Archives de février, 2008

À chaque jour suffit sa peine…

14 février, 2008 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Sur le fouillis ritualisé à Bali et ailleurs (ou, ce qui revient au même, sur l’interdiction formelle de faire simple quand on peut faire compliqué)

Sur mon grand bureau noir devant la fenêtre, j’ai placé le livre qu’un ami balinais m’a laissé afin de m’éviter le constant ridicule de faire devant lui bien des choses à l’envers - explication que je venais justement de l’envers du monde ne l’ayant pas tout à fait convaincu - et de m’embrouiller régulièrement les pattes dans les rizières de traditions de son petit lopin d’île. Si vous pensez un instant que notre Québec des règlements bidons est un maître en la matière (et j’affirme qu’il l’est), je crois pouvoir vous dire qu’il n’arrive encore qu’en seconde position.

D’accord, vous n’arrosez plus le gazon qu’en certains jours précis de l’année (par exemple en janvier), on vous menace d’écartèlement si vous ne séparez pas encore vos poubelles en quarante sacs différents qu’il faut d’ailleurs que vous achetiez vous-même, vous ne fumez qu’en cachette et n’avez plus trop le droit de pousser un pet de travers sans qu’un voisin teigneux se plaigne aussitôt du bruit de vos exsufflations. C’est déjà beaucoup. Mais pensez un peu au calvaire balinais des jours propices. Je vous donne des exemples burlesques (mais véridiques) : mon chat me tombe sur les nerfs et je voudrais le mettre en cage quelques heures pour qu’il ne saute plus sur les rayonnages de la bibliothèque. Impossible monsieur, il y a des jours pour ça. Le premier du mois, le 23, le 25 et le 30. Ou alors j’ai un truc à vendre, un vieil ordinateur ou un chandail percé. Impossible encore à moins d’attendre le 3, le 9, le 15 ou le 21. Une tempête de vent arrache une partie de mon toit à la saison des pluies (ça nous est arrivé). Des réparations monsieur ? C’est d’accord. Mais s’il avait fallu refaire le toit au complet avant que les meubles ne flottent du côté des rizières, j’en connais quelques-uns qui n’auraient pas voulu. Impossible monsieur, sinon le 15 et le 21. Et puis la folie des déménagements du premier août au Québec. Et bien ici, c’est pareil. Sauf qu’on ne bouge que le 21 ou le 23. Pour tout vous avouer, je n’ai pas encore osé ouvrir le terrifiant opuscule à la page propice des jeux amoureux, des aventures extraconjugales, ni à celle où il est sans doute catégoriquement interdit de se laisser mourir à certaines heures sans permission (ce qui est tout de même embêtant lorsque ça vous arrive).

Je sais très bien ce que vous allez me dire et je suis d’accord avec vous. Ces traditions à l’emporte pièces sont justement la raison pour laquelle Bali est ce paradis artistique et minutieux. S’il n’y avait pas ces aberrantes journées propices, si tous les nouveau-nés ne recevaient pas cette suite abracadabrante de dates pour les plus justes moments de leur parcours personnel (du premier baiser à l’heure exacte du mariage), si chaque temple n’avait pas sa journée favorable, si chaque balinais n’avaient pas trois cérémonies à offrir à son temple familial avant de passer le flambeau à son fils aîné, s’il n’y avait pas toutes ces kermesses des dieux mineurs, de chance à faire tourner, de blason à faire reluire, de faute à expier, Bali serait un endroit comme un autre avec des gens ordinaires. Ce n’est pas le cas. C’est pourquoi mon copain Ketut vient souvent s’en plaindre sur ma terrasse, écroulé sur le coussin thaïlandais. Il me dit que c’est compliqué (c’est le moins qu’on puisse dire !). Il murmure qu’il envie presque ma phénoménale incapacité à voir les jours autrement que l’un après l’autre. Pour rigoler, il me rappelle même mes propres ennuis lors de la cérémonie d’ouverture de la maison (c’est-à-dire ce moment où il faut demander poliment à la déesse du riz d’emprunter sa rizière pour une vingtaine d’années et lui promettre sagement de la lui remettre ensuite). On s’était alors battu quelques semaines avec le prêtre au sujet des poulets à sacrifier, sachant qu’il en fallait un nombre impair pour la maison, le puits et l’autel. Le tracas, là comme ailleurs, est encore de jongler entre une tradition dans laquelle le respect de la terre et des autres mérite qu’on s’y arrête et l’intérêt souvent mercantile des quelques-uns qui s’en servent pour multiplier leurs profits à partir de salamalecs cérémonieuses. Le prêtre voulait régler d’un coup (et sur mon dos) le problème de la grippe aviaire en Indonésie. Ketut croyait au contraire qu’un seul poulet était bien suffisant pour une divinité rizicole qui ne mourait pas vraiment de faim à Bali. Disons simplement qu’on a perdu, depuis, le joli privilège d’être bénis par cet Attila des poulaillers.

Pourtant, c’est également Ketut qui me rappelle en fronçant les sourcils les exemples éloquents et superstitieux de ceux qui n’ont plus garni leurs temples de fleurs et d’offrandes et les conséquences habituelles de ces abandons, soient perte d’argent, riz gâché ou naissance féminine. C’est aussi lui qui laissa, par un de ces hasards qui font si bien les choses, l’affolant opuscule du bout de ma table.

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14 février, 2008 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

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Crédit photo - Richard Rémy

Il y a un an, la Maison Mer & Montagne voyait le jour à Montréal. Aujourd’hui, cette association a besoin du soutien de ses membres, mais aussi de tous les amoureux du plein air non motorisé.

Message d’Yves Plante, directeur général de la Maison Mer & Montagne :

Au cours de la dernière année, vous avez été nombreux à embarquer avec nous dans cette belle aventure qu’est la Maison Mer & Montagne.

Près de 40 aventuriers, tous passionnés de plein air non motorisé ont généreusement donné plus de 50 conférences, ateliers ou expositions et vous avez été environ un millier à accepter leurs invitations. Vous avez tous succombé au charme et à l’ambiance chaleureuse du grand loft de la Maison Mer et Montagne. Une agora du plein air, parsemée de livres, de magazines et de films d’aventure, et où la simplicité et la générosité des gens font de cet espace un lieu d’échange unique.

Pour rêver d’un tel endroit nous n’avions qu’à aimer le plein air. Pour oser lui donner vie, nous devions être passionnés, débordant d’imagination et sûrement un peu fou. Pour que cette association puisse continuer à vivre et grandir « au pays du ski-doo et du gros char », il faut être audacieux, persévérant et être appuyé par de nombreuses personnes.

Malgré tous les efforts déployés, le nombre de membres et de participants aux activités ne suffisent pas à rencontrer les dépenses de l’association. Une implication hors du commun allant bien au-delà du simple geste bénévole lui a permis de faire les premiers pas, mais pour continuer dans sa forme actuelle, la MMM a besoin d’augmenter le nombre de ses membres et de ses partenaires, en plus de diminuer ses dépenses…

La Maison Mer et Montagne lance un appel à tous. Grâce à vos idées, vos suggestions et votre appui financier (carte de membre), la MMM peut relever le défi. Stimulez votre imagination, communiquez avec vos partenaires de plein air, vos relations d’affaires, vos voisins, etc. Téléphonez-leur, envoyez-leur un courriel, une lettre, etc. Dites leurs d’appuyer la MMM en devenant membre.

Vous connaissez une association, une entreprise ou une personne qui cherche un local sympathique et dont les activités ne sont pas en contradiction avec les buts de la MMM ? Dites-leur qu’il y a sur le boulevard Saint-Laurent une association et un grand loft qui les attend.

Je m’adresse ici à tous ceux qui souhaitent que la voix du plein air silencieux, celui qui n’est pas motorisé, celui qui ne saccage pas l’environnement puisse se faire entendre. Cet appel à tous s’adresse également à tous ceux qui ne viendront jamais à la Maison Mer et Montagne mais qui partagent nos valeurs.

Les 2 prochaines rencontres MMM sont :
Mercredi 13 février - Soirée Voile avec Yves Plante (2/3)
Mercredi 27 février - Soirée Voile avec Yves Plante (3/3)

Merci de confirmer votre présence en contactant directement l’association >>

Au plaisir,

Yves Plante
Directeur général