Tous à l’eau !

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Tous à l’eau !

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On parle souvent des couchers de soleil de Basse-Californie, spectaculaires lorsqu’on fait une expédition en kayak de mer sur la fameuse Mer de Cortez, celle que le commandant Cousteau avait baptisée « l’aquarium du monde ». En marchant sur le malecòn (une sorte de promenade des anglais : un large trottoir décoré en bord de mer, quelques petites plages de sable blanc et charmants parasols de paille, le lieu idéal pour les enfants et leurs patins à roulette, pour les amoureux romantiques et pour les jeunes à vélo) de la petite ville de La Paz, le soleil couchant est exceptionnel. L’orientation de la baie qui abrite la ville amène le soleil à tomber derrière la marina, on voit alors la danse des mâts des voiliers sur le fond rouge… pas déplaisant!

Mais ce serait oublier les levers de soleil, bien plus exceptionnels, la première chose qu’on voit en ouvrant les yeux, à travers les moustiquaires des tentes – notons bien que mettre le double toit de la tente est très souvent superflu : perte de temps, de la brise rafraîchissante la nuit et surtout du plus beau plafond jamais vu dans n’importe quelle chambre d’hôtel, quelqu’en soit le tarif : la voûte céleste et sa lune majestueuse, mais j’en reparlerai. Alors que le soleil se couche derrière la sierra le soir, donc à l’opposé de la mer, l’éclairant de tons pastels roses et atténuant la chaleur de la journée (n’oublions pas que la Basse-Californie est un désert… chaud!), le lever du soleil fait quant à lui rougeoyer l’horizon marin, d’un dégradé de couleurs franches, puissantes, loin des tons pastels, un peu avant 7h du matin. « Quoi, si tôt pendant les vacances?! » pensez-vous horrifié. Oui oui, si tôt parce qu’on vit à l’heure de la lumière naturelle, parce qu’on se couche entre 20h30 et 22h (franchement, dormez-vous autant dans vos semaines de travail? ou même lors de vos congés habituels?!) et parce que les rayons réchauffent tout sans pitié, donc 7h n’est pas douloureux, foi de dormeuse ! Donc, le lever de soleil, magnifique, irise tous les matins de ce voyage, réchauffe le fraichement réveillé, et bientôt, la morsure des rayons devient plus soutenue, la chaleur se fait accablante, la solution est agréable : se jeter dans la mer encore chaude pour un petit bain avant de se mettre à pagayer. Et pendant tout ce temps – déjeuner, rangement du campement et chargement des kayaks, la lune continue son chemin.

Parlons-en de la Lune. Tout un personnage à part entière dans ce voyage! En cette début d’expédition, mi-octobre 2013, alors que le soleil se cache derrière les montagnes, elle prend place dans notre ciel, bientôt ronde mais pas encore complètement. Sa réverbération éclaire la plage, pas besoin des frontales pour se déplacer. La coquine éclaire tant que les étoiles se voilent et qu’à travers les moustiquaires de la tente, il faut se cacher les yeux pour dormir. Et puis vient le 18 octobre, milieu du voyage, jour de la pleine lune. Autant dire qu’on l’attend, la belle, assis dans le sable encore tiède, estomacs comblés, téquila avalée, les yeux fixant l’horizon de la mer. Encore une fois, pas un nuage en vue. Et doucement la lumière blanche apparait, les premières traces de lune se reflètent sur l’eau et un gros cercle blanc semble sortir de la mer. Immense, rond, blanc, il s’élève à une vitesse étonnante pour prendre sa place dans le ciel. Quel bel instant. La brise crée de petites vagues, ce soir, on laissera les kayaks en paix, mais demain, promis, on ira sur l’eau noire, sous la Lune, pagayer au calme face à l’astre céleste et sentir la chaleur accumulée dans la journée qui monte depuis l’eau (délicieusement tempérée) et s’exhale des falaises.

© Michel Clément
© Julie Betelu

Ce qui se retient d’un voyage comme celui-ci? Tout d’abord, cassons une crainte : il n’y a pas besoin d’avoir fait beaucoup de kayak dans sa vie pour y participer (et aimer!), ni d’avoir de gros bras. D’abord parce qu’on pagaie avec tout le haut du corps et non juste les bras, mais surtout parce que c’est vraiment relax! Assurez-vous d’aimer le kayak de mer (ce serait poche de se rendre compte du contraire dès le 2ème jour, alors qu’on ne peut plus faire demi-tour !), d’avoir suffisamment de crème solaire et n’oubliez pas votre tuba-masque. Le rythme varie selon les journées, 5 ou 6h maximum qui décroissent au fil des jours, et disons, si les conditions météo sont optimales, on s’offre même le luxe d’une journée de repos, sur une sublime plage où le snorkelling sera à l’honneur – rochers et coraux se disputent les fonds à quelques coups de palme du bord, qui s’en plaindrait?!

Ce qui est aussi frappant, c’est la beauté du désert et la vie qui règne. Des cactus comme dans Lucky Luke surmontés d’un charognard à tête rouge, des sols ocre, rouges, verts, blancs, c’est selon, des plages de sable blanc ou de roches noires, jonchées de coquillages et parcourues par les bernard l’ermite, les falaises qui dégringolent… Les goélands et pélicans veillent au grain tandis que les frégates les surveillent de haut. Si on s’enfonce dans la sierra, on observera surement de charmantes tarentules, sympathiques scorpions et parfois même de jolis crotales… hum. Côté mer, à quelques mètres du rivage, c’est déjà un régal pour les amateurs de vie marine. Un des voyageurs a recensé la semaine dernière pas moins de 40 espèces observées dans les jours précédents ! Les premiers petits poissons, même pas un centimètre de long, affleurent déjà le rivage, formant de petits bancs qui frétillent dans 5 cm d’eau. La prudence est de mise en entrant dans l’eau transparente, il faut traîner des pieds dans le sable, pour faire partir les raies avant de poser le pied dessus (la dame n’apprécie guère et fait jouer son dard pour parer l’attaque). Avec les palmes chaussées, ça donne une démarche d’enfer. Alors voilà, la Basse-Californie est une destination soleil-plage mais dans toute sa sauvagerie… rien à voir avec les resorts tout-inclus : il y a des dangers, on les connait, on les évite… et la nature n’en est que plus belle !

 

En bref, ce qu’on retient de ce voyage ce serait :

– que c’est bon d’être en vacances dans ces conditions !!

– que le kayak de mer est abordable pour tout le monde,

– que la beauté du désert et de la vie marine est exceptionnelle,

– que l’eau est claire et transparente, que le ciel nocturne est magnifique et que les levers et couchers des astres sont incroyables,

– que manger du poisson tout juste pêché, c’est délicieux!

Ça fait beaucoup d’adjectifs enthousiastes, je le concède volontiers, mais une image vaudrait mieux que tous ces mots. Cette image, il faut la vivre pour en percevoir tous les aspects. Et moi, j’ai eu la chance de la vivre avec un groupe très sympathique, merci à eux, il y a juste quelques jours…

 

De retour de ce voyage en Basse-Californie, je perds 30°C mais je crois avoir emmagasiné suffisamment de vitamine D pour tenir tout l’hiver… jusqu’au prochain départ du 21 avril ! Qui vient ?!

Karavaniers

Karavaniers

«Un camp de base à échelle humaine, sept à huit spécialistes voyages qui pour la plupart sont aussi guides. Un peu plus de 1000 voyageurs par an... assez pour nous donner les moyens de nos ambitions et assez peu pour nous permettre de rester des artisans du voyage d'abord.»

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