À propos de nos équipes locales…
5 October, 2007 par Matthieu SaillantPublié dans Éditorial du eCourrier
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Équipe locale au Pérou
Crédit photo: Alain Dumas
Lors d’un récent voyage au Pérou (Salcantay et Machu Picchu), une voyageuse me faisait part de sa très grande satisfaction mais m’expliquait aussi qu’elle ne voudrait pas nécessairement participer de nouveau à un voyage où elle se « ferait servir » par une équipe locale. Elle se sentait mal à l’aise devant l’incroyable somme de travail et la sollicitude extraordinaire dont tous les membres de notre équipe locale faisaient preuve (arrieros, porteurs, cuisiniers, guide local). Et c’est vrai que l’on ne peut pas s’empêcher d’être impressionné par l’énergie, l’humilité et la générosité dégagées par ces personnes! Jusqu’au malaise parfois…
Je comprends (sans nécessairement la partager) cette « mauvaise conscience » qu’éveille cette situation chez certains voyageurs. On peut en effet y percevoir un rapport de domination, teinté de part et d’autre de réflexes post-colonialistes et représentatif aussi des problématiques Nord-Sud que le tourisme international, loin de résoudre, ne fait, bien souvent, qu’exacerber…
Mais pour ma part, je vois les choses différemment. Les équipes locales auxquelles Karavaniers fait appel dans de nombreux pays (Népal, Ladakh, Tanzanie, Pérou, Équateur, Mexique… pour n’en citer que quelques-uns!) sont rémunérées à un juste salaire. Cette relation commerciale est une relation équitable, et elle est mille fois préférable à une relation rabaissante de charité. Elle est aussi essentielle pour garantir une source de revenus à des personnes qui ainsi, n’auront peut-être pas à se réfugier dans les bidonvilles des grands centres urbains pour essayer, vainement, d’y trouver un avenir meilleur…
Économiquement et humainement parlant, cette relation de travail est aussi mille fois préférable à celle que l’on constate trop souvent dans le secteur du tourisme, et notamment dans celui de l’hôtellerie, à savoir l’utilisation de gestionnaires et d’un encadrement d’Occidentaux dans les pays dits « en voie de développement » (l’utilisation des guillemets n’est pas anodine…). N’y a-t-il pas assez de personnes compétentes dans les pays que nous visitons pour qu’ils réalisent le travail et les services dont nous avons besoin pour réaliser nos voyages? Chez Karavaniers, nous pensons justement que si. Alors, autant faire appel à ces personnes et les aider, au besoin, à atteindre des « standards de qualité » occidentaux plutôt que de payer des Occidentaux pour le faire (et ainsi priver l’économie des pays visités de sommes d’argent considérables au profit de ceux qui en ont le moins besoin…).
Beaucoup de nos voyages ne seraient pas possibles sans le soutien inestimable de nos équipes locales. Nous en avons conscience et leur en sommes infiniment reconnaissants. C’est aussi pourquoi les relations que nous avons nouées avec ces équipes sont durables et datent, pour nombre d’entre elles, des tout débuts de Karavaniers. Aussi, plus que des relations commerciales, elles sont et restent avant tout des relations d’amitié.
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