Archives de juin, 2007

Conférence haute montagne à Montréal

21 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général, Diaporamas et vidéos

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Sur les pentes du Shishapangma en 2004
Crédit photo - Jean-Nicolas Grieco

L’ascension de volcans mexicains, d’éperons himalayens et de géants andins

L’Aconcagua, le Cotopaxi, le Nun-Kun, le Mera Peak : quelques noms parmi les montagnes que nous vous proposons de gravir. La plus prestigieuse de toutes? Le Shishapangma (8012m), ce colosse tibétain qu’aucun canadien n’est encore parvenu à conquérir…

Mais avant de penser à partir, il est essentiel d’en apprendre plus sur ces voyages et d’évaluer l’expérience préalable qu’ils requièrent. Cependant, certaines ascensions s’adressent aussi à des novices. Alors pourquoi pas vous?

Une conférence haute montagne se tiendra aux bureaux de Karavaniers le mercredi 27 juinà 19h.

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Le sourire du Dalaï-lama

19 juin, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Transhumances

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Moines bouddhistes du Ladakh
Crédit photo - Pascal Guillaume

Deux fascinantes rencontres sur les terres tibétaines du nord de l’Inde. Lumière entraperçue à Manali. Nomades en foules devant l’eau de Tso Morari.

Ladakh : Le monde est une rencontre. Parfois elle se passe mal et nous avons des guerres. Parfois c’est tout le contraire. Certaines ont la douceur mouillée des tropiques, un peu lente, courtoise et fragile, à la manière de cet homme adorable du sud Laos qui nous reçoit avec empressement depuis plusieurs années mais qui s’applique à répondre inlassablement à chacune de mes phrases par un majestueux thank you very much qui m’oblige aussitôt à ajouter le mien, en conséquence de quoi nous nous remercions beaucoup de ne pas dire grand-chose.

D’autres rencontres ont la virilité des montagnes et font l’effet salutaire d’une forte brassée dans le dos, comme ce moine loqueteux de l’Everest venu gratter ses puces en notre compagnie et pas peu fier de nous offrir le terrifiant fromage pendu à son cou depuis le temps d’Hillary, verdâtre, vaguement nauséabond, en échange de quelques louches d’un délicieux sirop d’érable que plusieurs d’entre nous (et moi le premier) n’étaient pas trop pressés de perdre pour si peu.

Enfin il y a des rencontres quasiment divines. S’il fallait que ce courrier finisse par ressembler à ces fâcheux à cravate venus cogner aux portes à l’heure des repas (vous ne mangez pas, au moins ?), vous auriez des raisons de manquer d’appétit. Rassurez-vous, je ne mange pas de ce pain-là. Donc je m’explique. Le Ladakh (en Inde du nord) est une randonnée reculée où nous traversons des espaces dantesques sur 17 jours de marche. On voit deux lacs, des kiangs, un col plissé, une gorge et deux monastères. Le second est à Kye comme une pyramide. Cette année-là, un visiteur de marque devait s’y rendre quelque temps après nous. Tous les bouddhistes à bonnet jaune marchaient vers ce point isolé, patiemment, le nez dans quelques vieux volumes à l’écriture émiettée ou sur les billes d’un chapelet dont ils comptaient les tours. Nous étions bien les seuls à nous en éloigner. Nous visions Manali. L’endroit est détestable, rendez-vous tout autant d’indiens fortunés venus s’alléger des roupies qu’on va leur voler que de faux voyageurs abonnés aux veloutes abrutissantes du ganga (et donc hébétés six mois sur le dos des montagnes après s’être assoupis six mois sur la plage à Goa). Autant dire que l’aventure était terminée. Or voilà qu’une voiture traverse lentement l’avenue et qu’un sourire comme ce n’est pas permis s’amuse à jeter de la lumière autour de nous (vous voyez le genre). Plus tard, lorsque nous nous raconterons la furtive rencontre, chacun de notre côté, nous aurons tous l’extravagante certitude que le souriant personnage nous avait individuellement dévisagé, l’espace d’un contact, malgré une foule déraisonnable. Nous venions de croiser le Dalaï-lama.

L’année d’avant, nous avions fait encore mieux. C’était au premier monastère. Korzok se trouve à mi-parcours, sur la rive occidentale de Tso Morari. Il s’agit d’un village incongru au milieu d’une région nomadique, né de l’attroupement progressif de fidèles autour d’un temple ancien et campagnard. On fait souvent l’erreur de croire que le Tibet s’autorise une religion unique, une seule allégeance, alors que c’est exactement l’inverse. Qu’il y a des clans, des différences, des différents. Notamment chez les nomades, moins disposés à s’inviter à la dévotion citadine des géloukpa (c’est-à-dire du Dalaï-lama). Pour eux, le bonnet est rouge. Leurs moines ont moins coutume de s’agglutiner en grand nombre, de rester célibataires, voire autrefois de se couper les cheveux. On les appelle les drukpa-kagyupa. Ceux-ci n’en sont pas moins bouddhistes dans la mesure où ils s’organisent aussi sur la lignée d’une fameuse réincarnation dont le personnage actuel, jeune homme d’une trentaine d’année, n’est pas moins adoré que le Dalaï-lama. Il réside pieusement au Sikkim, c’est-à-dire à l’autre bout de l’Inde. Pourtant cette année-là, il s’était installé à Korzok. Les nomades en étaient comme fous. Ils avaient sorti des péraks ouvragées, des habits aux lourdes manches diaprées, des bottes aux semelles d’éteules, des amulettes biscornues. Ils arrivaient par groupes indisciplinés dans la cour du monastère et buvaient comme de l’eau les mots du jeune érudit. L’atmosphère n’était ni lourde ni légère. Elle était différente. Nous nous étions assis à l’arrière et écoutions la dévotion des autres. Au bout d’un moment, la salle s’est presque vidée. Le jeune sage a alors levé les yeux. Il nous a aperçu. Dans un anglais théâtral, il nous a fait venir près de lui. Vous vous rappelez de la lumière de la voiture ? Et bien c’était pareil ! La même facilité, la même douceur, la même compréhension tacite. Disons qu’on s’y attend un peu sur le visage d’un vieil homme que tout le monde connaît. Mais qu’on ne s’y attend guère sur les traits juvéniles d’un jeune inconnu.

Voyage Karavaniers :
Ladakh - Les derniers nomades / Niveau 4 / 28 jours
Prochain départ prévu le 8 septembre.

Calendrier 2008

6 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

Ça y est, le calendrier des départs en 2008 est en ligne!

Au chapitre des nouveautés, le Nun-Kun bien sûr, bien que la date de ce dernier soit encore à déterminer. Une certitude : ce sera en juillet!

Autres nouveautés : des départs printaniers pour la Corse et la Roumanie à pied, en plus des départs estivaux traditionnels. Un départ supplémentaire pour l’Aït Bougemez au Maroc. Du kayak au Lake Powell, pas 1, ni 2… mais bien 3 fois! Date de départ pour le Guatemala devancée pour assister aux festivités du Jeudi Saint…

On en oublie? C’est certain! 99 départs, 63 destinations et 33 pays…

Et si ce calendrier ne fait pas votre affaire, pensez à nos voyages sur mesure!

Enfin, enfin… Nous ne le répèterons jamais assez : inscrivez-vous tôt! Vous avez tout à y gagner…

Le Népal et ses secrets

6 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

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Crédit photo - Hugo Baillargeon

Le Népal est cette destination où l’imaginaire du voyage a puisé beaucoup de ses mythes et de ses rêveries… Des noms raisonnent ; des odeurs semblent se matérialiser ; des couleurs vives dessinent le contour d’un temple et des drapeaux de prière emmaillotés… Et puis il y a tous ces minéraux qui se plissent, s’enchevêtrent et se hissent vers le ciel pour former ce replis du monde, la chaîne himalayenne, au creux de laquelle se lovent les secrets les mieux gardés…

Des rêves d’alpinisme s’y sont élevés ; certains s’y sont brisés… Des songes aventuriers s’y sont échafaudés ; d’autres s’y sont galvaudés… Des histoires millénaires s’y sont déployées ; des royaumes interdits s’y sont repliés…

Ce Népal contrasté recèle des contrées encore méconnues. Il y a le Mustang bien sûr, ce Népal si reclus qu’il semble s’être réfugié dans le giron tibétain… Il y a le Mera Peak aussi, ce sommet qui partout ailleurs, aurait été un géant mais qui ici, se contente d’être un joyau blanc serti de voisins démesurés : Makalu, Cho Oyu, Lhotse, Kanchenjunga, Ama Dablam, Everest… Et puis il y a ces 8000m dont on peut faire le tour : le Manaslu et le Dhaulagiri. Certains diront qu’ils pâtissent de la notoriété de l’Annapurna. Pour nous, ils sont une aubaine inespérée, des trésors inexploités où le trek et l’aventure recouvrent tout leur sens !

Quant au trek du camp de base de l’Everest et à la vallée de Katmandou, l’originalité peut aussi s’y exprimer ! Les vallées de Thame et de Gokyo pour le premier ; la culture newari et les confins du parc national de Bardia pour la seconde.

Autant de facettes moins connues du Népal, mais au contact desquelles on s’affranchit d’une vision fragmentaire du pays. Mais n’est-ce pas justement ce qui justifie de si grands détours? Aller à l’autre bout du monde pour y découvrir ce qu’on ne pensait pas trouver…

Everest par 2 cols et 3 vallées - départs les 29 sept. et 26 déc. 2007
Vallée de Katmandou - départ le 3 novembre 2007
Mustang, royaume interdit - départ le 9 août 2008
Tour du Manaslu - départ le 22 mars 2008
Tour du Dhaulagiri - départ le 30 sept.2007
Mera Peak - départ le 6 octobre 2007

Une conférence «L’Everest: son histoire et ses légendes» aura lieu le 13 juin à Montréal, cliquez ici pour plus d’informations >>

Deux longues “fins de semaine” en vue!

6 juin, 2007 par Frédéric Germain
Publié dans Général

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Il y a déjà un bon moment qu’on vous parle de Détour Nature. C’est que voyez-vous, le complément nous semble évident : pour réellement se préparer à un long périple ou simplement se garder en forme tout en voyageant, et ce avec l’été qui arrive, oubliez le gym! Rien de tel que de chausser vos bottes et d’arpenter les sentiers; ou encore pédaler, voire même pagayer.

Et bien vous aurez le choix entre ces différentres activités lors d’un même week-end, celui de la St-Jean Baptiste, du jeudi 21 juin au soir au lundi 25 juin. Destination: Acadia National Park dans le Maine. Et oubliez le co-voiturage : un autobus de luxe - pour dormir tranquille! - vous y conduira. Une fois rendu sur place, vous aurez le choix entre le camping ou un motel.

Pour le long week-end qui suit, celui de la Fête du Canada, deux options possibles (et non des moindres!) : le massif de Bigelow (Maine) en randonnée pédestre, ou la traversée du Vermont à vélo.

Pour vous inscrire ou obtenir de plus amples informations, contactez Détour Nature au (514) 271-6046, ou visitez leur site Internet au www.detournature.com.

Du kayak en automne

6 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général, Diaporamas et vidéos

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Crédit photo - Nicholas Gildersleeve

Quelques semaines déjà depuis que le redoux printanier nous invite à programmer nos sorties estivales… Mais aura-t-on le temps de tout faire ? Rando, vélo, kayak… Des projets et des envies plein la tête, mais l’été est bien trop court pour tout y caser !

Heureusement, il est toujours possible de concrétiser nos tentations estivales sous d’autres cieux quand - toujours trop tôt - ? l’échéance hivernale approche et qu’il faut précipiter ce que l’on avait voulu remettre à demain. Ah ! L’éphémère nature des beaux jours et des bonnes choses…

Amoureux du kayak ? Ou simplement tentés à l’idée de vous familiariser avec cette embarcation qui vous connecte avec l’onde marine, vous berce, vous apaise…? Il est des eaux qui se prêtent à merveille à cette belle aspiration : les reflets turquoise d’une Méditerranée encore sauvage par endroits, apprivoisée ailleurs par une incroyable douceur de vivre ; les eaux placides d’un lac déserté, posé dans une brèche immense, éclaté en d’innombrables canyons excentriques ; une côte inhabitée, patrouillées par des raies Manta grosses comme des soleils, des bancs de dauphins jouant à saute-moutons et des otaries emberlificotées dans la houle marine…

Quand l’envie de bien vivre et celle de vivre bien se rencontrent et deviennent un voyage…

Grèce - D’une île à l’autre - niv.2 - départ le 11 septembre
Utah-Arizona - Lake Powell - niv.2 - départs les 3 nov. et 22 déc.
Mexique - Basse Californie - niv.2+ - départ le 20 octobre

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Trois pays …

6 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général

Mon premier est frais et rafraîchissant. Parfois coloré, parfois façonné dans l’ébène, il est une île incroyablement belle et sauvage. Secret bien gardé, la présence de l’homme y est souvent indécelable…

Mon second est plus aride, un peu plus chaud aussi, mais tout aussi sauvage. Ses montagnes portent le nom d’un Titan, Atlas, chargé de soutenir la voûte céleste jusqu’à la fin des temps. Rien de moins…

Mon troisième est vert, bucolique, encore étranger à la modernité, moins connu. Un écrivain irlandais, Bram Stoker, y a imaginé un univers dominé par l’ombre de lugubres châteaux, occupés par de non moins lugubres vampires …

Islande, Maroc, Roumanie… Trois horizons sans autre point commun que celui de vous attendre cet été !

Islande - Terre inachevée - niv.3+ - départ le 2 août
Maroc - Tessaout et M’Goun - niv.3 - départ le 14 juillet
Maroc - Aït Bougemez - niv.1+ - départs le 28 juillet et 13 octobre
Roumanie - Les Carpates en l’air - niv.2+ - départ le 11 août
Roumanie - Contes de Transylvanie - niv.2+ - départ le 25 août

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L’autre dimension du temps

6 juin, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans BALI-vernes

Sur la valeur de la vitesse dans la société contemporaine
(avec exemple à la clé d’une île surréaliste de l’océan Indien
afin d’expliquer exactement l’inverse)

Il y a déjà belle lurette que j’use des semelles percées sur les chemins de l’est. Entre autre avantage, on s’y habitue rapidement à ne plus courir trop fort. On patiente, on regarde, on attend, on respire. C’est assez réjouissant. D’où le choc, il y a quelques mois (après trois années d’absence), lorsqu’il a fallu revenir m’éreinter du fatiguant temps des fêtes de votre côté du monde. La famille, les amis, la bouffe à s’en briser les bretelles, c’était plutôt réussi. C’est du côté de la rue que j’ai souffert, sur Sainte-Catherine où vous étiez mille à me passer dessus le téléphone à l’oreille ou sur le boulevard Taschereau lorsque les klaxons retentissants des embouteillages n’avaient plus rien de la gaieté grivoise avec laquelle on les accumule outrageusement par ici. J’étais devenu étranger.

Je l’étais d’autant plus en jetant un ½il, au moment du retour, sur la revue En Route de notre assez triste convoyeur national. On y parlait avec bagout des plaisirs de la vitesse, avion rapide, ordinateur, câble, cellulaires (évidemment), routes droites et fast-food, vantant en béotien qu’on pouvait dès lors faire beaucoup plus. C’est rigolo les gros mensonges parce qu’on les croit toujours mieux. Autant vous raconter exactement le contraire.

En 2003, nous avions passé, ma fiancée et moi, un mois de rêve sur l’îlot de Rodrigues (à 600 kilomètres au large de l’île Maurice). L’endroit est d’une langueur créole à couper le souffle. Nous y avions quelques amis. Casimir par exemple. Casimir est pêcheur. Je l’écoutais raconter un tas de trucs à ma copine, sur son île, sur ses gens, sur la pêche forcément, sur le temps des tempêtes qui vient avec février mais qui n’arrive plus depuis sept ans, sur les problèmes de l’eau. Elle est comme ça Isabelle ! Elle parle peu et pourtant on lui parle beaucoup. C’est à cause de son sourire, je crois. Il ne retient rien et s’allume comme commence le jour. Un oiseau chanterait devant cela. Les hommes ne savent pas. Alors ils parlent. Casimir par exemple.

- Madame, tu la connais la différence entre les poissons de Rodrigues et de Maurice ?
- Non, disait Isabelle.
- Forcément tu le sais. Ils ne goûtent pas la même chose. C’est évident.
- Ah… bon…
- Tu ne goûtes pas la différence entre le poisson de Rodrigues et celui de Maurice ?
- Non.
- Tu ne goûtes pas la différence pour les hourrites ?
- Non.
- Mais alors, madame, tu es innocente !

Et Casimir riait. Isabelle aussi car ce n’était pas méchant. Il n’en revenait simplement pas qu’on puisse ignorer le goût des poissons ou manger de l’hourrite de Rodrigues sans remarquer qu’elle était forcément très différente de l’hourrite de Maurice. Ce non-sens me plaisait plus que tout à Rodrigues. Ce n’était pas vraiment du chauvinisme. Ni une certaine ignorance, d’ailleurs. C’était l’île. C’était forcé que le poisson ait un autre goût. Aussi simple que ça.

Nous connaissions aussi un certain Jean-Marc Bègue. Il y a avec lui une nonchalance toute rodriguaise. Le matin, il nous apporte le pain frais que nous prenons ensuite sur la terrasse. Nous le voyons alors s’activer dans son jardin. Cette chose-là l’occupe beaucoup. Il parle de poser des plantes un peu partout, il se plaint de la terre trop sèche, des rochers trop nombreux. Il arrache les herbes mortes et les remplace par des plantes en pot qu’il va chercher à Port-Mathurin, des manguiers quelquefois. Il remue si bien la terre que des petits scorpions tout blancs viennent se réfugier dans la maison et se promènent ensuite, la queue levée sur le carrelage, sans s’inquiéter du reste. Sur la clôture du fond qui le protège des moutons qui passent, il se promet de poser une espèce de haie. C’est sa lubie à lui.

Et puis, il attend quelque chose. En effet, depuis des mois doit venir la seule bétonneuse de l’île. Le trou est déjà fait, sur la gauche du bungalow. Il voudrait couler les fondations d’un second. Il m’avertit que samedi sera bruyant. Ce samedi-là, j’écris comme d’habitude, comme d’habitude on se lève tard. Il n’y a personne. Le samedi suivant, même attente et même bruit qui ne vient pas. Lorsqu’on lui parle de cette bétonneuse fantôme, il sourit faiblement, pas même vraiment déçu, pas en colère non plus.

- Vous savez, c’est la seule de l’île. On la demande. Elle vient quand ça lui plaît.

Pourquoi s’en faire, après tout ? Le lagon pose un vert d’émeraude sur le paysage. Le vent souffle bien. L’étrange ordonnance de son jardin avance. Les cyclones éviteront Rodrigues cette année encore. Peut-être qu’il est là le miracle de l’île, ce qu’on devrait retenir. Justement cette lenteur. On s’assoit comme sur le bord du monde mais on ne le regarde pas passer. C’est lui qui nous regarde être immobiles.

La vallée des rubis (Joseph Kessel)

6 juin, 2007 par Pascal Guillaume
Publié dans Sur le bout de la langue

Mais que m’importaient après tout ces pierres, même les plus précieuses, ces cailloux, même les plus rares et de la teinte du sang le plus pur ! Ce qui tout à coup m’étreignait d’une nostalgie invincible, c’était le souvenir, déjà le souvenir, du petit peuple enfermé dans sa vallée close. […]

Je pensais à Daw Pouanyine, l’aïeule qui avait vu le dernier roi birman; à Daw Hla, la grande et paisible marchande qui, autrefois, portait des sacs de riz ; à son fil Maung Khin Maung, au visage ciselé dans l’ivoire ; à Gopal Singh, le géant barbu au rire d’ogre; à U Nyo, le vieux boy de Julius, si digne, si charmant.

On devine bien ce que Kessel voulait écrire et qu’il a réussi. C’est le livre des rencontres. Des chapitres comme autant de jeux de cartes au coin d’une table, comme autant de matins asiatiques. Là-dedans, l’histoire est secondaire. Ce qui compte, ce qu’il rapporte avec une chaleur contagieuse, c’est le récit de ces illuminés du bout des routes, de ces chercheurs de pierres qu’on aime avec lui parce que leur c½ur est bien plus rouge que les rubis qu’ils espèrent.

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Propos glanés sur le blog… (II)

6 juin, 2007 par Matthieu Saillant
Publié dans Général, Vos commentaires sur le blog

D’abord, il y a les messages personnels pour Pascal… C’est vrai qu’il est reclus sur son île, tout là-bas en Asie. On ne le blâme pas! À la lecture de sa dernière Bali-vernes qui justement, évoquait les taxis de Bali, Delphine se souvient :

« Ha, j’ai aimé lire ce billet qui me transporte en 2 mots à Ubud, près de la petite source de la forêt des singes, le petit coin qui ressemble à un décor d’Indiana Jones.
Comme un tas de gens, depuis ce voyage, chez nous c’est obsessionnel, encore quelques années et on va vivre à Bali, d’une façon ou d’une autre, c’est décidé. […]
En attendant, je continue de te lire avec plaisir ! »

France, quant à elle, en profite carrément pour évoquer son voyage futur au Sulawesi :

« Bonjour Pascal,
Je ne sais pas si c’est toi qui guide Sulawesi cette année. Je me suis inscrite et j’en suis forte heureuse. Ce ne sera pas facile, je vais sûrement pleurer comme d’habitude mais je suis certaine que ce sera un voyage merveilleux. […]
J’ai bien hâte de partir! »

Oui, France, c’est bien Pascal qui vous guidera à l’occasion de ce voyage et qui vous initiera aux rites mortuaires des Toraja… Et si vous pleurez, nous sommes sûrs que ce sera de joie!

D’autres réagissent à la corvée de nettoyage que nous organisons au Pérou cet été dans la cordillère du Huayhuash. Cristiane se demande : « Quand est-ce qu’on part, j’embarque !!! »

Cette initiative des Karavaniers est une première à notre connaissance au Québec – voire au Canada. Peut-être la reproduirons-nous à l’avenir, au Pérou ou ailleurs. Avec des voyageurs? Peut-être, mais pas pour cette fois! Quoique… Jessica nous écrit ceci :

« Je suis présentement au Pérou avec ma s½ur et on se dirige bientôt vers Huaraz. Nous sommes adeptes du mouvement Sans Traces et le manque de sensibilisation nous attriste.
J’aimerais connaître les dates où vous allez nettoyer les sentiers et ce que ca pourrait impliquer pour nous de vous joindre pour une semaine, si c’est possible. Nous pouvons nous occuper de notre tente et nourriture. »

Notre guide Robert, qui organise la logistique de cette corvée, n’a pas dit non… Alors si vous êtes dans la région du Huayhuash entre le 22 juillet et le début du mois d’août, faites-nous signe! Et pour ceux qui se demandent encore si faire un petit effort pour préserver ce coin du monde est bien nécessaire, jugez-en par vous-même!