Archives de May, 2009

TRANSHUMANCES : Sur les chemins Karavaniers

7 May, 2009 par Pascal Guillaume
Publié dans Transhumances

Ce qui m’a donc intéressé en voyage, du moins ces derniers temps, était de retrouver une mesure de cette dépendance ancienne. Je voulais qu’un festival, quelque part, puisse me donner encore ce frisson particulier. Je voulais qu’il soit moins encombré de commerce que de cet étrange désir antique d’être partie prenante d’un cycle. J’ai donc couru quelques fêtes. Et trois régions d’Asie m’ont paru soutenir, en souriant, ma pauvre thèse mal étayée.

Naissance et fécondité au Népal : Chaque printemps, la cité de Bakthapur s’attelle au lourd travail de garantir la fertilité de son sol. Shiva et Parvati devront s’accoupler une fois de plus. Deux chariots immenses et bringuebalants se font une cour féroce sur la place centrale, tirés par des adolescents exubérants. Lorsque les préambules aux amours divins paraissent suffisamment avancés, on les pousse vers l’alcôve. Les chariots s’engagent alors dans une allée à forte pente avant de déboucher « plein gaz » sur cette place où se consumeront les espoirs de la ville. Les jeunes de Bakthapur, tout à leurs espoirs à eux, en oublient parfois de ne pas se laisser écraser sous les gigantesques roues et tandis qu’on porte en courant les corps ensanglantés, avec cette seule amertume de constater que les dieux ont toujours soif, la foule n’en poursuit pas moins l’effort d’accouplement. Shiva et Parvati ont quitté les chariots. Le premier est devenu un immense tronc d’arbre, de vingt mètres de long. La seconde un trou béant. Il ne reste qu’à s’assurer que l’un pénètre l’autre. La chose est moins simple qu’on croit. Deux équipes de deux cents hommes se relaient afin de tenter l’incroyable exploit de lever la verge d’un dieu. J’étais là, une nuit, à regarder tout ça lorsqu’une poussée

en va-et-vient cassa carrément le tronc en deux. Il tomba dans la foule. J’aperçu à peine les corps enlevés à la hâte et les ambulances pétaradant vers les hôpitaux. Déjà, Shiva avait une verge neuve et sur le sang des hommes qui avaient cru en lui, il se levait encore pour fertiliser Parvati. Longtemps après, en gémissant fortement, le dieu s’unissait enfin à la déesse. Aussitôt, tous les célibataires s’agglutinèrent sur les cordes afin d’escalader le tronc. Le premier, à vingt mètres du sol, triompha. Quelquefois, m’a-t-on raconté plus tard, il arrive que certains tombent. Pas lui. Mais à chevaucher ainsi la verge de Shiva, il obtenait pour sa personne ce qu’avait obtenu la ville. C’est-à-dire une fertilité certaine. Ce détail, toutes les jeunes femmes qui le regardaient avec admiration, n’étaient pas sans le savoir et l’espérer.

Vieillesse et mort chez les Toraja : Dans les montagnes de Sulawesi, alors que les rizières s’effondrent en périlleux escaliers, j’avais été tenté de croire que les hommes avaient su trouver ici une sérénité quasi-nonchalante. Et justement oui. Seulement, c’était pour le plus invraisemblable des évènements : c’est-à-dire la mort. Après tout, n’est-elle pas cette apothéose vers laquelle tout devrait tendre ? On construit donc pour ce défunt qu’on appelle tomate quelque chose de temporaire mais qui n’est pas sans ressembler à une petite cité. Là-dedans se garantit le succès ou l’échec de cette vie terminée grâce au nombre parfois délirant de buffles blancs et de cochons sacrifiés devant l’assistance. Ce qu’il avait montré de générosité en honorant les tomate précédents se répercutera au moment où seront montrés pour lui les animaux condamnés. Il est bon, si possible, de venir de loin pour la cérémonie funéraire. Qu’un étranger ait pu traverser des mers, qu’il ait pu dépenser des sommes ici colossales afin d’assister à cette dernière fête d’un toraja des montagnes, n’est-ce pas toujours la meilleure preuve qu’il avait été assez important pour ne pas mourir obscurément. Nous étions, ce jour-là, les seuls blancs dans le petit village. L’homme avait été musicien. Il avait 28 ans. Sa femme était enceinte. Je ne crois pas avoir réalisé avant d’apercevoir les yeux du père tout ce que représentait notre minuscule présence. Après les sacrifices des animaux, une longue ronde s’est formée autour du grand cercueil. D’autorité, la grand-mère avait pris ma main et celle de ma compagne. Lorsqu’elle voyait qu’on ne levait pas assez les bras, elle les levait pour nous avec une joyeuse férocité. Il fallait, sous peine de se faire rabrouer, suivre les pas de la ronde. J’allais rechigner d’être si bien mené en bourrique. Mais j’ai vu une fierté gigantesque dans les yeux du père. Et ce sourire de la veuve, un instant soulagée d’avoir si bien pleurée. Alors on est resté. Lorsque la grand-mère a bien voulu nous relâcher les mains, ensuite, c’est qu’elle avait remarqué que son fils hésitait trop à terminer la ronde. La vie du jeune musicien, on savait tous qu’elle n’avait pas été vaine, mais il n’était pas facile au père de la laisser s’enfouir. Alors on est parti.

Vide à Bali : L’île enchanteresse organise tous les ans la plus étonnante manifestation insulaire. C’est qu’elle n’a jamais ignoré que le bonheur attire les envieux. Elle le sait d’autant mieux depuis que quelques bombes posées par d’autres ont ajouté sur l’île une lourdeur nouvelle. Ce qui arrive est simple. Les démons sont joueurs. Ils aiment s’abattrent sur les hommes, les chahuter comme du riz qu’on frappe pour faire tomber les grains, faire naître des cendres et du feu. Ils font chaque année leur ronde néfaste au-dessus de la Terre. Lorsqu’ils aperçoivent de la vie, ils s’y jettent sauvagement. Pour être heureux, avait dit quelqu’un qui n’était pourtant pas balinais, vivons cachés. C’est tout à fait ça. Il suffit de savoir à quel moment passent les démons. Et ce jour-là, s’arranger pour que l’île paraisse totalement vide. Ce jour-là, Bali cesse d’exister. Où trouve-t-on ailleurs un aéroport complètement fermé 24 heures dans le seul but de voir voler les démons sans qu’ils s’y posent ? Une nuit où toutes les lampes électriques doivent être éteintes ou cachées ? Une journée où personne n’a le loisir de sortir de chez lui, où aucune musique ne doit tenter l’oreille, aucune voix attirer l’attention ? J’aime assez l’agréable prix de ce festival du silence, de cette démonstration du vide. J’aime qu’il implique autant le paysan dans son village que le touriste dans son hôtel. N’est-on pas tous gagnants ? Une fois de plus, les démons n’auront pas aperçu Bali. Une fois encore, elle est sauvée. Grâce à ce jour de Nyepi, son enchantement véritable continuera de marquer les hommes. Et moi le premier.

Pascal Guillaume

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S’inscrire sur nos voyages : les étapes à suivre!

7 May, 2009 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

Par où commencer?

Parler avec un membre de l’équipe Karavaniers.
Pour tous nos voyages, qu’il s’agisse d’une ascension au Népal ou d’un voyage dans les contrées moins sauvages d’Europe, nous avons à cœur de rencontrer toutes les personnes désirant voyager avec nous. Et ce, avant même de pouvoir s’inscrire, bien sûr!

Pourquoi?
L’objectif est de juger au regard si vous êtes capable de faire le voyage qui vous intéresse… Mais non! Il s’agit surtout d’avoir un entretien en profondeur avec nos voyageurs, de déterminer avec vous vos besoins et de définir les limites qui sont les vôtres (temps, argent, forme physique, motivation personnelle, etc.). À l’occasion de cette rencontre, nous sortirons aussi nos cartes et nos images, pour ceux et celles qui aiment voyager avec leur imagination avant de partir vraiment! Et puis surtout, nous répondrons à toutes vos questions, même celles pour lesquelles il nous faudra imaginer une réponse : que mange-t-on le samedi midi? Quel temps fera-t-il le mardi après-midi? Quel est le petit nom du mulet ou du dromadaire qui portera mes affaires?…

Je ne reste pas à Montréal!
Bien entendu, les personnes qui résident en dehors de Montréal n’auront pas nécessairement l’occasion de venir nous rencontrer à nos bureaux. Dans ce cas-là, l’entretien sera téléphonique. Encore une fois, l’objectif n’est pas de mesurer votre aptitude à l’aune de votre apparence physique mais de bien vous expliquer la notion d’engagement sur un voyage Karavaniers, de vous décrire dans ses grandes lignes le ou les voyages qui vous intéressent, et de déterminer avec vous si ce ou ces voyages répondront bien à vos attentes.

Conférences
Bien que l’objectif de nos conférences ne soit pas de vous donner le détail de nos itinéraires au jour le jour, ni de prendre des inscriptions, elles restent un excellent moyen d’arrêter votre choix ou de confirmer votre intérêt pour une destination. Ces conférences sont données par des guides Karavaniers qui, le plus souvent, ont déjà guidé les voyages qu’ils présentent. C’est donc l’occasion de leur poser toutes les questions qui vous passent par la tête! Si vous ne restez pas à Montréal, les conférences sont aussi une bonne façon de venir nous rencontrer en personne puisque nous nous efforçons d’en donner un peu partout au Québec.

Et après?

Inscription et dépôt
Au terme de cet entretien, si votre intérêt pour nos voyages est confirmé et que nous avons déterminé ensemble que vous pouviez y participer avec l’assurance d’en retirer le maximum de plaisir, nous vous enverrons par courriel un accès Internet aux fiches d’inscription qu’il vous faudra remplir pour confirmer votre inscription, ainsi qu’à une liste d’équipement détaillée pour votre voyage. Une fois les fiches d’inscription remplies, approuvées et signées électroniquement, il ne manquera qu’un dépôt de 450$, payable par chèque ou en argent comptant, pour garantir votre participation au voyage de votre choix

Avion

La grande majorité de nos voyageurs font appel à nos services pour acheter leur billet d’avion. Mais comme nous ne sommes pas une grosse agence de voyages internationale, nous ne pouvons pas bloquer des sièges indéfiniment sur des vols déterminés des mois à l’avance. Nous devons donc faire une recherche de vols au cas par cas. Cette façon de procéder vous assure cependant d’avoir l’heure juste, c’est-à-dire : le prix du marché au moment de l’achat, plutôt qu’un tarif aérien artificiellement gonflé pour prévenir les fluctuations imprévisibles des prix.

Billets d’avion, assurances de voyage et paiement final

L’achat des billets d’avion, payable le plus souvent par carte de crédit, et des assurances de voyage (si vous en avez besoin) se fait quand le départ est confirmé ou dès votre inscription, si le départ est déjà confirmé. Le paiement final de la portion terrestre du voyage, payable par chèque ou en argent comptant, est exigible 2 mois avant votre départ (3 mois pour les voyages au Pérou).L’achat des billets d’avion, payable le plus souvent par carte de crédit, et des assurances de voyage (si vous en avez besoin) se fait quand le départ est confirmé ou dès votre inscription, si le départ est déjà confirmé. Le paiement final de la portion terrestre du voyage, payable par chèque ou en argent comptant, est exigible 2 mois avant votre départ (3 mois pour les voyages au Pérou).

Avant le départ

Sac de transport
Quand votre départ est confirmé, nous vous donnerons un sac de transport dont la taille varie de 60 à 120 litres selon votre destination. Pour la grande majorité de nos voyages où le camping est de mise, la taille de ce sac est de 90 litres. C’est dans ce sac que nous vous demanderons de mettre vos effets personnels à l’occasion de votre voyage.

Excursion avec Détour Nature
Tous nos voyageurs bénéficient d’une excursion gratuite d’un jour avec Détour Nature. L’activité de cette excursion correspond à l’activité principale de votre voyage. Cette sortie de plein air peut-être l’occasion de rencontrer vos compagnons de voyage. Nous vous offrons en effet la possibilité de partager avec eux vos coordonnées afin d’organiser, à votre convenance et sur une base volontaire, une rencontre pré-départ.

Rencontre avec votre guide
Nos guides sont dispersés un peu partout au Québec et ailleurs dans le monde. Il ne vous sera pas possible, le plus souvent, de rencontrer le vôtre avant votre départ. Vous le retrouverez à destination, à votre arrivée à l’aéroport. Cependant, si vous avez des questions très spécifiques sur la destination de votre choix et auxquelles seul un guide est capable de répondre, nous nous efforcerons, dans la mesure du possible, de vous mettre en contact avec lui.

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