Archives de juillet, 2007

Album-photo du Pérou

31 juillet, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Diaporamas et vidéos

perou_t_c1_0005.JPGNevado Salcantay
Crédit photo - Karavaniers

Voici un lien vers un album-photo de toute beauté créé par l’un de nos voyageurs, Réjean Gagné. Réjean a participé au voyage au Pérou - Salcantay et Machu Picchu qui se déroulait en mai dernier.

Visionner l’album-photo >>

Repérage au Groenland

31 juillet, 2007 par Frédéric Germain
Publié dans Général, Diaporamas et vidéos

Vendredi, le 20 juillet 2007

Note: Vidéo tournée sur l’itinéraire de notre voyage, lors d’un repérage pour un projet futur…

Entre un inoubliable repérage alliant kayak, montagnes, icebergs et glaciers (voir le vidéo ci-dessus) et notre voyage de kayak de mer ici au Groenland que j’aurai l’opportunité de guider dans quelques jours en compagnie de mon collègue Jean-Philippe Bourgeois, je prends le temps de gribouiller quelques premières impressions…

Le départ de Montréal, à lui seul, fut toute une aventure pour nous quatre, participants à un nouveau repérage, qui nous occupions du transfert de tout le matériel (incluant les kayaks, quoique pliables!) que nécessitera le voyage Karavaniers qui suivra et comptera en tout treize pagayeurs; pas moins de trente-et-un sacs à enregistrer, pour un total de plus ou moins… 700 kg!!! Sans parler du transfert depuis l’Islande: petit l’avion! On empile même des sacs sur les sièges arrières non occupés! On y a cru qu’une fois décollé…

La magie des glaces se montre enfin: pas question de fermer l’oeil malgré le manque de sommeil. Admirer notre descente vers ce Groenland dont j’ai tant révé est un spectacle que je considère comme une opportunité extraordinaire. Les icebergs se compactent contre la côte mais semblent nous laisser un passage… connaîtraient-ils notre désir de ne pas perdre une seule journée sur l’eau? Ça arrive… Elle s’obstine à nous couper la route parfois, cette glace. Mais faire preuve de patience ouvre presque toujours la voie…

Il n’y a pas que le kayak pour nous émerveiller lors du repérage (incluant une portion d’alpinisme). Je considère avoir vécu là, une des plus belles journées de plein air de toute ma vie… D’abord, un départ facile du campement avec nos kayaks plus légers, contenant tout de même notre diner et le matériel de montagne. Deux belles heures à pagayer, direction glacier. Accostage et on se change pour la rando, sacs au dos. Belle marche d’approche jusqu’au glacier, puis est venu le temps de casser la croûte. Dessert et digestion; crampons, piolets, et en cordée! Crevassé le glacier… Mais Richard n’en est pas à son premier. Ne jamais oublier de se retourner en montée. Je ne parle pas sécurité ici, mais tout simplement de cesser de rêver à grimper plus haut et plutôt admirer ce qui se dessine derrière au fur et à mesure que l’ascension progresse. Au loin, le Knud Rasmussen, cet énorme glacier, semble vouloir nous réciter les aventures de ce grand explorateur dont il porte le nom.

Heure de la descente. Nous n’avons point de premiè¡re ascension à clamer, ni de montagne sans nom (commun au Groenland) à baptiser. Mais simplement se permettre, apràs avoir retiré ses crampons et plié bagages, de rentrer au camp de base en kayak tout en cotoyant ces blocs de glace flottants haut comme deux maisons! Même en faisant un effort, je n’aurais pu imaginer pareille journée…

Mes coéquipiers de repérage sont rentré à Montréal, me laissant seul à Kulusuk. Rien de pénible à être seul ici, l’un des villages les plus traditionnels de la plus grande île non continentale au monde, avec une population de 300 habitants, qui tristement diminue… À prime abord, me voilà bien peu fier d’avoir la peau si pâle parmi ces nomades dénaturés… mais soulagé de ne pas être Danois !

Les nouvelles sont particulières en région arctique: en première page du journal régional, le dernier ours polaire abattu (rare en été). Parlant du géant blanc, c’était l’alerte hier au village, les familles se regroupant au sommet des collines et cherchant la bête au loin. Une jeune fille aurait apercu l’ours sur les glaces flottant près de la côte. Mais, on en conclut à son imagination…

Avant de finir, comment vous décrire Kulusuk? J’ai vécu les chocs culturels (dans le sens positif du terme!) qu’offrent la Syrie, l’Inde ou l’Iran, mais Kulusuk en est un difficile à décrire… D’abord, c’est une île, longue d’à peine 10 km. C’est une petite école, qui accueille tout juste 70 élèves. C’est un magasin général pas plus grand que votre dépanneur, où l’on trouve cannes à pêche et armes à feu, dans l’allée juste après celle des confitures. C’est la viande de phoque qui sêche au soleil sur les cordes à linge. C’est le “gars des toilettes”, qui passe changer le sceau de notre bécosse. C’est le temps que j’aille remplir le bidon d’eau à la pompe la plus proche, question que je fasse ma vaisselle…

C’est d’ici que je vous écris, impatient de retourner pagayer au milieu des glaces…

FRED

Un autre récit de voyage ici >>

L’histoire d’un meurtre

20 juillet, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans L'historiette

George Hayward (Pakistan, 19e siècle)

La stèle se trouve dans un petit verger de Gilgit que les herbes reprennent. On y lit un nom, une date et un mot : Sacrée à la mémoire de G.W. Hayward, assassiné cruellement à Darkot, le 18 juillet 1870, alors qu’il cheminait vers les steppes du Pamir. Plus bas, on a ajouté : Ce monument est érigé à la mémoire d’un noble officier et d’un voyageur accompli par sa grandeur, le Maharaja du Cachemire, à l’incitation de la Société Royale de Géographie de Londres.

Rares sont les eulogies plus abstruses, ni plus trompeuses. Mais rares aussi sont les drames plus rebondissants que celui du pauvre Hayward.

Première surprise, à relire la dalle, des steppes aux Pamir ! Lorsqu’on sait que le terme signifie toit du monde, avec ce que cela comprend de vertiges et de pics, on peut déjà s’étonner d’y trouver soudainement ces longs gazons à la mongole. C’est bien pour dire qu’en 1870, on n’en savait rien. On connaissait la démesure des montagnes autour de Gilgit et vers la vallée d’Hunza, mais il manquait toujours un K2 pour sortir de l’ombre et toute une géographie septentrionale. Il y a ensuite cette ahurissante notion d’officier qui aurait certainement blessé l’intéressé tant sa carrière indienne était derrière lui. De toute façon, c’est en indépendant - bien qu’il ait été aussi discrètement mandaté par la Société Royale de Géographie -, c’est-à-dire en tête forte, frondeur plutôt qu’adroit, qu’il allait se faire un nom au milieu de montagnes qui n’en avaient pas encore.

Mais le plus ironique est ailleurs. Pour le comprendre, il n’est pas inutile de revoir brièvement la courte carrière d’Hayward. A l’époque, la guerre froide entre les russes et les anglais (alors bien établis en Inde) bat son plein. C’est à qui explorera le plus rapidement les grands espaces vides de l’Asie centrale, afin d’y placer déjà le grand drapeau triste de l’une ou l’autre des nations coloniales, mais aussi pour y reconnaître avant l’adversaire les plus utiles chemins de conquêtes. Le n½ud de l’affaire, alors, se trouve aux Pamir (dont on peut, d’ailleurs, craindre le pire si on imagine une steppe). Mais comment vérifier ? La région pakistanaise est alors un sac d’embrouilles, un coupe-gorge, chaque vallée abritant un émir de petite volée plus prompt à jouer du sabre qu’à comprendre le grand jeu d’échec au-dessus de sa tête. Et d’ailleurs, le maharaja du Cachemire, officiellement sujet britannique, n’est pas sans aimer beaucoup ce flou terrifiant au nord de chez lui puisqu’il ambitionne, sans trop s’inquiéter d’être sanguinaire, de faire main basse sur le territoire des montagnes. Hayward est donc obligé de ruser pour sa première tentative, de passer par Yarkand (alors dans les tréfonds du Turkménistan chinois, c’est-à-dire au Xinjiang) avant d’espérer joindre les Pamir par le nord. Mais sans succès. C’est alors qu’il s’énerve. Sans laisser aux britanniques le choix de lui dire non afin de préserver leur statu quo avec le maharaja, il s’embarque pour Gilgit. Il recueille les témoignages des massacres récents. Offusqué, il ne se retient pas d’écrire dans un journal anglais, à son retour, un brûlot dithyrambique où le maharaja en prend pour son rhume. Puis il y retourne, sans trop saisir qu’il vient de créer au beau tapage. L’Angleterre est embêtée, prise entre une alliance opportune et une colère populaire qu’elle aurait voulu taire. Le maharaja a perdu la face. Quant à ceux qui avaient d’abord cru gagner quelque chose de cette algarade inespérée, c’est-à-dire les petits émirs des montagnes, il leur apparaît peu à peu qu’ils risquent de perdre beaucoup tant le Cachemire veut se venger et l’Angleterre se fermer les yeux.

De là à dire qu’Hayward était attendu, c’était peu dire. C’était à qui allait frapper le premier. Jamais meurtre ne fut plus assuré. On le tua donc à l’aube du 18 juillet. Quelques années plus tard, sur cette même route de Yarkand, un inconnu raconta qu’un certain monarque du Cachemire n’était peut-être pas tout à fait innocent. De ça, on se doutait un peu. Si bien qu’il faut rire jaune à regarder la stèle, une dernière fois, lorsqu’on y découvre le nom du très généreux donateur…

Les caprices d’un lac

13 juillet, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Transhumances

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Le calme avant la tempête…?
Crédit photo - Pascal Guillaume

Les péripéties débridées d’un lac tibétain pas vraiment comme les autres. La route enneigée. L’interrogatoire des Khampas de Pelku Tso.

Kaïlash : Certains lieux ont cette curieuse habitude de ne rien faire comme les autres – d’avoir une terre de mule si vous me passez l’expression – et d’attirer fatalement les embrouilles de la même manière qu’une chaussette en fin de parcours attire amoureusement les mouches. Je pense ici au grand lac de Pelku, sur le plateau tibétain occidental. Imaginez un endroit d’une redoutable immensité, donc cette eau au bleu cobalt terminée par une langue herbeuse moirée d’ocre, de blanc et de jaune. Ajoutez-y, côté sud, la croissance échevelée de l’Himalaya avec ce qu’il faut d’un mur pour arrêter la grande horizontalité tibétaine. Et bien, c’est là. Dire que la chose est belle me paraît un peu ridicule. C’est inhumain plutôt. Trop grand, trop vaste, trop vide, peut-être trop beau justement. Et puis, le lac est joueur. Les collations tranquilles avec nappe étalée au soleil pour jolies femmes à bibi et garçons à gibus, ce n’est pas vraiment son truc. Pelku Tso aime mieux le vent qui décoiffe, la neige qui tombe, les hommes qui peinent. Et rigoler des groupes qui passent.

À notre seconde visite, il avait joué gros. Le voyage avait été parfait jusqu’alors, chaleur inhabituelle, Kaïlash en pleine forme, paysages démesurés. Il ne restait que lui pour tenter autre chose. Nous avions traversé un pont récent sur la Tsangpo avant de grimper progressivement vers la frontière népalaise. Peu à peu, la neige au sol s’accumulait et les campements nomades paraissaient s’étaler sur de la lumière. Les jeeps et notre camion glissaient férocement. Et puis un vent coulis s’est infiltré dans la vallée à partir du lac. Le coquin nous attendait. La route disparaît aussitôt, le froid se fait désagréable, les roues patinent. Le camion s’enlise. Les jeeps aussi. C’est à qui sortira le dernier pour pousser, pour creuser devant les roues, pour déblayer (à ce jeu, c’est souvent moi qui gagne). La nuit tombe et une voiture de police patauge dans notre direction. Je me dis qu’un peu d’aide ne serait pas de refus. En fait d’aide, la sirène se fait assourdissante tandis que les poulets attendent impatiemment à l’intérieur du bolide, qu’ils menacent du poing nos infortunés chauffeurs et qu’ils passent enfin en ayant obligé ceux-ci à tant se ranger que nos roues partent imiter les tracteurs dans la neige effondrée. Il y a des photos qu’on ne devrait jamais prendre. Par exemple celle de notre expédition à la dérive, le grand camion tout de travers, une jeep enfoncée à 45º sur le bas côté, une autre peinant ridiculement à faire demi-tour et entre tout ça, quelques drôles à jouer les patineurs et se geler les oreilles. Il était trois heures du matin lorsqu’on a retrouvé le pont. Quant au lac, il valait mieux l’oublier puisqu’il fallut encore se payer trois jours de détours pour le contourner sans le voir.

Quelques années plus tôt, Pelku Tso nous l’avait joué différente. Le pont n’existait pas et un bac préhistorique permettait la très lente traversée du Brahmapoutre. Il n’y avait pas de neige et le lacustre individu tirait sa gueule des meilleurs jours. Nous avions posé les tentes le long de sa rive méridionale, entre l’eau cristalline et les sommets vertigineux. C’était parfait. Des khampas campaient aux alentours (c’est-à-dire ces tibétains de l’est aux cheveux noués dans un grand ruban rouge et dont la fumante réputation de détrousseurs de caravanes – tant par les tibétains eux-mêmes que dans les récits des explorateurs – n’est peut-être pas la plus surfaite des inventions). Au moment du souper, nous nous retrouvons tous dans la tente-repas. Le drame survient juste après. Marie dormait dans la tente du fond et son sac avait disparu, c’est-à-dire de l’argent, quelques bricoles et surtout son passeport. Nos sherpas n’en font ni une ni deux. Le cuistot s’arme d’un lourd piolet, quelques-uns prennent les mines patibulaires de circonstance et nous sautons tous dans les véhicules pour une expédition punitive vers les tentes voisines. La technique est plutôt simple. On essaie de faire peur le plus rapidement possible. Nos jeeps rebondissent donc sur les talus avant d’aller frapper du capot les campements ennemis, tandis que nos phares allumés ajoutent l’idée saugrenue d’un interrogatoire en rase campagne digne des plus forts clichés hollywoodiens. Notre cuisinier sautait toujours le premier des voitures et j’ai vu des khampas rapetisser et blêmir à voir fondre sur eux cet alpiniste furibond. Au troisième campement, nous avions même ajouté à notre répertoire l’intelligente invention de policiers pour venir les interroger ensuite (avec tout ce que cela comprenait de prison et d’emmerdes pour l’adversaire). Voilà qu’on devenait carrément délateurs chinois contre les tibétains. Ce n’est pas qu’on s’en vante beaucoup mais la chose est rigolote. Quant au terrible voleur dont nous cherchions les traces en jouant les gros bras, sa mère nous l’amena par l’oreille tandis qu’il sanglotait à faire pitié. Le voyou retrouvé avait dix ans à peine !

Tibet-Népal - Kaïlash, à l’origine du monde
, niv.3+, 32 jours.
Prochain départ - 1er octobre 2007

Carte postale - juillet 2007

5 juillet, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Carte postale

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Crédit photo - Paul Pelletier

Le tombeau de Vasco de Gama à Lisbonne (Portugal).

Ce grand navigateur (1469-1524) a changé la face du monde… En doublant le Cap de Bonne-Espérance sur son vaisseau, le São Gabriel, et partant ainsi à la découverte de l’Océan Indien (1497-1499), il ouvrit la route des épices vers les Indes. La côte australe de l’Afrique d’abord : Mombasa et Malindi. Calicut et Goa ensuite…

Grand nom sur la liste illustre des navigateurs portugais ­­ Magellan n’étant évidemment pas le moindre d’entre eux! , la dépouille de Vasco de Gama fut rapatriée au Portugal en 1536, 12 ans après son décès survenu la veille de Noël, en 1524. C’est encore là qu’il repose, dans le Monastère de Jerónimos.

Portugal - Routes du Nord et Porto, niv.2+, 14 jours, départ le 10 mai 2008

Propos glanés sur le blog… (III)

5 juillet, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Vos commentaires sur le blog

En se découvrant sur la carte postale du mois dernier, une naïade désireuse de conserver son anonymat nous écrit ceci :

Quels souvenirs je garde de cette baignade devant les yeux ébahis de mes copains voyageurs!!! Il faut dire que j’ai l’expérience de l’eau un tantinet frisquette de la Gaspésie, la mer et la rivière aux Émeraudes (à Percé, pour ceux qui connaissent). Hé oui, je me fais un devoir de me baigner à chacun de mes voyages. Je me suis baignée dans une rivière des Hauts Atlas, je me suis baignée à la fin de la boucle du Huayhuash (avec Pierre et Léo) et je n’ai pu m’empêcher de me baigner dans le Tso Morari!!!
Bonne baignade à tous!

Si votre prochain voyage est au Groenland, en Patagonie ou en Terre de Baffin, vous aurez tout notre respect!

En réaction à la Bali-vernes du mois dernier, dans laquelle Pascal, tel un Einstein des tropiques, nous rappelait la relativité de la dimension temporelle, Roxanne écrit :

Merci pour ce texte, ça m’a rappelé un de mes voyages. Et c’est vrai qu’ici on se stresse pour un rien, il est si bon de prendre son temps, de voir la vie suivre son cours et d’embarquer avec, et non d’essayer de la dépasser. Merci encore de nous avoir fait voyager.

Et Élaine de renchérir :

Wow Pascal!
J’ai le goût d’y être moi aussi sur ta terrasse à regarder pousser le riz, j’ai senti l’atmosphère et le rythme de la vie qui se déroule devant toi, c’est joli et ça me fait sourire. Écris encore, j’adore !

Suite à la diffusion de notre calendrier 2008, Raff se questionne :

À quand un trek ou du kayak ou du vélo de montagne en Nouvelle-Zélande?
Si je ne me trompe pas, vous n’avez jamais touché l’Océanie…

La Nouvelle-Zélande? Pourquoi pas… Quand on pourra vous y offrir quelque chose de nouveau, voire - si possible - d’unique, soyez assuré que nous n’y manquerons pas! Quant à l’Océanie, il y a tout de même notre voyage au Sulawesi, il ne faut pas l’oublier…

Enfin, en apprenant l’existence de notre Étoile filante au Tibet, Nancy se lamente :

Ha la la, moi qui croyais en avoir fini de rêver au Tibet pour y avoir été en 2004 et 2005 et voilà que vous présentez un nouveau voyage au Tibet. C’est vraiment trop prometteur !!! Que vais-je pouvoir faire moi qui ai déjà donné mon nom pour partir au Ladakh en septembre…

La réponse? Nancy ira finalement au Tibet!

Chroniques japonaises (Nicolas Bouvier)

5 juillet, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Sur le bout de la langue

Chroniques japonaises (Nicolas Bouvier) :

Quant à toi, Eliane, tu ajoutes : Regarde bien Kyoto pour moi, j’en ai l’ennui. Toi ? Toi qui t’y sentis si souvent étrangère, exilée et perdue. Étonnante alchimie du souvenir ! la même qui transforme nos morts en ombres inoffensives et chères. Maintenant que tout ce qui te pesait ici, que la légère odeur de deuil qui flotte parmi tant d’autres est tenue à distance, tu tires du vivier de ta mémoire les images qui te plaisent et tu les enlumines patiemment en levant parfois les yeux sur les prés verts d’Europe. Et c’est ainsi que les livres s’écrivent.

Ou l’autre versant du voyage. Après le chemin où tout change, le séjour où tout se fige. On peut considérer que l’aventure existe mieux dans son récit précédent (L’Usage du monde, dont nous reparlerons), dans cette errance qui ne s’empresse guère de l’amener tout au bout de l’Asie, c’est-à-dire au Japon. Mais ce récit immobile, au bout des routes, est certainement le plus beau. Comme est plus douce, au bout du compte, la nostalgie et la mémoire. Le Japon est un poème qui se conte mieux le c½ur lourd.

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Des livres et des maux…

5 juillet, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Sur la relativité de la reconnaissance artistique à travers le monde (et accessoirement sur les affres désolants d’une certaine chronique jetée aux orties - ou plutôt aux rizières)

C’est drôle, tout de même, les réputations. La mienne déjà, par exemple. Je n’aurai certainement pas l’audace d’annoncer ici qu’elle a des mérites exceptionnels - sinon peut-être celui de l’éloignement puisqu’on profite toujours des légendes que les autres veulent bien donner de nous (c’est très pratique) - mais je m’étais imaginé autre chose que l’inquiétant écho de rizières venu l’autre matin me tarabuster les oreilles.

Certains balinais ont pris l’habitude d’utiliser notre petite maison au cours des visites faussement impromptues qu’ils organisent au profit - on aura d’ailleurs compris qu’il n’en est rien - de ces touristes néophytes peu enclins encore à se mouiller tout à fait mais cependant suffisamment enthousiastes pour s’humidifier les pattes le long des champs de riz. Ils empruntent alors notre sentier, tout en nous saluant crânement d’un large geste de la main. Ce matin-là, donc, nous étions encore couchés. Sans doute même avions-nous l’air carrément absents (ce qui n’est pas une grande nouvelle). Je n’ai pas souvenance d’avoir entendu la timide question du grand-père mais je m’en doute assez. L’ardélion balinais en avait déjà plein la bouche et se gargarisait la luette de si bien nous connaître. Il répondit : Yes. Sometime they work !

Mon Isabelle, sur l’oreiller d’à côté, pouffa de rire. Elle nous avait reconnu ! C’est dire l’effet canon de nos bienheureuses séances immobiles lorsqu’on les saluait du bras depuis notre terrasse, et ce malgré les tentatives répétées de pousser aussi jusqu’à la bibliothèque, de m’asseoir devant la grande table noire de la fenêtre et de naïvement croire que le simple fait de tenir un crayon ou d’ouvrir un portable, même devant ce riz à l’abêtissante croissance, pouvait au moins me valoir de la part des quelques-uns à passer justement sur ces rizières le bénéfice amical d’une considération. Mais là, rien du tout ! Personne n’a jamais cru ici qu’écrire c’était faire quelque chose.

Ni lire d’ailleurs. Bali représente certainement l’espace le plus artistiquement foisonnant du monde. Il n’existe pas un fermier, pas un vendeur de rue, pas une femme de chambre, pas même un pseudo guide aux idées préconçues, à ne pas savoir aussi gratter joliment du pinceau, à ne pas pouvoir alterner les cadences lentes et rapides des danses sacrées, à ne pas imiter parfaitement la pluie à partir d’un gamelan. D’ailleurs, personne ne s’inquiète ici du métier d’Isabelle, c’est-à-dire artiste peintre, alors qu’on nous criait famine et embarras depuis nos Amériques. À Bali, cette chose est mieux qu’acceptable, elle est espérée. Ce qui les embête, nos balinais, c’est cette bibliothèque que je fais pousser à l’arrière de la table noire. Nous avons même un ami (c’est une chose qui arrive), aussi opposé qu’il est possible de l’être du gargarisant cicérone, ouvert par ailleurs, généreux, compréhensif, le moins doué des commerçants du monde. Il pêche au nord de l’île tous les dimanches. Isabelle l’accompagne. Non pas pour les poissons mais pour ce qu’il a de bon à s’asseoir, devant la mer immense, un livre à la main. Toko s’en est inquiété après quelques semaines. Il s’est approché. Il s’est assis à côté d’elle. Il a attendu patiemment qu’elle comprenne qu’elle prenait de grands risques. Quant elle s’est étonnée, il a parlé doucement comme avec ses enfants lorsqu’ils font des bêtises. Il l’a gentiment sermonnée : Tu devrais arrêter cette détestable habitude. C’est comme ça qu’on attrape mal à la tête.

On n’arrête plus le progrès!

5 juillet, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Éditorial du eCourrier

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Les fils de la communication au Pakistan
Crédit photo - Marc Boulianne

Non, vraiment, plus moyen de mettre un frein aux avancées technologiques, au progrès et à l’ « accessibilité »… Je mets des guillemets autour de ce mot car outre sa laideur, dont j’espère me prémunir grâce à l’utilisation ostensible de ces marqueurs, il s’en dégage une idée d’avancement démocratique quand il ne s’agira jamais, en fait, que de nous vendre une illusion de liberté. Et plus concrètement encore : de nous vendre des bébelles… Je m’explique.

C’est officiel, c’est prouvé : il est maintenant possible de faire un appel du sommet de l’Everest avec son téléphone cellulaire. Alleluia! Quelle avancée merveilleuse! Un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour la téléphonie mobile! Comment faisions-nous pour vivre avant, je vous le demande?

Nous avions le téléphone satellite (quel archaïsme!), nous aurons bientôt les Têtes à claques sur le toit du monde… Nous avions le bruissement du vent soulevant un panache de neige (quétaine…), nous aurons demain la dernière sonnerie composée par Paris Hilton en personne! (lol)

De là à évoquer l’utilité des téléphones cellulaires en voyage ou, plus généralement, de tous ces appareils qui n’existaient pas il y a encore quelques années et qui aujourd’hui nous paraissent indispensables, il n’y a qu’un pas que je m’empresse de franchir!

Que nous restera-t-il à raconter, à notre retour de voyage, si nous nous empressons chaque soir, recroquevillés sous notre tente, d’alimenter notre blog en flux tendu grâce à notre blackberry ? Où sera la surprise si, devant l’étalage du marchand de souvenirs, nous appelons notre belle-mère avec notre cellulaire pour lui demander ce qu’elle préfèrerait avoir: la flûte de Pan ou le poncho? Contre qui râlerons-nous, devant la piètre qualité de nos photographies, si ce n’est plus contre la personne ayant développé nos pellicules et que l’on accuse d’avoir tout gâché? L’excitation du voyage, c’est bien sûr pendant le voyage qu’on l’éprouve, mais c’est aussi avant, et bien souvent après…

Cette « accessibilité » est-elle constitutive du bonheur? Est-elle même garante de notre sécurité? Ces bébelles technologiques que l’on associe toujours - par habitude ou par conditionnement? - aux idées d’avancée, de progrès, de prouesse, de miracle, de génie, etc., sont-elles à ce point indispensables qu’il faille en faire des protubérances de notre corps? (Tout le monde a vu ces personnes avec des écouteurs de cellulaire fixés en permanence à leur oreille!) D’ici à ce que ces objets deviennent constitutifs de notre être…

La prochaine étape? Un escalier jusqu’au sommet de l’Everest! Et croyez-moi, j’aimerais que cela soit dit sur le ton de la plaisanterie

Retrouvez la 51e édition du eCourrier >>

Karavaniers dans les médias

5 juillet, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

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Tournage du Coeur en altitude en Bolivie
Crédit photo - Richard Rémy

On ne voudrait surtout pas donner l’impression d’avoir la grosse tête, mais quand les autres parlent de nous, on ne va pas en plus se taire! Surtout quand il s’agit d’évoquer des sujets qui nous tiennent à c½ur!

Dans son édition du mois de juin et sous la plume de Dominique Jutras, la revue Jobboom nous en apprend plus sur le métier des porteurs au Népal*.
Lien vers l’article >>

Dans son numéro du mois de mai, la revue Protégez-Vous nous rappelle ce qu’un mot veut dire quand son usage devient si répandu qu’il devient galvaudé, voire même vulgaire. Ce mot? Celui d’« écotourisme »…**
Lien vers l’article >>

Pour faire écho à l’article de Jobboom, il ne faut jamais oublier que derrière un don, geste qui ne saurait jamais se suffire à lui-même, il doit y avoir une éthique…

Pour rebondir sur l’article de Protégez-Vous, rappelons que derrière des « produits écotouristiques », des actions concrètes doivent aussi suivre…

Une dernière remarque pour clore cette section « médias » : nous avons mis en ligne des articles racontant en mots et en images certains de nos voyages. Revue de presse!

Irlande - Une poésie toute en verts
Groenland - Solitudes glacées
Bolivie - Titicaca, montagne et jungle
Mexique - Basse-Californie

*Jutras, Dominique. « Star trek », Jobboom, vol. 8, no 6, juin 2007.
**Perron, Frédéric. « Éco-destinations », Protégez-Vous, mai 2007, pp. 37-39.