Massif du Makay : le monde oublié

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Massif du Makay : le monde oublié

Un labyrinthe ?

Le massif du Makay est une véritable barrière naturelle à l’ouest de l’île de Madagascar, une forêt abondante et un dédale de canyons qui ont isolé pendant longtemps ce monde oublié.

Le mot Makay vient de 2 termes malgaches : ‘’Maka’’ qui signifie ‘’prendre, reprendre’’ et ‘’Aina’’ qui signifie ‘’vie’’.

‘’Reprendre la vie’’.

Une flore exceptionnelle au cœur d’une forteresse de la nature très méconnue à cause de son isolement.

Une source de légendes.

Et depuis peu, la Nouvelle Aire Protégée du Makay fait l’objet d’expéditions scientifiques pour répertorier de nouvelles espèces encore inconnues. Fascinant au 21ème siècle. Des lémuriens aux insectes, des virus aux crocodiles, le massif oublié regorge de trésors. Sans parler de toute la faune endémique.

 

De sa grande île, l’écrivain Jean-Luc Raharimanana s’amuse à redéfinir quelques mots, en hommage à sa terre et aux origines de ses habitants :

 

Afro Courts, mes cheveux semblent lisses et me classent hors de l’Afrique. Plus ils poussent, plus ils se dressent, méprisant toute tentative de les coiffer, ils n’en font qu’à leur tête ! La solution : couper ras, style militaire ou garçon sage. Mais ils poussent vite, il faut au bout de quelques jours aller chez le coiffeur avec cette impression de raser cette Afrique poussant sur ma tête. Puis un jour, j’ai laissé, comme pendant l’enfance, quand tout le monde était disco… Mon afro est politique, je la porte fière, pour dire à toutes ces jeunes femmes et hommes qui ont honte de leurs cheveux crépus ou frisés que nous sommes beaux et libres d’être nous-mêmes.

 

Île Notre continent est sous la mer, peuplé d’ancêtres mythiques. Nous sommes l’aller et le retour. Il a bien fallu arriver là, faire la traversée. Il faudrait bien repartir pour ne pas se couper de cette part de soi de l’autre côté de l’océan. La mer coupe la mémoire et élabore des utopies. L’île est un rêve qui vire très vite en illusion. Les vagues sont indispensables pour remodeler les rives et garder la variabilité des choses. L’éphémère est indispensable pour le renouvellement permanent.

 

Océan Longtemps, j’ai cru que l’océan tombait dans l’horizon. Qu’il y avait une chute infinie, là-bas où mourrait le soleil. Un récit de mon grand-oncle m’avait marqué : des zébus sortent tous les jours de la mer et on n’a pas le droit de regarder cet instant. Les contempler sortir de l’océan, c’est se destiner au malheur. La terre est de conquête, la mer est d’oubli. Se rappeler que les ancêtres sont venus de là en laissant tout derrière eux. Pas la peine de revenir sur le passé. Les conquérants sont venus de là aussi. Les exilés y disparaissent. L’océan est une vaste blessure. Je regarde la carte : à l’ouest, le Mozambique, porte de l’Afrique, proche et si lointaine. Au nord et à l’est, l’Arabie, les Indes, l’Asie : du domaine de l’oubli et des mythes. Au sud : l’Antarctique, les terres sans rien, perdition. Restons sur terre.

 

Za Le verbe « être » n’existe donc pas en malagasy. Si l’on n’est pas, c’est que l’on est tout. Ainsi Za s’est mis en place. Un film invisible parcourt ce roman : les personnages se sont ligués pour exécuter le narrateur. En tête du cortège, Za. Za brouille les cartes en s’accaparant la première et la troisième personne : za, « je » en malagasy, et Za, équivalent d’un surnom en français, « il ». Ainsi chacun des personnages devait exister de lui-même, sans que le narrateur ne prenne en charge le récit de son être, maudire cette langue malagasy qui n’a pas de verbe « être » et rendre folle cette langue française où ne « sont » que deux auxiliaires, « être » et « avoir ». Deux verbes au service de tous, forts et faibles à la fois : forts, car aidant tous les autres ; faibles, car effaçant leurs propres sens quand ils conjuguent le gros de la troupe. Mais le narrateur a une défense imparable : se réfugier dans le malagasy et présenter l’inexistence du verbe « être ». S’ouvrir au tout, toutes possibilités d’être, ne plus se limiter à une seule identité qui souvent étouffe. Se tenir loin de cet être réduit dans le temps, dans la chair, dans l’existence. S’allonger alors sur le temps, sur l’espace, sur toute vibration, frémissement, le narrateur vit le cosmos. Il est Za finalement, « moi » et « il ». L’alter et l’ego. Tout personnage n’est qu’avatar du narrateur. Za est Ça.

Karavaniers

Karavaniers

«Un camp de base à échelle humaine, sept à huit spécialistes voyages qui pour la plupart sont aussi guides. Un peu plus de 1000 voyageurs par an... assez pour nous donner les moyens de nos ambitions et assez peu pour nous permettre de rester des artisans du voyage d'abord.»

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