Archives de janvier, 2008

À un doigt près…

10 janvier, 2008 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Où l’on s’instruit du code de la route dans une bagnole bringuebalante et caractérielle (et ce qu’il advint d’ubuesques mécanos chinois lorsqu’ils mirent le doigt sur le problème)

Notre véhicule était une espèce de jeep démodée, rouillée et militaire, photogénique dans la mesure où nous avions l’air de rouler en 1940 et qu’elle nous donnait cette allure d’explorateurs à la dérive prêts à tous les exploits afin de ne pas finir essorillés par des voleurs de grands chemins aux débordements intempestifs. C’est du moins ce qu’on se racontait tous les soirs lorsqu’on était en panne. La vérité était moins romanesque. Nous conduisions cette bourrique malodorante pour quelques raisons faciles, déjà parce qu’elle était discrète sur les pistes malgré le bruit pétaradant d’un moteur à l’agonie et n’attirait pas l’attention chinoise sur deux étrangers dont les permis n’étaient pas exactement en règle (c’est le moins qu’on puisse dire), ensuite parce qu’elle n’avait aucune composante électronique, ce qui n’était pas sans nous rassurer au moment des réparations qui se multipliaient puisqu’on pouvait facilement trouver les pièces de rechange, et enfin, pour la banale explication que les pires voitures sont encore les moins chères à obtenir. Nous avions même donné un nom à l’odieuse haridelle. Nous l’avions surnommée cocotte. Et cette cocotte-là n’entendait pas à rire. Chaque colline de plus de deux minutes lui mettait si bien le moteur en rogne qu’une fumée sombre lui sortait des naseaux, au point qu’il fallait attendre calmement que son humeur refroidisse ou alors ouvrir carrément le capot, sortir la tête par la fenêtre, et poursuivre la montée sans trop y voir grand-chose. Chaque matin, c’était une galère épouvantable pour la faire démarrer. Il faisait froid et l’eau du radiateur gelait profondément. J’en vois qui s’étonnent. Et l’antigel que diable ? C’est tout le problème. Une sympathique tradition orientale suppose qu’il est nocif (voire périlleux) d’utiliser de l’antigel. Donc on n’en trouve jamais. La solution est du reste assez simple. Avant d’aller déjeuner dans un boui-boui quelconque, le chauffeur allume un petit feu sous son véhicule. Lorsqu’il revient, l’auto est chaude – ou brûlée. Le meilleur truc est encore de stationner son engin assez loin du restaurant.

Quelque temps après ces péripéties liminaires, nous avions obliqué vers le désert du Qaidam à la recherche des laissés-pour-compte des armées de Gengis Khan. La piste ondulait entre des dunes de sable. C’est moi qui conduisais et cocotte se tenait tranquille. Tout allait presque bien. J’ai donc accéléré, ce qui était ridicule puisque l’accélérateur se bloqua forcément. Nous sautions désormais d’une ornière à l’autre comme un aéroplane en mal de décollage. J’ai visé la première dune à gauche et vlan dans le banc de sable. Pour la seule fois de ma vie, j’étais vraiment au fond d’un désert ! Et j’en avais plein les dents.

Le plus étrange est pourtant ce qui va suivre. On s’est d’abord extirpé de la dune et on est reparti. Le paysage s’allongeait en montagnes sèches sur lesquelles venaient buter des pistes de léopards des neiges et de chameaux de Bactriane. C’était un monde mangé de soleil et de sable. Puis brusquement, le moteur s’est échauffé (sans le moindre soupçon de colline en vue). Je regarde l’hélice du radiateur. Elle touche à
la tôle. Je pense à un effet de l’accident. Sauf qu’il ne s’agit pas de tôle ondulée sur un moteur intact mais d’une tôle intacte sur un bloc moteur complètement dévissé qui ne tient plus que par l’hélice. On arrête donc dans un village minuscule où le sable s’accumule jusque sous les fenêtres. Deux hommes viennent regarder le désastre. Le premier plonge immédiatement une main dans le moteur tandis que le second (allez savoir pourquoi ?) s’amuse avec le démarreur. Évidemment, la courroie du moteur s’emballe et l’un des doigts du mécano est tranché net. On tire certainement une drôle de tête puisque nos deux énergumènes nous regardent en rigolant. Je ramasse tout de même l’index du premier hurluberlu et lui redonne. Celui-ci n’en paraît pas autrement contrarié. Il regarde le doigt qui manque avant de partir vers la clinique du village tandis que l’autre continue sa découverte éberluée du système d’allumage. Notre blessé nous revient dix minutes plus tard avec neuf doigts et un bout de tissu sanguinolent. Il remonte aussitôt sur le capot. L’autre n’a pas bougé et gratouille toujours le tableau de bord. Quant à nous, on se dit qu’on aimerait bien repartir un jour de ce village de fou mais qu’au rythme où vont les choses la voiture sera irréparable dans quatre-vingt-dix minutes, par manque de doigts.

Mon ami retire donc prestement la clé de contact. Dans l’histoire, c’est plutôt notre fuite qu’on protégeait.

L’usage du monde (Nicolas Bouvier)

10 janvier, 2008 par Pascal Guillaume
Publié dans Sur le bout de la langue

Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C’est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n’a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.

S’il fallait définir vraiment la raison des départs et l’essence des voyages, non pas seulement dans ce qu’ils donnent mais aussi dans ce qu’ils sont capables de prendre, donc la notion de risque, d’où la notion de bonheur, c’est vers ce récit-là qu’il faudrait pencher. Tout est d’une lenteur amusée dans cette heureuse dérive entre la Suisse et l’Inde. Bouvier hésite, tombe, recule, apprend, oublie, doute, exulte. On sent qu’il se procure une provision d’espace qui ne le quittera plus, qu’il se fait l’½il brillant, la tête droite, le c½ur sensible. Le reste (notamment Chroniques japonaises) sera forcément nostalgique. On ne remonte jamais d’avoir si bien coulé.

Carte postale - janvier 2008

10 janvier, 2008 par Matthieu Saillant
Publié dans Carte postale

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Crédit photo - Karavaniers

Les fromages corses!

En parlant de la France, Charles de Gaulle se serait un jour exclamé: « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 246 variétés de fromage? » Il devait penser plus particulièrement à la Corse en disant cela…

La réputation des fromages corses est explosive! (Il faut lire Astérix en Corse pour comprendre l’allusion…) Si elle est un peu exagérée, elle a quand même une part de vérité… Disons que oui, ils sentent fort. Très fort même. Et en ramener dans ses bagages ne manque jamais d’attirer l’attention olfactive des douaniers!

Mais qu’est-ce que c’est bon! Quel miracle qu’un aliment qui dégage de telles effluves soit aussi divin en bouche! Les mystères de l’affinage… Mais ce n’est pas tout! Il y a aussi le vin, les saucissons, les herbes, les viandes… Bref, un voyage digne de ce nom, que l’on aille en Corse ou ailleurs, c’est aussi découvrir des cultures culinaires souvent exceptionnelles. Nos voyages ne manquent jamais de prendre cette évidence en compte!

Corse - Belle, mais moins rebelle, 15 jours, niveau 1+
Prochains départs: le 17 mai et le 7 septembre 2008

C’est facile d’aller jouer dehors!

10 janvier, 2008 par Matthieu Saillant
Publié dans ADN

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Des hauts, des bas… L’hiver joue au yoyo, oscillant entre blizzards précoces et redoux extrême! Pendant ce temps-là, Détour Nature ne prend jamais de congé et organise :

  • des sorties d’une journée,
  • en raquette et en ski de fond,
  • au départ de Montréal en autobus,
  • tous les samedis et tous les dimanches!
  • Comment ça marche?

    Les choses sont simples avec Détour Nature! Pour parfois aussi peu que 45$ par personne et rarement plus que 52$, on vous conduit dans un autobus très confortable là où l’on trouve les meilleures conditions de neige (donc pas de covoiturage à organiser et une neige qui n’a rien à voir avec la slush de Montréal!). Pendant la journée, des guides vous accompagnent dans des groupes de niveau facile, intermédiaire ou avancé.

    Où ça? Dans la Vallée du Bras-du-Nord, dans les parcs du Mont Mégantic, de la Mauricie, de la Gatineau, du Mont Tremblant, du Mont-Orford, au Vermont, dans les Adirondacks, etc. Vous pouvez aussi partir pour de longues fins de semaine dans Charlevoix, les Monts Chic-Chocs en Gaspésie ou les Monts Valin au Saguenay.

    Ne vous contentez plus du Parc Maisonneuve et du Mont-Royal en hiver. Sortez de la ville et prenez l’air! En plus, vous êtes en bonne compagnie pour parler voyage, vous maintenir en forme et partager votre passion pour le plein air. Joindre l’utile à l’agréable!

    Retrouvez toutes les destinations et le calendrier des activités de Détour Nature >>
    Pour contacter Détour Nature, faites le 514-271-6046 ou écrivez à info@detournature.com

    Karavaniers a 10 ans

    10 janvier, 2008 par Richard Rémy
    Publié dans Éditorial du eCourrier

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    Richard raconte ses voyages…
    Crédit photo - Karavaniers

    Il faut croire que l’idée était bonne…

    Mais comment souligne-t-on cela?

    D’abord une fête! Elle se fera à l’interne évidemment, mais aussi et surtout avec vous, nos voyageurs. Nous préparons un grand rassemblement qui se déroulera cet été. Tous ceux qui ont voyagé avec nous au cours des 10 dernières années seront invités! Nous vous donnerons plus de détails en mars.

    Quoi d’autre? Des nouveaux voyages et des nouvelles idées! Il y a bien sûr la récente acquisition de Détour Nature. Pour vous, cela se traduira dans les 2 prochaines années par de nouveaux voyages plus courts en Amérique du Nord : l’Ouest Américain, les Everglades, le Yukon, les Rocheuses…Un bien beau terrain de jeu! Mais il y aura des voyages plus longs aussi, comme à l’habitude.

    D’abord il y aura cette étoile filante dont on vous a déjà parlé: le Kanchenjunga en octobre. Nous sommes également en train de préparer une expédition au Groenland, dans le fjord du Scorebysund, au Nord du Nord. La Chine sera prochainement à l’agenda aussi… mais après les Olympiques seulement! Et puis il y aura ces pays qui nous échappent toujours: Kirghizstan, Tadjikistan… Quoi d’autre encore? La Nouvelle-Zélande, l’Afrique australe… Mais n’en disons pas plus! On ne peut pas tout vous dévoiler… Pas déjà.

    Au niveau local, avec Détour Nature, une école d’eau vive verra le jour dès cet été sur la rivière Rouge (nous y avons un terrain formidable). L’offre de kayak de mer (sorties et voyages courts) sera grandement augmentée et des formations originales seront offertes. Le canot-camping refera son apparition aussi. Nous n’oublierons pas non plus de vous offrir de nouvelle sorties à pied et à vélo. Vous trouverez les détails de cette programmation originale sur le nouveau site Internet de Détour Nature, à la fin du mois février. Et puis pour ceux qui désirent le recevoir, il y aura aussi un courriel « ADN » qui vous informera régulièrement sur les Activités de Détour Nature…

    Merci à tous ceux qui nous accompagnent. Merci a ceux qui sont là aujourd’hui… et particulièrement à ceux qui sont là depuis le début. Je parle ici des guides mais aussi des voyageurs.

    Il y a 10 ans, l’idée était bonne… Elle l’est encore!

    Richard Rémy