L’usage du monde (Nicolas Bouvier)

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L’usage du monde (Nicolas Bouvier)

Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C’est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n’a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.

S’il fallait définir vraiment la raison des départs et l’essence des voyages, non pas seulement dans ce qu’ils donnent mais aussi dans ce qu’ils sont capables de prendre, donc la notion de risque, d’où la notion de bonheur, c’est vers ce récit-là qu’il faudrait pencher. Tout est d’une lenteur amusée dans cette heureuse dérive entre la Suisse et l’Inde. Bouvier hésite, tombe, recule, apprend, oublie, doute, exulte. On sent qu’il se procure une provision d’espace qui ne le quittera plus, qu’il se fait l’½il brillant, la tête droite, le c½ur sensible. Le reste (notamment Chroniques japonaises) sera forcément nostalgique. On ne remonte jamais d’avoir si bien coulé.

Pascal

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