Archives de novembre, 2007

Fort de café!

1 novembre, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Comment voyager en Éthiopie (ou les extravagantes aventures d’un chroniqueur en vacances et de ce qu’il ose en raconter ensuite)

Et si j’avais l’audace d’affirmer solennellement dans cette fâcheuse chronique que tous les pays sont fous. C’est dingue non ? J’en vois déjà qui rechignent, qui s’apprêtent à dénoncer cet impoli qui ne comprend rien au droit inaliénable des pays à disposer d’eux-mêmes (et à faire rire les autres). Comme s’il n’était pas suffisamment hilarant d’être incapable de mettre le nez dehors, à Ville-Émard par exemple (je parle en connaissance de cause), sans qu’un voisin de balcon s’invite aussitôt dans une discussion qu’il est bien le seul à vouloir commencer. Comme s’il était sérieux d’écouter le grand concert des lignes ouvertes, de ceux qui proposent inlassablement d’obtenir Crosby, Lecavalier et Brodeur pour quatre bâtons pourris qu’ils auraient au garage à ceux qui nous racontent continuellement leurs problèmes de testicules pour qu’un animateur au caractère plus exécrable que le mien leur coupe tout à la fois la parole et le reste d’honneur qu’ils gardaient aux culottes. Orgueil national, je veux bien. Mais rigolade aussi. D’où ce petit essai des scènes de la vie quotidienne. Aujourd’hui elles seront éthiopiennes.

Vous y débarquez donc, tout frais d’un vol d’une quinzaine d’heures. Le pays est magnifique, un long plateau vert qui s’assèche peu à peu vers le nord. On vous dit que l’autobus vers Gondar est à 3 heures. C’est une bonne nouvelle. Pas tout à fait puisque vous le ratez pour la curieuse raison que ce 3 heures est en réalité 9 heures du matin du fait que les abyssins ont cette fascinante habitude de compter les heures par douze, de l’aube jusqu’à la nuit, et qu’un réveil à 6 heures du matin ressemble ici à la quête d’un zéro horloger (genre minuit avec du retard). Qu’importe, nous prendrons le prochain autocar. Notez aussi qu’il peut faire excessivement chaud sur le plateau, surtout vers Bahar Dar. Vous ouvrez donc la vitre du prochain autobus. Ce n’est pas vraiment une bonne idée. Les passagers vous parlent de vent qui s’infiltre, de maladie qu’on attrape, du danger manifeste et sournois de recevoir sur la tronche le plus insignifiant courant d’air. C’est justement à ce moment que vous remarquez que tout le monde sue à grosses gouttes, que l’étuve est surtout intérieure et qu’il se mêle peu à peu quelque chose d’une odeur tandis que certaines femmes aux estomacs fragiles n’ont assurément pas l’idée fantaisiste d’ouvrir une fenêtre pour s’épancher à l’extérieur. Heureusement que les arrêts sont fréquents. Par exemple, je sais déjà que vous allez connaître tous les amis du chauffeur, qu’il vous invitera à déguster du qat avec son copain Salomon, qu’il fera sa sieste digestive de l’après-midi, qu’il s’amusera d’un long détour pour saluer une fille qu’il drague de fois en fois, qu’il portera le courrier des autres moyennant quelques sous. La destination finale lui paraît quelque chose d’assez secondaire. C’est une opinion comme une autre. Mais au bout de trois jours, vous aurez la surprise d’apercevoir les vieux palais de pierre de l’époque gondérine. Vous titubez alors jusqu’à l’hôtel. Incapable de vous remettre immédiatement des cahots du chemin, vous cherchez distraction au cinéma local. Celui-ci se trouve dans un vieux bâtiment italien Art Déco, usé comme la salle de fête d’une école secondaire. Pour quelques sous, vous avez droit aux places de choix, c’est-à-dire au-dessus des autres sur une balustrade branlante à côté du moteur des projecteurs. Quant au film, je vous donne un exemple vécu. Killing machine que ça s’appelait. Une histoire de camionneurs des années 80 et de la destruction (ô combien intéressante) d’un chargement de tomates, ce qui engendrera (on s’en doute bien) toute une série de meurtres à la dynamite, le tout sous le contrôle d’un acteur incroyablement mauvais et moustachu qui appartenait autrefois (c’était pratique) à une certaine organisation dont nous ne saurons rien sinon qu’elle faisait de lui, malgré son emploi actuel qui n’avait rien à voir, une pathétique machine à tuer. Évidemment, c’était un drame.

Reste le plaisir de s’asseoir de l’autre côté de la rue après la projection. Même décor Art Déco, même paille déposée sur le sol. À l’intérieur, des vieillards aux traits fins discutent sagement de l’acteur aux moustaches. Vous commandez un café. On vous l’apporte en expresso, noir comme de l’huile, délicieux. Et soudainement, tout est clair. L’énergie débordante des abyssins, les détours du chauffeur, la folie du film, la frayeur des fenêtres, les heures aléatoires. La raison est devant vous. Le café est trop fort.

L’Anneau de la clé (Hella S. Haasse)

1 novembre, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Sur le bout de la langue

Je m’achemine ainsi vers ma fin, en harmonie avec l’ordre incompréhensible des choses. […] Depuis la mort de Tjeerd, il y aura bientôt dix-sept ans, je n’ai plus jamais soulevé le couvercle du coffre d’ébène aux ferrures de cuivre dans lequel je conserve ce que je nomme encore aujourd’hui « les Indes ». Il fut un temps où j’eus l’intention de détruire ces lettres, ces documents, ces photos. Ils pourraient maintenant servir à quelque chose.

Dans ce coffre dormaient les souvenirs d’une jeunesse aux Indes orientales, c’est-à-dire en Indonésie. Haasse, elle-même native de cette Batavia néerlandaise (aujourd’hui Jakarta), imagine une dame au couchant de sa vie. Un matin, un journaliste lui demande par écrit des informations sur une amie d’enfance. De quoi fouiller de mémoire ce coffre ancien qu’elle n’ouvre toujours pas. Et d’occuper tout un roman écrit avec la fragilité des lettres de la caisse, faux départs, secrets, déchirements, sénescence, dans la douceur douloureuse et tragique de cette Asie qui a été.

5117d0×0c6l_ss500_.jpg

Propos glanés sur le blog (VII)

1 novembre, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Vos commentaires sur le blog

Beaucoup de réactions ce mois-ci sur l’éditorial du mois dernier! On y parlait de nos équipes locales, de leur travail extraordinaire et du sentiment de gêne que leur sollicitude et leur dévouement pouvait parfois éveiller en nous.

En réaction à cela, Valérie nous dit ceci :

Les équipes locales sont heureuses de travailler pour nous. Ils le démontrent et nous le disent. Même si le travail n’est pas toujours facile, je crois que nous (les Québécois) leur rendons la tâche souvent amusante tellement nous sommes reconnaissants envers eux. Merci aux équipes locales!

Quant à Fred, cet éditorial lui a rappelé son propre voyage au Pérou:

Merci à Léo, notre guide au Salcantay à l’été 2006. Il nous a fait découvrir ce qu’était la philosophie derrière le tourisme équitable. Une initiative qui fera du chemin et qui permettra aux gens locaux de développer leur propre programme de tourisme, toujours en collaboration avec les Québécois, et de faire rouler l’économie locale en toute quiétude. Bravo à Karavaniers qui va au-delà de la simple organisation de voyages et qui nous amène à nous conscientiser sur le monde extérieur. Salut groupe, je n’oublierai jamais ces souvenirs grandioses!

Et puis il y a la réaction de Linda, la voyageuse à laquelle il était fait allusion dans l’article, et toute la discussion qui s’ensuit… Voudriez-vous y participer?

Le mois dernier, nous évoquions aussi ce projet de voyage au Pérou qui réunira de jeunes adultes atteints de la trisomie 21 et des étudiants en éducation spécialisée l’année prochaine. Merci pour vos messages d’encouragement! Et merci surtout à Gregory McKenna, le père d’un des participants à ce voyage pour avoir apporté cette précision suite à la lecture de l’article:

Dans le premier paragraphe, M. Saillant se sert d’une référence de dictionnaire qui indique que la trisomie-21 est une maladie. La définition du dictionnaire date de l’époque où la cause de la trisomie était inconnue. En fait, le dictionnaire fait référence à tout ce qui n’est pas normal comme étant une maladie.
La trisomie-21 est une aberration chromosomique qui cause un développement structural du corps qui diffère de la normalité. Cette différence structurale amène son lot de difficultés, mais ce n’est pas dégénératif, contagieux ou mortel. À ce même chapitre, on pourrait dire qu’une personne née avec la peau blanche et les yeux bleus dans le milieu de l’Afrique n’a pas le bagage génétique pour se protéger du climat; ou que la vie est une maladie puisque tout le monde en meurt.
Dans le contexte que le projet veut repousser les frontières de ce que peut faire une personne avec une Trisomie-21 et que les jeunes adultes dans ce projet sont les leaders et exemples pour des milliers de famille au Québec qui ont un enfant avec une T-21, il serait intéressant de demander à M. Saillant de changer le mot maladie pour une aberration chromosomique.
Un petit changement qui aidera grandement la cause.

Le changement a été apporté depuis.

Pour terminer, suite à la lecture du récit de la corvée de nettoyage au Pérou, Alain se demande pour quand est prévue la prochaine corvée. Ce à quoi nous répondons :

L’expérience se reproduira, c’est certain! Mais nous n’avons pas encore déterminé où et quand. Nous vous tiendrons informé sur ce blog et/ou dans notre eCourrier.

Carte postale - novembre 2007

1 novembre, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Carte postale


Archipel de pyramides mayas
Crédit photo - Karavaniers

La cité de Tikal au Guatemala.

Tikal fut la plus grande cité de l’empire Maya. Sise au milieu de la forêt tropicale, ses plus hautes pyramides émergent à peine de cet océan de verdure, tels les récifs d’une histoire révolue. Cette histoire est celle d’une société très développée, aux connaissances astronomiques et mathématiques avancées, ayant développé une architecture remarquable et un art très raffiné. Les Mayas furent et restent à ce jour l’une des plus grandes civilisations à avoir régné sur ce continent…

Guatemala - Couleurs Maya
Niveau 2+, 14 jours, départ le 20 mars 2008