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Chronique du riz qui pousse

3 April, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

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Crédit photo – Pascal Guillaume

Où l’on apprend à connaître le franchouillard intempestif d’une certaine chronique des rizières et les trucs nécessaires afin de ne pas trop redouter son savoureux caractère

Je devrais d’abord m’expliquer. Déjà pour ce titre qui n’éclaire pas grand-chose, à moins d’en raconter les petites raisons cachées. Alors, allons-y ! Je m’appelle Pascal. Je traîne autour de Karavaniers depuis les tous débuts, m’évertuant à soutenir avec une mauvaise foi toute française (je vous dois dès maintenant cet aveu qui m’en coûte, car malgré une enfance dans les banlieues pépères de Montréal, j’ai puisé on ne sait où – au grand désespoir de mes parents qui honnissaient la France au point d’en avoir émigré – un assemblage explosif des moins bonnes qualités gauloises, dont bien évidemment une mauvaise foi crasse qui me rend presque fier) qu’il n’y a, au bout du compte, qu’un seul continent véritable sur les cinq qu’on recense pourtant (c’est-à-dire l’Asie) pour la bonne raison que j’y traîne moi-même depuis plus longtemps encore que chez Karavaniers. Ce qui m’oblige d’ailleurs à vous avertir. Il se peut, si le hasard vous pousse vers des routes orientales, que vous ayez – je n’écrirais pas le privilège – du moins le fardeau de me subir comme guide. C’est possible et même probable. Je vous imagine déjà préparer une lettre offensée à Richard (le malheureux fondateur d’une compagnie qui feint encore d’ignorer qu’il n’y a qu’un continent sur terre). N’en faites rien. Il existe divers moyens de m’amadouer, tous plus ou moins licites (j’en ai bien peur). Par exemple le don généreux d’une quantité déraisonnable de sirop d’érable ou l’oubli devant ma tente, un matin de frimas, d’un bouquin obscur vainement introuvable (je vous envoie d’ailleurs la liste si vous insistez). Certains crieront à la corruption. N’en faites toujours rien. Si vous saviez les jeux de mains sous les tables asiatiques, c’est à en avoir les doigts dégoulinants de sirop d’érable. Tandis que vous, grâce au français atrabilaire qui s’en sauce les pattes, vous n’êtes déjà plus surpris de rien. Voilà bien un préjugé de moins, il me semble. Ou de plus, voilà que j’ai un doute…

Ce qui nous donne le sens premier de cette chronique. Irrévérencieuse, caustique quelquefois. Des balivernes quoi ! Rien n’est moins sérieux qu’un voyage. Mais ne comptez pas avec moi pour élever tout à fait la voix (ce qui ne se fait pas, d’ailleurs, de ce côté du monde). Autant vous choquer vous, parce que je crois savoir que vous aimez rire, que de les choquer eux ! Autant dire sans ambages, avant d’aller plus loin, qu’on aime assez l’islam lorsqu’on la connaît et que la chaleur de l’hospitalité avec laquelle on nous rabat les oreilles dans nos campagnes québécoises, c’est là-bas que je l’ai mieux vécu. Et tout ce genre de chose. Mais les petits travers, le drôle d’un indien qui me demande pourquoi toutes les filles des films couchent nécessairement avec l’acteur principal mais que les occidentales en vacances n’en font jamais rien avec lui, ou celui-là qui s’étonne qu’on paye si cher l’avion pour finir tout sale au fond d’une tente, de cela on se tape les cuisses à s’en parler ensemble.

Et puis, autant vous dire aussi que j’habite là-bas. A Bali donc. Que depuis la table d’où j’écris, je vois par la fenêtre (à ce moment même) le riz qu’on repique. Je vois l’ami Jabud qui me fait signe, le dos à l’équerre, et qui voudrait bien que je le rejoigne au lieu d’inventer cette activité d’écrivailleur à laquelle il ne croit pas du tout. C’est à lui qu’on doit notre maison, l’intérieur du toit en joli bois sombre, notre lit à l’ancienne, les portes et les fenêtres. A ce fermier merveilleux, les pieds dans la boue. Alors comprenez-moi, on a beau avoir reçu en sale héritage le pire sang de la France, on n’a pas droit de tout. De balivernes oui. Mais simplement parce qu’elles seront légères, forcément, sur les épaules de Jabud…

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Et si on se faisait du cinéma…?

3 April, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Octobre 2005

Où l’on compare les vertus des cinémas Guzzo avec l’ambiance d’une salle de banlieue pakistanaise (et ce qu’il advint de la rencontre grivoise de Mohammed avec Cameron Diaz)

Il y a quelques temps, j’étais allé au cinéma Guzzo avec mon frère. Grande salle aux sièges comme ceux des avions, atmosphère feutrée, bruit de pop-corn et d’aspiration de pailles. Rien à dire. C’était aussi froid qu’un matin d’hiver. J’aurai voulu me tourner vers mon frère et lui dire ce que j’en pensais. Mais on ne parle plus dans les cinémas d’ici. On se tait et on regarde. Et pourtant, certains se rappelleront peut-être de « Cinéma Paradiso » avec Philippe Noiret. Vous savez, c’est cette histoire d’un petit cinéma de la campagne italienne et de tout ce que la salle pouvait contenir alors de vie et de drôleries, ce couple qui y faisait l’amour, ces scènes coupées par la censure, ce bruit de foule, cette fumée, cette histoire donc toute autant dans la salle que sur l’écran.

C’est de ça que je m’ennuyais au Guzzo. De Quetta par exemple. C’était au Pakistan du sud, sous Kandahar et la frontière afghane. Le cinéma était à la sortie du village, alors que le grand désert vers l’Iran reprenait très vite le peu qu’il avait laissé aux hommes. Une grande affiche était peinte sur le mur afin d’annoncer la projection, plutôt ratée d’ailleurs, même si la curiosité hautaine des chameaux ne semblait pas s’en offusquer. Il s’agissait du « Masque » de Jim Carrey, vous savez cette histoire saugrenue où un masque vert permettait à l’acteur toute une série de grimaces un peu ridicules. Je suis entré. Étant riche (c’est-à-dire que je dépensais par jour jusqu’à 6 dollars américains), j’ai eu droit aux places d’honneurs. Deux rangées de six sièges souillés, devant un rideau rouge qui me cachait la salle. Ce rideau c’est levé quelques minutes avant la projection, permettant de voir une salle tonitruante où les hommes se parlaient à grands renforts de gestes. Quelques secondes passèrent, puis plus un bruit. Le film commençait ? Pas tout à fait. Mais on m’avait remarqué. Tous les regards soudainement tournés vers l’arrière et moi comme un idiot, sur cette estrade pour riches (où j’étais d’ailleurs le seul), à faire de discrets signes de la main pour tenter de dire à tout ce beau monde que le film, derrière eux à présent, avait bien commencé. Tout à son spectacle (c’est-à-dire qu’il était près de moi), même le préposé aux lumières oublia de les tamiser. Quant au film, j’ose à peine dire qu’il se projetait le plus merveilleusement du monde, à moitié sur l’écran, à moitié sur le plafond. Dans ce tohu-bohu, aucune chance d’entendre le son. Chacun donnait son avis sur ce drôle de bougre tout seul sur sa rangée de sièges, et il n’était pas rare d’entendre Amhed, tout en bas à droite, criant à Mohammed, tout là-haut à gauche, lui dire que j’étais cette étrange vedette du cinéma américain – laquelle ? je ne l’ai jamais su -, mais certainement quelqu’un de célèbre puisque j’avais les cheveux longs (sans doute aussi parce que j’avais l’indécence de payer si chère ma place). Les demandes d’autographes n’étaient pas loin. Je regrettais seulement mon stylo à l’hôtel.

Ce qui m’a sauvé c’est Cameron Diaz. Il se trouva qu’elle entra dans la banque (dans le film, je veux dire). Vous vous rappelez peut-être de la scène ? Pour bien montrer qu’elle allait devenir l’amante de l’acteur au masque vert (Jim Carrey donc), la caméra se laisse aller à monter doucement sur elle depuis ses chaussures blanches jusqu’à ses cheveux blonds. La salle est devenue comme folle. Chacun s’est levé d’un bond, comme si la Diaz avait fait au centre Bell le plus incroyable des buts, et plusieurs se sont enlacés chaleureusement. Il n’était plus question de voir le film (même depuis le plafond). Ahmed ne s’est plus tenu. Une vague a déferlé dans le cinéma, et puis une autre puisque Mohammed n’était pas du genre à s’en laisser imposer. Il y eût même un garçon pour venir m’embrasser, tellement était grande l’émotion du moment. Le temps de s’en remettre, le temps de se rasseoir, et les lumières qu’on venait tout juste d’éteindre, se rallumaient encore. C’était l’entracte ! Cohue vers la sortie et grande consommation de collations de toute sorte. Le film a repris dans une salle encore vide. Faudrait-il ajouter que le projectionniste, histoire de varier les plaisirs, avait cette fois posé son film à moitié sur l’écran, à moitié sur les sièges. Tout à leur collation, les spectateurs qui revenaient ne s’en formalisaient pas trop. Comme les vêtements étaient blancs, on y voyait assez bien. Mais lorsque Diaz est revenue (qu’avait-elle mangé pendant la pause ?), il fallu se rendre à l’évidence. Son allure en prenait un coup à se dévoiler sur le dos des hommes. Cris indignés, colère qui gronde, le projectionniste coupa le film pour se venger un peu. Puis avec ce mauvais caractère si particulier aux projectionnistes de Quetta, il remit celui-ci parfaitement au centre de l’écran.

Étrangement, ça m’a déçu.

Voyage Karavaniers
Pakistan – K2 et les tours Trango

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Histoire de balcons!

3 April, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Juin 2005

Où l’on se bidonne d’une abracadabrante histoire de balcons tandis que Kathmandou ressemble à Verdun

A Kathmandou, je connais quelqu’un de bien. Il tient un petit hôtel à Chetrapati, pas très loin du Everest steak house, où je descends lorsque je ne travaille pas. Les chambres sont coquettes sans être luxueuses. Nous y étions ce printemps, ma fiancée et moi. Je préparais le circuit sur la vallée de Kathmandou. En mars, les touristes étaient encore rares. L’air était frais et bon. Ce bon monsieur est indien. Je veux dire qu’il vient du sud, de cette plaine du Terai qui ressemble à s’y méprendre à la longue plaine du Gange de l’Uttar Pradesh ou du Bihar. Il porte fièrement sa moustache comme tous les indiens du monde. Il est un peu bavard. A l’entendre, je crois parfois être encore à Montréal, sur un balcon, une bière un peu chaude à la main, à écouter les balcons d’à côté : « C’est scandaleux, disaient-ils, le gouvernement nous vole. Et puis les hôpitaux, une horreur, une véritable horreur… tenez, ma cousine voulait se faire enlever un furoncle sur la fesse… et oui ça se fait… et bien ils l’ont fait attendre une heure complète, mon bon monsieur, une grosse heure de 60 minutes… Ça se fait ça aussi… ? » Et cætera, et cætera. C’est pourquoi sur les balcons les bières sont toujours un peu chaudes.

A Kathmandou, c’est plutôt le thé qui refroidit. Rama me raconte à quel point le gouvernement le vole. : « Ah… la corruption », dit-il en soupirant très fort. Il ajoute la litanie des hôpitaux : « Car voilà, ma femme était malade et le docteur ne lui a rien donné. Il a dit que ça allait passer. Ne rien donner du tout ! Vous vous rendez compte… ». Ce qui le fascine le plus, mon bon ami, comme tous les indiens du monde, c’est la sexualité. Je vous surprends un peu, non ? Dans les pages du petit catéchisme Karavaniers, un tel mot ! Pourquoi pas ? Donc la sexualité. Et surtout celle des autres. Avant, Rama me faisait des clins d’½il aussitôt qu’une fille me parlait. Il était sûr que j’étais le plus chaud lapin du monde (le plus triste c’est qu’il avait complètement tord). Mais plus maintenant. Il n’oserait pas. Je suis presque marié. Je suis presque décent et presque ennuyant. Non, c’est à ma fiancée qu’il parle. Il lui demande des questions aberrantes dont les réponses paraissent l’occuper des jours durant. Par exemple : Fait-elle l’amour avec la lumière (la réponse est oui pour votre information. Voyez, je ne vous cache rien) ? M’embrasse-t-elle seulement sur la bouche (à bien y penser, je vais vous cacher certains trucs) ? A-t-elle des sous-vêtements comme ceux du Népal, c’est-à-dire jaune serin ou bleu piscine et que refuseraient les plus « colorées » de nos grands-mères ? Tout ça. Rama voudrait que je ne sache pas qu’il a parlé à ma copine. Si je lui dis, il devient rouge, dit que « non, non, ce n’est pas lui », qu’il a à faire de toute façon, des budgets (lui!), du ménage (re-lui!). Ce que j’aime des indiens, c’est qu’ils sont comme de grands enfants. Ils se cachent la tête dans le sable et attendent que ça passe. Ce qui me fait dire aussi que la grande leçon de tout cela (s’il y en a une), c’est que pour boire mon thé chaud, il faut que ma fiancée parle d’amour avec Rama.

Sur les balcons, peut-être qu’il suffit que votre femme discute de la couleur de ses caleçons avec le voisin pour boire enfin une bière froide ? Peut-être. Si vous pouviez essayer pour moi, cet été, ça me plairait bien…

Voyage Karavaniers
Népal – Vallée de Katmandou

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La relaxation…?

30 March, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Janvier 2004

Ce qu’il advient malheureusement de notre humeur lorsqu’on s’obstine à imiter Céline (ou l’éloge de la répétition au Népal et en Tanzanie)

Vous connaissez l’expression «Hakuna Matata»? Bien sûr. Je ne vous apprends rien si je vous dis que c’est du swahili. Tous les enfants du Québec ont chanté le refrain en écoutant le Roi Lion. Ça veut dire quelque chose comme : «Tu vois, tu stresses comme si t’étais dans une grande ville triste, en plein janvier, avec dix pieds de neige sur le capot de ta bagnole, avec un meeting à 8am qui va s’éterniser et te faire rater le rendez-vous du mois avec ta maîtresse qui justement, avec le sale caractère qu’on lui connaît, va ameuter le quartier et téléphoner à ta femme… alors que tu pourrais t’asseoir à Zanzibar, sur une plage où le sable est si blanc que la farine est sale, les pieds dans l’océan Indien, à penser que penser ne sert à rien»… Ou quelque chose du genre…mon swahili est salement approximatif!!

Toujours est-il qu’on parle swahili (entre autre) en Tanzanie. Et qu’«Hakuna Matata», on te le sert à toutes les sauces. L’autobus a dix heures de retard et vlan, «Hakuna Matata». Tu donnes du linge à laver et il te revient avec plus de trous que les jeans des années 80 et paf, «Hakuna Matata». Un chauffard t’écrase à moitié et pour te finir lorsque tu gueules quand même un peu ajoute l’air offensé: «Hakuna Matata». Ben tiens!

Vous dire que cette expression me tape royalement sur la tronche n’est pas exagéré. Et pourtant, si on ne me le disait pas aux cinq minutes, si on ne m’exhortait pas à relaxer sans cesse, ce que je serais bien à regarder ce Kilimandjaro qui s’illumine de rose, alors que le soir tombe d’un coup, comme un vent souffle une bougie.

D’ailleurs, ça me fait penser à autre chose. Les mantras tibétains, vous connaissez peut-être aussi? Ce sont des moines qui s’amusent à faire des gammes, et qui les répètent à ne plus savoir dire autre chose : «Do-ré-mi… Do-ré-mi…» ou quelque chose du genre. Merveilleusement varié. Sauf que c’est plutôt : «Om-Mani-Padme-Hum». C’est du tibétain après tout. Le hic c’est que cette gamme-là, on l’entend sortir de tous les magasins de Kathmandou et Bakhtapur. Et tous les jours! Il paraît que ce truc est censé aider à la relaxation. Ben tiens! Mettez Céline tous les jours à la radio et vous croyez qu’on va relaxer? Vous avez vu comment va le monde depuis qu’elle hurle sur toutes les stations de la planète?

Kathmandou j’adore. J’y suis bien. On mange comme des rois. La culture est quelque chose qu’on reçoit en pleine gueule, magnifique, visible, unique. Les librairies sont pleines de bouquins d’histoire. Les gens sont doux, timides et gentils. Et les montagnes poussent comme des forêts juste au nord de la vallée. Mais voilà qu’on me refait le coup des gammes. Il est 9am à Bakhtapur. Les premiers touristes venus passer la journée ici arrivent en hésitant. Sur la terrasse de mon petit resto favori (le Sunny), j’étais pénard à lire le Kathmandu Post. Et vlan que ça recommence. À la première tronche un peu trop blanche, un peu trop neuve, aux premiers yeux écarquillés, les magasins s’y mettent en groupe et te torpillent d’un concerto mémorable de «Om-Mani-Padme-Hum». Le pire c’est qu’ils ne sont pas tibétains, les vendeurs, et surtout que les bouddhistes newari (et donc népalais) ne chantent pas ce genre de truc. Forcément, le premier coup on adore (c’est là où c’est différent de Céline). C’est avec le temps que ça se gâche.

Tant pis pour le Kathmandu Post. Je le referme et le laisse à d’autres. Je retourne dans ma chambre pour écouter autre chose. Brassens surtout, Ton Vié et son Reggae étrange de l’île Rodrigues, un peu de jazz ou de Bach. Je feuillette mes CD pour choisir. À chaque fois, je fais le saut. L’album maudit des moines est là. Caché pour que je l’oublie. L’horreur! Ce cadeau sournois, c’est l’idée d’un certain Jean Allard (que je ne nommerai pas), champion de l’équipement et parfois aussi de la photographie. Il savait ce qu’il faisait le bougre! Un cadeau, on ne jette pas. Parfois, c’est dommage. Puisse-t-il subir, ce Jean que je ne nommerai pas, tous les CD de Céline depuis l’appel au pape jusqu’aux imitations lascivo-criardes de Brel, comme je subis ses moines!

Voyages Karavaniers
Tanzanie – Kilimandjaro et safari
Népal – Vallée de Katmandou
Tibet – Kaïlash
Tibet – Le toit du monde
Tibet – Le bout du monde

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