non-inscrit (donc pas de bourse), ne s’est même pas arrêté et a continué un autre demi-tour… Un tour et demi du monde sans escale!

Évidemment qu’en 2010, il devient de plus en plus difficile de faire des premières… Alors que devient l’aventure? Y a-t-il encore des aventuriers? Je me risquerais à dire que ce sont ceux qui voyagent et n’en parlent pas trop. Ceux qui n’essaient pas de le dire et n’inscrivent surtout pas, sur une carte d’affaires, le mot aventurier. Bref, l’humilité devrait nécessairement faire partie de l’aventure. De ceux-là, il y en a beaucoup qui travaillent chez Karavaniers. Pascal est à Bali dans sa petite maison. Antoine vient de finir un doctorat sur les chevaux sauvages du plateau tibétain.

Il y a Fred, qui vient de partir en sabbatique pour 6 mois en vélo en Asie du sud-est. Bien sûr, il vous en parlera si vous le lui demandez, mais la seule différence visible à son retour sera… d’être un meilleur guide.

Puis il y a le cas Vicente qui nous demandait gentiment il y a quelques temps, de prendre congé 3 mois afin d’essayer son petit voilier (un Contessa 25 pieds). Il voulait naviguer en solo, de Montréal à l’Écosse en faisant escale au Groenland et aux îles Féroé. Simplement.

Vous savez quoi? Je me considère infiniment chanceux de connaître ces gens. Et comme président de compagnie, je me sens très à l’aise de vous dire que vous ne trouverez pas de meilleurs guides que ceux qui n’ont pas peur, en toute humilité, d’exagérer.

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Je suis un romantique et je n’aurais jamais grimpé l’Everest à 13 ans!

3 June, 2010 par Richard Rémy
Publié dans Éditorial du eCourrier

Dans la Presse de samedi, Yves Boisvert exprime son malaise face à cet enfant de 13 ans qui a réussi l’ascension de l’Everest…Il pointe notamment, et j’en suis aussi convaincu, que c’est fort probablement le rêve du parent qui est le moteur de cet exploit.

Qu’est-ce qui me dérange tant dans cet exploit? Qu’est-ce qui fait que je ne comprenne pas Gabriel Filippi (qui est par ailleurs quelqu’un que je respecte beaucoup) de s’acharner sur cette montagne (2e ascension réussie en 5 ou 6 tentatives). Qu’est-ce qui fait que je n’ai aucunement le goût de mettre cette montagne au programme des ascensions offertes par Karavaniers. Et pourtant nous sommes certainement la seule compagnie au Québec à pouvoir l’offrir?

La réponse est assez facile…je suis un romantique. Depuis toujours je lis l’Himalaya de Tilman, Bonington, Messner. Je lis l’Afrique de Livingstone, Stanley, Thesiger. Les pôles de Shackleton, Victor, Rasmussen.

Mais voilà, à l’Everest, je ne vois plus l’aventure si un kid peut réussir à la grimper (il faudrait voir l’aide que les sherpas lui ont apporté). Je ne vois pas l’aventure des 7 sommets si quelqu’un qui mets des crampons pour la première fois de sa vie à 40 ans…réussisse le tout avant l’âge de 45 ans! On veut trop être un aventurier sans prendre le temps d’en devenir un.

Au début mai, je me rendais à skis avec mes amis de Terres Oubliées dans le petit village de Tinitequilak (côte est du Groenland) où j’avais un rendez-vous avec le romantisme! Ben non, pas de belle inuite aux yeux bleus mais un village perdu qui deviendrait la base de nos voyages en kayak de mer, nos treks et nos raids à skis. Et une petite maison (à retaper) avec vue hallucinante sur la calotte glacière et le fjord Sermilik qui deviendra peut-être notre hôtel 5 aurores boréales. Il y a un bel avenir pour les voyageurs-rêveurs sur cette côte est du Groenland, le plus bel endroit du monde probablement.

Pour moi, ça c’était plus une aventure que l’Everest…Il faut dire que si je suis romantique, je suis probablement un peu paresseux aussi.

Et Félicitations Gabriel tout de même pour ta 2e ascension!

Richard Rémy

Président

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« Le chemin Inca, oui mais aussi…»

6 May, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Éditorial du eCourrier


Cité Inca de Chokiquerao
Crédit photo: Nadia Beaulieu

Camino Inca. Il conduit à la célèbre cité Inca perdue puis redécouverte en 1911, traverse la jungle et les montagnes péruviennes, et est parsemé de ruines d’une civilisation éteinte. Un sentier datant de plusieurs siècles, tout en pierres, foulé autrefois par les Incas eux-mêmes. Impressionnant, d’autant plus qu’il conduit au Machu Picchu et qu’il reste la meilleure façon d’y accéder, en prenant son temps plutôt qu’en arrivant en train. Mais… impressionnant ne signifie pas incontournable! Car des sentiers dessinés par cette civilisation qui mènent à l’imposante cité, il y en a, et plus d’un. Moins touristiques, moins fréquentés, moins connus. Et toujours, peu importe de quelle façon, au Machu Picchu nous nous rendrons! Aussi, ne manquez pas notre conférence « PÉROU : AU-DELÀ DU CAMINO INCA », au FESTIVAL PLEIN AIR ET VOYAGE de Québec et Montréal!

Camino Inca, oui mais… Pourquoi ne pas s’en contenter? Parce qu’un trek aussi beau souffre forcément de sa popularité, parce que les permis nécessaires pour y entrer sont difficiles à obtenir, parce que l’afflux de touristes occidentaux diminue les possibilités de rencontrer les locaux. Et surtout parce nous aimons ne pas suivre les foules et passer dans les recoins dont ne parlent pas les guides de voyage, pour que l’expérience de voyage soit enrichie et inoubliable.

Alors le Chemin Inca, bien sûr… mais il n’y a pas que ça qui existe! Que dire d’un itinéraire qui vous fait découvrir encore plus de sites archéologiques majeurs de la civilisation Inca, pour aller plus loin que « seulement » au Machu Picchu? Comment ne pas s’émerveiller devant Chokiquerao, cité installée à 3000 mètres d’altitude et à propos de laquelle certains scientifiques s’interrogent à savoir si ce ne serait pas Vilcabamba, la fameuse cité perdue? Que penser d’un trek d’envergure sur 8 jours, qui fait passer de la moite chaleur de la jungle à des cols froids possiblement enneigés? Comment rester insensible aux rencontres avec les habitants de l’arrière-pays, moins « habitués » au tourisme? Comment ne pas s’extasier face à ces paysages spectaculaires qui entourent le voyageur tout au long du trek?

Le Chemin Inca dites-vous. On vous répondra plutôt Chokiquerao. Son trek exceptionnel, ses découvertes archéologiques indéniables, loin de l’affluence touristique. Et notre itinéraire ne dédaigne pas pour autant d’aller visiter le Machu Picchu. Que dire de plus? Prochain départ le 10 juillet! Ou cliquez-ici pour voir tous nos voyages au Pérou.

Enfin, des conférences auront lieu au Festival de Plein-Air à Montréal et à Québec, précisément sur le sujet: au-delà du Camino Inca. N’hésitez pas à venir nous rencontrer pour en savoir plus. Ce sera aussi l’occasion de parler du Népal et des splendeurs de l’Himalaya au cours d’une deuxième conférence!

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« Machu Picchu: ouvert! »

31 March, 2010 par Julie Betelu
Publié dans Éditorial du eCourrier


Crédit photo: Robert Lavoie

Cet hiver, fin janvier plus précisément, de fortes pluies ont causé inondations et glissements de terrain dans la région du Machu Picchu, bloquant son accès et causant des dégâts humains et matériels dans les villages environnants. La population s’est organisée pour apporter son aide aux personnes en détresse dans les communautés touchées, et les touristes présents sur le site ont dû être évacués par hélicoptère au cours d’une opération qui a duré cinq jours. La cité Inca a été fermée pendant près de deux mois. Comme nous le mentionnions dans l’édition de février, la réouverture du site était une question de temps. Question qui allait se résoudre rapidement car le Machu Picchu, élément incontournable du tourisme au Pérou, a un rôle important dans l’économie non seulement de la région mais de tout le pays. Maintenant, c’est annoncé officiellement, la cité Inca a ré-ouvert ses portes, à temps pour tous nos voyages qui s’y rendent et ne seront donc pas affectés!

Ouf… mais cela mérite un peu plus d’explications. Rappelons que le Camino Inca est le chemin que prenaient les Incas en leur temps pour rejoindre la cité. Aujourd’hui, il est soumis à la pression touristique et pour le préserver de la détérioration liée à une sur-fréquentation, le gouvernement a décidé en 2002 de réguler le flux des randonneurs en délivrant des permis d’entrée, aussi bien pour les touristes que pour les équipes locales. Le quota d’autorisations quotidiennement délivrées est bien moindre que le nombre de marcheurs intéressés, ce qui induit un important délai entre le jour d’achat du permis et le jour d’entrée sur le Chemin Inca… pas pratique d’attendre plusieurs mois lorsqu’on est au Pérou pour deux semaines! Au cours de nos voyages au Pérou, nous passons par ces sentiers ancestraux pour atteindre le Machu Picchu, tout spécialement pour deux de nos six circuits, qui eux nécessitent absolument les dits permis. Alors… après plus de deux mois de fermeture, vous pouvez largement imaginer à quel point la demande sera forte pour obtenir ces autorisations, et qu’on doit s’attendre à une véritable ruée vers… le Machu Picchu ! Pour être assuré d’avoir la possibilité de marcher jusqu’au Machu Picchu par ce trek précisément donc, il faut penser à réserver au plus tôt, car nous ne pouvons malheureusement pas garantir son obtention…

En lisant ces lignes, on peut se demander quelle est la pertinence d’aller marcher sur une autoroute de randonneurs… (faux : les permis ont l’avantage de limiter l’achalandage)… bien que ce ne soit pas exactement le thème du jour, nous rappelons que Karavaniers met un point d’honneur à proposer des circuits de qualité en décidant de décaler les journées de marche par rapport aux autres compagnies, afin que les voyageurs qui partent avec nous conservent intact le plaisir de marcher sur ce sentier… loin de la cohue.

Qu’en est-il pour nos voyages au Pérou qui empruntent la voie ferrée traditionnelle pour rejoindre la cité Inca? Celle-ci a été endommagée lors des inondations et glissements de terrain, notamment au niveau des ponts. Aujourd’hui, elle a été remise en fonction à partir d’une gare située à proximité d’Ollantaytambo qui est accessible par la route.

En conclusion, nous sommes donc heureux d’annoncer qu’aucun de nos circuits n’est compromis ! Alors, pensez à réserver plus tôt votre voyage (encore plus tôt qu’avant dans le cas présent!) pour ne pas laisser s’envoler tous les permis pour le Camino Inca et avoir la chance de marcher dans les pas de cette civilisation disparue, jusqu’à sa majestueuse cité…

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