Sven Hedin (Tibet, 20e siècle)

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Sven Hedin (Tibet, 20e siècle)

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Kaïlash, la montagne sacrée!
Crédit photo – Pascal Guillaume

Savez-vous exactement la première chose qu’a faite Younghusband, en 1904, au moment où les troupes anglaises qu’il dirigeait ont envahi Lhassa ? Il écrivit une lettre d’excuse à Sven Hedin.

C’est dire l’influence du personnage. Et son plus grand paradoxe. En effet, le moins timoré des explorateurs tibétains, le seul qui puisse approcher – j’oserais d’ailleurs dire dépasser – la gloire sans partage des vadrouilleurs africains (Livingstone, Stanley, Speke, Burton et les autres), celui des chemins innombrables, des théories interminables et des lectures démesurées, cet homme-là est encore le seul à n’avoir jamais pu rejoindre Lhassa. Pensez à une force de la nature, à quelqu’un qui avait su si rapidement qu’il ne rêverait jamais d’autre chose qu’il pouvait s’endurcir, encore adolescent, en se glissant l’hiver sous les eaux suédoises. Imaginez quelqu’un de si téméraire au moment d’un premier voyage qu’il courtise aussitôt le c½ur du plus vaste désert après le Sahara, soit le Takla Makan, dans l’espoir fou de trouver sous les sables quelque chose des voies anciennes de la soie, qu’il y parvient d’ailleurs presque, mais que l’expédition s’enlise ensuite au point où les chiens, les autochtones et même les chameaux y succombent tour à tour, tout le monde sauf Hedin qui survit jusqu’au bout. L’homme était du genre à défoncer les portes plutôt qu’à les ouvrir. Malheureusement pour lui, Lhassa n’était plus à prendre.

J’ai eu la bonne fortune de trouver à Katmandou, il y a quelques années, une réédition indienne et poussiéreuse de son projet le plus ambitieux et le plus démesuré. Il s’agit de neuf volumes appelés South Tibet et de trois hors-textes ahurissants pour cartes monumentales (60 cm par 45 cm, pour vous donner une idée). L’auteur développe là-dedans une thèse compliquée qui laisse aujourd’hui rêveur. Hedin est certainement le premier à prouver complètement que ce mont Kaïlash à la sainteté exceptionnelle n’était pas un leurre religieux de plus, qu’il existait réellement au point que les livres sacrées lorsqu’ils racontaient une montagne aux quatre sources miraculeuses n’exagéraient pas du tout. Il les avait retrouvées : Sutlej, Brahmapoutre, Gange et Indus. De cela, il parle abondamment. Mais il ajoute une théorie supplémentaire. Selon lui, cette chaîne nouvelle de montagnes au centre de laquelle avait poussé Kaïlash (les Transhimalayennes), il nous assure que c’est la plus élevée. Qu’elle surpasse Everest et Himalaya.

D’où la question qui revient. Un homme a-t-il perdu parce qu’il s’est trompé ? Speke l’Africain, par exemple, le grand chasseur benoît, le benêt colonial, vaut-il mieux que Burton-le-polyglotte pour la seule raison qu’il a joué gagnant sur la source du Nil ? L’Histoire paraît vouloir répondre oui. Mais n’est-ce pas qu’il faudrait s’époumoner à lui rétorquer non

Tibet – Népal : Kaïlash , à l’origine du monde,  30 jours, niv.3+
Prochain départ: le 10 octobre 2009.

Pascal

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